La situation est critique dans les hôpitaux de la province. Les équipes, lessivées par des mois de pandémie, font face à la flambée des contaminations qui mettent à mal le fonctionnement des établissements.

Exceptionnellement, les dirigeants des deux réseaux de santé de la province ont participé vendredi à une conférence de presse pour alerter la population de la gravité de la situation et implorer celles et ceux qui refusent encore de se faire vacciner de faire leur part pour soulager les hôpitaux et leurs employés.

«Nous sommes préoccupés par la fatigue de nos travailleurs de la santé et le haut taux d’utilisation de nos services», a souligné d’entrée Dre France Desrosiers, la présidente-directrice générale du Réseau de santé Vitalité.

Vendredi, 31 personnes étaient hospitalisées en raison du virus, et 15 d’entre elles se trouvaient à l’unité des soins intensifs. Ces admissions exercent une pression additionnelle sur le réseau déjà épuisé par les derniers mois et fragilisé par une sérieuse pénurie de personnel. Plus que jamais, les travailleurs de la santé sont mis à contribution pour gérer les cliniques de vaccinations, réaliser les tests de dépistage ou retracer les cas contact.

«Il est important de comprendre que nous jonglons quotidiennement avec une demande qui épuise nos capacités», déclare Dre Desrosiers.

«Nous devons libérer du personnel d’autres secteurs alors que l’on travaille déjà dans un domaine qui connaît de grands défis en ressources humaines. Nous devons continuellement relocaliser notre personnel, nous avons fermé des lits dans des hôpitaux déjà en débordement, nous avons dévié des ambulances d’un établissement vers un autre, nous avons limité les visites dans les salles d’urgence, nous avons réduit des services externes aux patients – avec notamment des annulations de chirurgies, de suivis de maladies chroniques ou de rendez-vous pour investiguer des problèmes de santé.»

Dre France Desrosiers, PDG du Réseau de santé Vitalité. – Acadie Nouvelle: Alexandre Boudreau

Cette semaine, le réseau a dû rehausser son niveau d’alerte, ce qui signifie notamment l’interdiction des visites aux individus non vaccinés, de nouvelles mesures de dépistage préopératoire ou encore le renforcement des contrôles à l’entrée.

La dirigeante de Vitalité rappelle que la priorité est donnée au maintien des services d’urgence, aux services de soins intensifs, au traçage des cas contact et aux dépistages de la COVID-19.

«Notre capacité est étirée au maximum. Si la demande augmente dans une de ces sphères, il faut couper ailleurs. Ça peut aller de la réduction partielle à la suspension complète des chirurgies, des services de laboratoire, d’imagerie diagnostique ou des consultations externes d’autres professionnels de la santé.»

Comme tant d’autres médecins avec elle, Dre France Desrosiers appelle la population à faire le choix de la vaccination. Au Canada, les personnes non vaccinées ont 36 fois plus de chance d’être hospitalisées.

«Notre message pour tous les citoyens qui pourraient recevoir la vaccination, c’est de ne pas oublier tous nos patients qui ont des défis de santé dont les traitements seront retardés, tous nos patients immunocompromis qui sont à risque de décéder, et de penser à votre système de santé fragile et dont l’élastique est étiré depuis le début de la pandémie», lance-t-elle. «Merci à tous ceux qui pensent aux plus faibles et à leur collectivité.»

Le Nouveau-Brunswick pourrait-il imiter le Québec, qui a décidé que les professionnels de la santé refusant la vaccination seront suspendus sans salaire à partir du 15 octobre?

«C’est une décision qui ne m’appartient pas, répond la PDG. Je pense qu’avec nos partenaires nous pourrions en discuter et le considérer en nous fiant sur l’expérience de nos voisins qui semblent avoir des résultats positifs avec cette mesure.»

Dr John Dornan, son homologue au réseau de santé Horizon, a décrit à son tour les effets directs du refus de la vaccination sur la capacité du système à délivrer des soins.

«Lorsque vous être touchés par la COVID-19, que vous arrivez en soins intensifs et que vous requérez une attention particulière, votre mère voit être annulée une chirurgie attendue depuis plusieurs mois car nous n’avons pas de place.»

Vendredi, Horizon a une nouvelle fois demandé à la population d’envisager toutes les alternatives avant de se présenter aux services d’urgence. Il a également annoncé la fermeture temporaire de l’unité d’obstétrique de l’Hôpital du Haut de la Vallée causée par la présence de trois patients COVID aux soins intensifs.

«Nous devons nous réajuster et les impacts sont réels. Il y a maintenant des mamans qui doivent se déplacer jusqu’à Fredericton pour accoucher. Des personnes souffrent de la venue de patients atteints par la COVID-19», s’inquiète John Dornan.

Ce n’est pas tout. En raison de la propagation du virus, 152 employés de la régie de santé anglophone sont actuellement placés en isolement.

«Cela a d’énormes conséquences, décrit Dr Dornan. Lorsque nous venons à manquer de personnel et que les unités de soins intensifs se remplissent, nous devons annuler des chirurgies et des tests en laboratoire, réduire le nombre de lits disponibles ou déplacer des patients vers d’autres établissements.»

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