Le cyclotourisme s’est avéré une véritable mine d’or pour le nord de la province au cours des dernières années, à tel point que le groupe Sentiers Verts Chaleur œuvre maintenant dans le but de relier le circuit de la Véloroute de la Péninsule acadienne aux pistes de leur région. Ce projet n’a rien d’un rêve illusoire, car des figures importantes, dont le député d’Acadie-Bathurst, Serge Cormier, l’ont déjà appuyé
publiquement.

Il y a quelques jours, Samuel Daigle, président de Sentiers Verts Chaleur, a pris la parole lors d’une réunion de la Commission de services régionaux de la Péninsule acadienne pour chercher à convaincre les maires et les représentants de DSL des bienfaits du projet.

«La véloroute est un beau bijou pour la région. Il y a du trafic et c’est juste la pointe de ce qui est possible. J’ai beaucoup voyagé pour faire ce genre d’activité et je peux vous dire qu’il y a des gens partout qui cherchent à faire du vélo dans un lieu comme celui-ci. La province a beaucoup investi dans la motoneige au cours des dernières années et c’est très bien, car il y a de la place pour cette activité, mais au niveau du potentiel, il y a 10 fois plus de cyclistes au Canada que de motoneigistes et là, on parle juste du Canada», a dit Samuel Daigle.

Pour résumé, Sentiers Verts Chaleur propose d’asphalter les quelques 40 kilomètres de l’ancienne voie ferrée qui séparent Grande-Anse de Bathurst, ce qui permettrait aux cyclistes d’avoir accès à plus de 600 kilomètres de pistes cyclables dans la Péninsule acadienne ainsi qu’à une soixantaine de kilomètres dans la région Chaleur. Les pistes seraient accessibles aux amateurs de sports motorisés en hiver.

«Je pense que ça va faire en sorte qu’on va attirer des gens d’encore plus loin. Je ne pense pas que ça enlève quelque chose à la Péninsule acadienne. Je pense que ça va juste amener plus de monde et que ça va profiter à nos deux régions.»

Sentiers Verts Chaleur planche sur ce projet depuis plusieurs mois avec l’aide de consultants et d’ingénieurs pour la réalisation d’études.

L’organisme sollicite maintenant l’aide des gouvernements provincial et fédéral pour couvrir la facture d’environ 9,5 millions $.

«Ça paraît comme beaucoup d’argent, mais quand on sait que la Véloroute des bleuets, au Lac-Saint-Jean, génère des retombées d’environ 10 millions $ par année, il faut voir ça comme un investissement. Par ailleurs, au moins le quart des 9,5 millions $ ira à l’amélioration des pistes de quatre roues, parce que l’ancienne voie ferrée deviendrait une double voie. On veut travailler pour attirer la plus grande clientèle possible, mais pour l’économie de la région et de la province, on passerait vraiment à côté de quelque chose si on n’essaie pas d’accueillir cette grande clientèle de cyclistes.»

«Une bonne idée»

La CSRPA n’a pas tenu de vote formel pour appuyer l’initiative, mais plusieurs maires de la Péninsule acadienne se sont prononcés en faveur du développement de la véloroute à titre individuel.

«C’est évident que si les deux réseaux sont connectés, il va y avoir plus de personnes. Je ne suis pas un expert en tourisme, mais c’est certainement une bonne idée. Plus l’offre est grande, plus il y aura de touristes», estime Louis LeBouthillier, maire de Saint-Isidore.

Bernard Thériault, maire de Caraquet, abonde dans le même sens.

«Chez nous, la Véloroute n’est pas le début de quelque chose, c’est ce qui a permis de sauver notre industrie touristique dans les deux dernières années. N’eût été de la piste cyclable, l’industrie touristique de la région aurait pu rencontrer un désastre. La bonne nouvelle, c’est qu’il commence à y avoir de l’intérêt des agences de voyages spécialisées.»

Kassim Doumbia, maire de Shippagan, a aussi remarqué la présence accrue de cyclistes provenant de l’extérieur de la région ou d’ailleurs dans la Péninsule acadienne, qui sont venus circuler dans la municipalité et les environs.

«Il y a eu un grand achalandage grâce à la Véloroute et ils participent à nos activités, comme celles de l’aquarium.»

Avant la tenue de l’élection fédérale la semaine dernière, Serge Cormier, ré-élu député d’Acadie-Bathurst, a fait savoir qu’il veut prolonger la Véloroute pour rejoindre la région Chaleur, en passant par Bathurst pour se rendre jusqu’à Belledune.

Les chiffres de 2021 n’ont pas encore été publiés, mais des compteurs installés à Lamèque, à Shippagan, à Caraquet et à Tracadie avaient permis d’apprendre que plus de 60 000 passages ont été effectués sur la Véloroute durant l’été 2020.

Au début août, Myriam Beaudin, coordinatrice marketing et communications à la Véloroute de la Péninsule acadienne, affirmait que les chiffres de 2021 avaient déjà dépassé ceux de l’été précédent.

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