Le Conseil des syndicats de foyers de soins du Nouveau-Brunswick demande une augmentation salariale de 4$ l’heure pour tous les employés du Syndicat canadien de la fonction publique œuvrant dans les foyers de soins de longue durée.

«Il est temps que le premier ministre prenne des mesures audacieuses pour résoudre la crise du manque de personnel», a déclaré la présidente du Conseil des syndicats de foyers de soins du Nouveau-Brunswick (CSFSNB), Sharon Teare.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) rappelle que Justin Trudeau a promis de collaborer avec les provinces pour augmenter le salaire des préposés aux soins durant la dernière campagne électorale. Ils recevraient ainsi 25$ l’heure au minimum.

En moyenne, les membres du SCFP concernés au Nouveau-Brunswick gagnent 21$ l’heure. C’est pourquoi le syndicat réclame une augmentation de leur revenu de 4$ l’heure.

«L’argent est là. Tout ce qui est nécessaire, c’est la volonté politique du gouvernement», croit Mme Teare.

Salaires augmentés

Elle souligne que le Québec et l’Ontario ont récemment annoncé des hausses salariales pour les employés des foyers de soins.

Le CSFSNB en a aussi obtenu en signant une nouvelle convention collective avec le gouvernement du Nouveau-Brunswick, après de longues négociations.

«Conformément à l’accord de six ans adopté en mai 2019, une augmentation de salaire de 5,5% a été convenue sur une période de quatre ans, précise le ministère du Développement social. L’entente prévoit également une augmentation de 2% pour la cinquième et la sixième année de l’entente.»

Cependant, le conseiller syndical aux communications, Simon Ouellette juge que le SCFP a accepté cette convention collective à contrecœur après d’âpres batailles juridiques pour le droit de grève.

«Ce n’était pas un accord très intéressant, estime-t-il. D’ailleurs, moins de deux ans après la signature de cette entente, c’est clair qu’elle n’a pas réglé la crise de recrutement et de rétention, qui a été aggravée par la pandémie.»

Aînés négligés

Mme Teare estime que la majorité des foyers de soins de la province ont un ratio d’employés par résident inférieur à la moitié de celui prévu par la Loi. Elle décrit un secteur qui s’effondre dans lequel des employés font des triples journées ou travaillent en étant blessés.

«Souvent, les aînés ne reçoivent aucun bain pendant des semaines entières, restent au lit toute la journée et meurent seuls, tout ça en raison d’un manque de personnel, s’est-elle par ailleurs indignée. La situation s’aggrave au fil des mois».

La présidente du CSFSNB rappelle le cri d’alarme poussé par les membres syndiqués des Résidences Jodin à Edmundston la semaine dernière. Elle avance que leurs patients recevraient seulement 1,8 heure de soins par jour. Elle ajoute avoir reçu des rapports similaires en provenance de Bathurst, de Saint-Jean, de Woodstock et d’ailleurs.

«Les résidents ne reçoivent pas le minimum d’heures de soins garantis par la Loi sur les foyers de soins en raison du manque crucial de personnel», a-t-elle dénoncé.

Absentéisme élevé

Le directeur par intérim de l’Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick (AFSNB), Michael Keating, affirme pourtant que tous les postes dans les foyers de soins sont pourvus.

«Le niveau d’absentéisme est très élevé, indique en revanche le représentant de la partie patronale du secteur. C’est comme ça depuis des années. Il n’y a aucun doute que le travail est dur. De surcroît, la plupart de nos employés ont plus de 50 ans.»

M. Keating est cependant convaincu que le gouvernement refusera les doléances du CSFSNB à cause de leur coût. Il précise que la province subventionne les foyers de soins à 80%.

«L’argent sera là, la plus grande partie, a soutenu cependant M. Ouellette en référence à une éventuelle contribution fédérale. Ce serait très surprenant de voir le premier ministre Blaine Higgs refuser de l’argent gratuit.»

Le représentant des gérants de foyers de soins craint par ailleurs que les augmentations salariales demandées nécessitent une renégociation de la convention collective.

Le CSFSNB prétend cependant qu’une lettre signée par la province, le syndicat et l’AFSNB suffirait à ratifier les 4$ l’heure supplémentaires réclamées.

Investissements prévus

Le gouvernement dit prendre très au sérieux les préoccupations soulevées par le CSFSNB. Il souligne prévoir une augmentation de 15 millions $ à son budget annuel afin que les résidents des foyers de soins reçoivent 3,3 heures d’attention par jour d’ici avril 2022.

«Nous savons que le personnel des établissements de soins de longue durée a travaillé sans relâche tout au long de la pandémie de COVID-19. Nous reconnaissons et apprécions le travail acharné qu’ils accomplissent chaque jour pour protéger et prendre soin de nos aînés les plus vulnérables», déclare-t-il aussi.

À noter que si la majorité des foyers de soins, 51 sur 70, ont des préposés aux soins représentés par le CSFSNB, d’autres ont des employés non syndiqués, qui peuvent gagner un salaire moindre.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle