Le gouvernement a annoncé jeudi soir que les infirmières auxiliaires autorisées seront reclassées et rejoindront le Syndicat des infirmières et infirmiers du N.-B. et ne seront plus représentées par le Syndicat canadien de la fonction publique.

La révision de la classification d’emploi de ces infirmières auxiliaires autorisées (IAA) a été entamée en juin.

Ces 1700 IAA appartiendront maintenant au groupe d’occupation des infirmières en bonne et due forme, au lieu d’être classées dans la «catégorie opérationnelle et le groupe des services aux malades», la désignation donnée à cet emploi lorsqu’il a été établi «il y a plus de cinquante ans», selon un communiqué du gouvernement provincial.

Il s’agit d’une bonne nouvelle pour un groupe d’IAA qui cherchait à revoir la classification de l’emploi depuis des années.

Marc Paradis, infirmier auxiliaire au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont et technicien en salle opératoire, affirme que les tâches des IAA ont beaucoup changé en 50 ans, et que les infirmières et infirmiers auxiliaires n’étaient pas reconnu(e)s à leur juste valeur.
«On dirait qu’on était dans l’ombre des autres professionnels de la santé.»

Selon lui, 200 infirmières auxiliaires au N.-B. ont notamment la tâche d’offrir des vaccins contre la COVID-19.

«On a un gros impact sur le système de santé du N.-B., je pense que c’est le temps de le reconnaître.»

En janvier, la Commission du travail et de l’emploi du N.-B. a rejeté une demande de la part d’IAA qui visaient à changer de syndicat pour rejoindre le Conseil régional des charpentiers de l’Atlantique.

«Après la décision, on a commencé à faire des démarches pour mettre la pression sur le gouvernement, pour les rencontrer et discuter de nos options. On a choisi l’option de nous reclasser.»

Selon lui, le gouvernement a recueilli un résumé des tâches de toutes les IAA de la province pour son analyse.

«On est de bonne humeur, on est contents. On est encore un peu sous le choc, c’est comme un rêve», dit-il.

De l’anti-syndicalisme, selon le SCFP

Le SCFP, qui se prépare à une éventuelle grève, qualifie cette décision de «la pire forme d’anti-syndicalisme qui soit».

«Higgs agit ainsi parce que plus de 94% des travailleurs de la santé ont voté pour la grève. Ils ont voté pour mettre fin à sa mauvaise gestion de notre système de soins de santé publique et à ses abus envers les travailleurs de première ligne», a déclaré Norma Robinson, présidente de la section locale 1252 du SCFP.

Selon le SCFP, il s’agit plutôt de 1900 infirmières auxiliaires qui quitteront les rangs de leur syndicat, et pas 1700 comme l’affirme le gouvernement.

Cette section locale est l’un des dix groupes de travailleurs qui ont voté en faveur d’une grève, qui a toutefois été mise en pause pendant 14 jours en raison de la quatrième vague de la COVID-19 qui sévit au N.-B.

«Ces représailles sont une insulte aux droits de tous les travailleurs de la santé à la libre négociation collective. Les travailleurs lui ont demandé à maintes reprises de résoudre la crise du manque de personnel à la table de négociation, et non en divisant pour régner», a ajouté Mme Robinson au sujet du premier ministre.

Le Syndicat des infirmières et infirmiers du N.-B., qui représente maintenant les IAA, se prépare également à un vote de grève. Deux de ses unités de négociation ont récemment rejeté une deuxième offre de la part du gouvernement provincial et demandent qu’une impasse soit déclarée dans les négociations.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle