Bien que les écoles du District scolaire francophone Nord-Est ont été relativement épargnées par la crise de la COVID-19 dans les premières vagues, surtout en comparaison à celles du Sud et du Nord-Ouest, la réalité les a bien vite rattrapés depuis le début du mois.

Lorsque l’heure de la rentrée scolaire a sonné au début septembre, la situation et la gestion de la COVID-19 au Nouveau-Brunswick laissaient espérer que les jeunes auraient droit à une année presque normale par rapport à l’an dernier, a admis Marc Pelletier, directeur général du DSFNE, lors de son rapport mensuel présenté mardi soir à la réunion du conseil d’éducation du district.

En quelques semaines, l’équilibre qui permettait une scolarisation «presque normale» a été complètement bouleversé par la réalité à l’extérieur des murs de l’école.

À peine quelques jours après la rentrée, la Santé publique a resserré les mesures sanitaires, dont l’obligation de porter un masque en tout temps, y compris en salle de classe et dans l’autobus, dans toutes les écoles de la province. Les seules exceptions sont dans la cour de récréation, la cafétéria et lors d’activités physiques.

Au début octobre, le gouvernement provincial a annoncé une politique de vaccination obligatoire pour plusieurs catégories de fonctionnaires, dont le personnel dans les écoles. S’ils ne sont pas pleinement vaccinés avant le 19 novembre, ces travailleurs seront suspendus sans salaire.

«Il y a un mois, on commençait tout juste à gérer des situations en lien avec la COVID avec l’ajout de mesures additionnelles, mais depuis ce temps, d’autres choses se sont ajoutées, car la situation s’est enflammée. Ça avance à vitesse grand V. On a été épargné un peu plus au début par rapport aux deux autres districts francophones, mais là, on les a rattrapés», dit Marc Pelletier.

En date de mardi, des cas positifs ont été annoncés dans neuf écoles du Nord-Est, mais des élèves de 11 écoles ont demandé de s’isoler.

«Il ne faut pas oublier que certaines écoles de notre district partagent des autobus, donc si un cas est annoncé dans une école, les jeunes de l’autobus sont obligés de s’isoler. C’est ce qui s’est produit à Tracadie, à Bathurst et à Campbellton.»

Le nombre de cas exacts n’a pas été précisé, mais selon les données de la Santé publique, 33 personnes âgées de 19 ans et moins de la zone 5 (Restigouche) et de la zone 6 (Chaleur/Péninsule acadienne) ont reçu un diagnostic positif à la COVID-19 depuis le 3 octobre.

«La situation est loin d’être évidente. Dans une semaine, on a pratiquement triplé le nombre d’écoles avec des cas de COVID. On sait aussi que les prochaines semaines risquent d’être difficiles. Ce n’est pas simple au niveau de la gestion et de la coordination. Ça vient évidemment isoler des élèves, ça demande aux écoles de se réajuster. On des équipes techno-pédagogiques qui appuient les enseignants, mais c’est complexe, parce que plusieurs enseignants se trouvent avec des élèves en salle de classe, des élèves à la maison qui suivent ça de façon virtuelle et d’autres élèves qui ne viennent pas à l’école, car les parents ont décidé de ne pas les envoyer.

Vaccination obligatoire: «Il va nous manquer de personnel»

Si la mesure de la vaccination obligatoire risque d’avoir un effet de motivation pour certains, elle pourrait aussi pousser d’autres à camper sur leurs positions, reconnaît Marc Pelletier. Le taux de vaccination du personnel du DSFNE est d’environ 90%.

«Je crois que ça va augmenter un peu la vaccination. Il y a des employés qui se sont fait vacciner après l’annonce. Mais ça vient aussi créer de la frustration chez d’autres employés qui ne souhaitent pas se faire vacciner pour des raisons XYZ. Là, ils sont conscients qu’il va y avoir des mesures prises à leur égard s’ils ne sont pas vaccinés avant le 19 novembre. Il faut anticiper qu’on va avoir des employés qui vont choisir de ne pas se faire vacciner.»

Le départ de certains employés pourrait entraîner des conséquences en ce qui concerne la charge de travail pour ceux qui restent.

«Il va probablement nous manquer du personnel. On en manque déjà certaines journées. Il manque soit des chauffeurs d’autobus, des secrétaires ou encore, même des enseignants. On essaie du mieux qu’on peut pour pourvoir ces postes, mais si ça continue, ça pourrait s’avérer difficile, surtout si on se retrouve avec 10% d’employés de moins le 19 novembre. On peut dire qu’un chiffre comme 10% ne semble pas comme beaucoup, mais c’est un élément important du fonctionnement du système, donc c’est important qu’on ne perde personne.»

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