Âgée de 83 ans, sœur Gertrude Babineau, native de Saint-Louis de Kent, oeuvre depuis plus de 30 ans en Afrique en tant que missionnaire.

Comme le dit si bien sœur Gertrude Babineau: «Le mois d’octobre, c’est le mois du Rosaire, c’est le mois du dimanche des missions aussi, c’est ça qui m’amène à parler de la mission.» En fait, c’est dans le cadre du dimanche des missions qu’elle s’est laissée convaincre de parler à un journaliste.

Gertrude Babineau a quitté son nid familial en 1956 pour sa formation religieuse à la congrégation Notre-Dame à Québec. Deux ans plus tard, elle est revenue au Nouveau-Brunswick pour enseigner une année à Saint-Louis et 30 ans à Caraquet.

«Durant toutes ces années à Caraquet, je m’intéressais beaucoup aux sœurs de la congrégation qui étaient en mission au Japon, en Amérique latine ou au Cameroun.»

Après 30 ans d’enseignement, elle a obtenu un congé pour suivre une formation d’une année en théologie à l’Université Saint-Päul d’Ottawa.

«J’avais le goût de rencontrer des missionnaires. Au cours de cette année-là, il y a eu une demande de la congrégation pour un service au Cameroun.»

C’est ainsi qu’en 1990 elle a été appelée à se rendre en mission dans ce pays africain. Arrivée sur place, les besoins étaient nombreux.

«Il y avait un besoin pour la promotion féminine, pour les jeunes, parce que pour longtemps, l’éducation c’était pour les garçons. Les filles n’allaient pas à l’école. Elles faisaient des travaux à la maison.»

Avec le temps, des jeunes filles des villages éloignés sont venues faire leurs études secondaires. «On a alors ouvert une maison où les filles pouvaient se loger pour se rapprocher de l’école secondaire. On avait aussi des jeunes filles qui n’allaient plus à l’école mais qui avaient besoin d’apprendre des choses. Alors je travaillais avec elles.»

Il y avait également des personnes handicapées qui étaient abandonnées. Soeur Gertrude était également appelée à aider ces personnes.
«On ne faisait pas d’enseignement comme tel au Cameroun (à l’époque), certaines étaient appelées à former des enseignants, mais pas moi», explique sœur Gertrude.

Il fallait aussi accomplir un travail d’alphabétisation. «J’allais dans la montagne pour y rejoindre les gens qui étaient isolés.»
En fait, il fallait aussi changer les mentalités à une époque où c’était plus difficile pour une fille d’aller à l’école. Elle qualifie toutefois le peuple camerounais comme très accueillant et très ouvert. «Très très vite, je me suis sentie comme faisant partie de la famille», dit-elle. Parlant de montagne, Douvangar est entourée de montagnes.

Elle a été en poste pendant 24 ans à Douvangar situé dans l’extrême nord du Cameroun. En fait, ce canton du Cameroun se trouve dans la commune de Meri. D’ailleurs, soeur Gertrude se fait affectueusement appelée «Maman Meri.»

Depuis les dernières années, Maman Meri est cependant en poste au sud du pays, à la maison régionale des sœurs de la congrégation Notre-Dame à Yaoundé, la capitale du Cameroun.

«Après l’enlèvement de soeur Gilberte, on ne pouvait plus travailler dans le milieu où on était, à cause du danger pour nous et la population», explique la missionnaire acadienne.

En avril 2014, soeur Gilberte Bussière, originaire du Québec, avait été enlevée avec deux prêtres italiens par des hommes armés, dans le nord du Cameroun. Les trois ont été libérés par la suite.

«Ils ont été amenés au Nigeria et ont été retenus durant 57 jours», explique sœur Gertrude.

Gilberte Bussière travaillait à l’école Douvangar. «Elle travaillait beaucoup pour l’éducation et l’enseignement. Elle était bien connue», de dire la religieuse acadienne.

Soeur Gertrude Babineau est toujours en poste à la maison régionale de Yaoundé. Elle fait beaucoup d’appels téléphoniques et communique avec les gens de Douvangar. Depuis juillet dernier, elle est toutefois de retour dans son patelin à Saint-Louis de Kent pour un congé prolongé.

Il est prévu qu’elle retourne en Afrique à compter de janvier prochain.

«Ma plus grande souffrance, dit-elle, c’est de ne pas avoir appris la langue, le mofou de Douvangar. Français et anglais sont les deux langues officielles au Cameroun, mais il y a plus de 250 dialectes.»

«Je ne voudrais pas manquer l’occasion de dire que l’appel en mission est adressé à chacun et chacune de nous, depuis le jour de notre baptême. Il y en a qui sont appelés en mission à l’étranger, mais beaucoup ici dans notre comté de Kent exercent leur mission dans une famille comme parents, d’autres dans des services communautaires. Ce n’est pas parce que tu vas en mission à l’étranger que tu es plus missionnaire que les autres», souligne-t-elle.

Étudiant aveugle

Soeur Gertrude tenait à raconter l’histoire d’un jeune garçon aveugle qu’elle a croisé un jour au Cameroun.

«Son père voulait l’envoyer à l’école. Il était totalement aveugle. Il voulait étudier. Il a fait son cours primaire en trois ans et son cours secondaire. En 2020, il a obtenu son certificat d’école normale. Son but, c’était d’aider ses frères aveugles dans les écoles. J’ai trouvé ça merveilleux», dit la missionnaire.

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