Mario Doiron de Saint-Paul de Kent s’inspire du jardinage à l’ancienne, c’est-à-dire sans pesticide, sans engrais chimique, et sans même labourer son jardin. Sur un seul arpent de terre, il réussit à produire 60% de sa nourriture pour une année complète.

«J’ai beaucoup été influencé par les pratiques de jardinage de mon grand-père, à l’ancienne. Il avait son tracteur, ses poules, ses vaches», confie-t-il.

Étant donné que Mario Doiron passait à l’époque beaucoup de son temps professionnel dans un bureau, il cherchait une manière de travailler physiquement.

«Je voulais avoir quelque chose qui m’amenait dehors avec le soleil et l’air frais, et pour fournir une bonne nourriture pour notre famille», indique-t-il.

L’homme natif de Richibucto a acheté sa maison actuelle à Saint-Paul en 2003. Il a commencé à jardiner au cours de cette période, mais a poussé plus fort à partir de 2013. «Là j’ai complètement transformé mon terrain.»

Il a utilisé des méthodes non seulement de son grand-père, mais qui datent de plusieurs années bien avant lui.

«Ça fait 10 000 ans que l’humanité fait de l’agriculture, et ce n’est pas seulement au tracteur que ça marche bien. Il y a d’autres méthodes pas mal plus efficaces», tranche-t-il.

Parmi ces méthodes, Mario Doiron ajoute deux pouces de compost par année sur son jardin. Au lieu d’utiliser des fertilisants synthétiques pour nourrir ses plantes, il emploie des produits biologiques qui nourrissent la terre.

«La terre va nourrir les plantes», dit-il.

D’après lui, la terre a également besoin de la présence d’animaux pour rendre le terrain plus fertile.

«Dans mon cas, j’élève des poules, des oies, je prends le fumier de ça, j’en fais du compost, et c’est ça que j’utilise pour améliorer la biologie dans ma terre.»

Il cultive uniquement pour subvenir aux besoins de sa famille. Sur sa terre de 25 arpents, il utilise seulement un arpent à la culture, en incluant son potager et ses arbres fruitiers.

Au printemps, Mario Doiron ne laboure pas du tout. «Je trouve que ça détruit la qualité de la terre.»

À l’automne, il couvre son jardin d’une bâche, communément appelée «tarp». Très bientôt cet automne, il va utiliser son compost et le placer sur son jardin. La grande toile va recouvrir son jardin jusqu’au printemps prochain.

«Je vais enlever ma tarp et planter directement dans mon jardin.» Ainsi, il sauve beaucoup de temps, d’efforts, et il y a moins de mauvaises herbes.

«Lorsque je lève ma tarp, tout est propre et je suis prêt à commencer. Ainsi, je préserve la structure biologique de la terre. Les vers de terre et les autres organismes font des tunnels dans la terre. Ça laisse l’air et l’eau rentrer dans la terre. Toutes les fois qu’on laboure, on perd cette infrastructure-là.»

En fait, il essaie de réduire la manutention de la terre et de la préserver autant que possible.

Le jardinier natif du comté de Kent a très peu d’entretien à faire par la suite, même au milieu de l’été.

«Sur le faîte de mon jardin, je vais souvent ajouter du compost, de la paille, des algues, des feuilles d’arbres et du paillis. Je protège ma terre et ça arrête l’évaporation aussi.»

Il est un des rares à cultiver son jardin de cette façon.

«Ça coûte beaucoup moins cher et c’est beaucoup moins de travail que les autres méthodes. Mon budget pour jardiner est en moyenne de 150$ par année», ajoute-t-il.

Mario Doiron est natif de Richibucto et a grandi à Saint-Charles. Il travaille actuellement avec le Réseau d’inclusion communautaire de Kent. En tant que responsable du programme de la sécurité alimentaire avec cette organisation, il est appelé à travailler en lien avec les dix jardins communautaires du comté qui sont situés à Kouchibouguac, Saint-Louis de Kent, Aldouane, Elsipogtog, Richibucto, Bouctouche, la Première nation de Bouctouche ainsi que celle d’Indian Island, Sainte-Marie de Kent et Cocagne.

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