L’assouplissement des restrictions américaines aux frontières terrestres pour le 8 novembre est généralement bien accueilli, même si une importante question demeure sur le sort des Canadiens qui ont reçu une «vaccination mixte».

En faisant cette annonce, les hauts responsables de l’administration de Joe Biden ainsi que le secrétaire à la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, n’ont pas précisé si les États-Unis considéreront comme «pleinement vaccinés» les nombreux Canadiens qui ont reçu deux types de vaccins.

Des responsables américains ont toutefois déclaré que les experts des Centres pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC) étudiaient activement cette question.

Ottawa a aussi fait pression sur la Maison-Blanche pour démontrer l’efficacité des «calendriers mixtes de vaccination», en présentant notamment ses propres recherches menées par l’Agence de la santé publique du Canada.

Cette question et un manque de précisions sur le type de documents que les voyageurs devront présenter, ont freiné un peu l’enthousiasme autour de cette annonce que les gens des deux côtés de la frontière attendaient pourtant impatiemment depuis des mois.

Perrin Beatty, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Canada, a admis mercredi que «le travail n’était pas terminé».

«Les deux gouvernements doivent travailler ensemble pour s’assurer que les Canadiens entièrement vaccinés avec des doses mixtes pourront entrer aux États-Unis», a-t-il dit.

Définir le «voyageur pleinement vacciné»

Le représentant de Buffalo au Congrès américain, Brian Higgins, qui a mené la croisade pour l’abolition de ces restrictions de voyage, a reconnu en conférence de presse mercredi que la Maison-Blanche devait maintenant clarifier sa définition de «voyageur entièrement vacciné».

Il s’est encore demandé pourquoi l’administration américaine avait mis autant de temps à ouvrir les frontières terrestres, alors qu’Ottawa l’a fait au début d’août. «Je pense que c’est complètement irrationnel, totalement inutile. Ces frontières auraient dû être ouvertes en même temps, et auraient dû être ouvertes des mois et des mois plus tôt.»

Les États-Unis n’exigeront pas des voyageurs qu’ils présentent la preuve d’un test de dépistage négatif à la COVID-19, contrairement au Canada, qui inclut un récent test PCR négatif parmi les exigences pour toute personne entrant au pays — y compris les citoyens canadiens et les résidents permanents.

La stratégie de l’administration Biden est d’harmoniser la politique des frontières terrestres avec ses nouvelles règles de voyage internationales, qui entreront également en vigueur en novembre et remplaceront les interdictions de voyager existantes par une nouvelle exigence: tous les ressortissants étrangers devront présenter une preuve de vaccination.

Début janvier, tous les ressortissants étrangers entrant aux États-Unis, que ce soit pour des raisons essentielles ou non essentielles, devront présenter une preuve de vaccination, ont déclaré des responsables.

Afin d’être considérés comme «entièrement vaccinés», les voyageurs doivent avoir reçu un cycle complet d’un vaccin approuvé par la Food and Drug Administration des États-Unis ou par l’Organisation mondiale de la santé. Cela inclut donc l’Oxford-AstraZeneca, un vaccin utilisé au Canada qui n’a jamais reçu l’approbation de la FDA.

Pas de tests 

Perrin Beatty a également demandé à Ottawa d’éliminer l’exigence d’un test de dépistage avant le départ, et de travailler avec Washington sur un système rapide de certification des vaccins aux frontières, afin de faire face à un volume de voyages qui devrait être plus élevé.

Drew Dilkens, maire de Windsor, en Ontario, a rappelé que les tests PCR, «du moins en Ontario, coûtent environ 200 $ par personne». À ce prix, les Canadiens n’iront pas passer une journée aux États-Unis, ou aller voir un match de baseball ou un concert, dit-il.

La vice-première ministre, Chrystia Freeland, qui était à Washington mercredi, a demandé aux Canadiens de ne pas baisser la garde pour l’instant.

«Nous avons presque – presque – surmonté la COVID», a-t-elle prévenu. «Essayez simplement de faire les choses que vous devez absolument faire, et peut-être abstenez-vous de faire les choses que vous souhaitez simplement faire.

«Je pense que si nous pouvons continuer à le faire pendant quelques semaines encore, le Canada peut vraiment mettre complètement la COVID derrière nous.»

Le maire de Sarnia, Mike Bradley, croit d’ailleurs que les Canadiens continueront d’être prudents, étant donné que certaines régions des États-Unis ont des mesures de santé publique plus souples et un nombre plus élevé de cas. Cette préoccupation, selon lui, était également apparue lorsque le Canada a assoupli ses restrictions frontalières pour les Américains au début du mois d’août.

«Je pense que le gouvernement canadien a fait une erreur en ouvrant notre frontière sans obtenir d’accord de réciprocité avec les Américains. C’est quatre mois plus tard, mais ça arrive, et c’est une bonne chose», a-t-il dit.

Evan Rachkovsky, porte-parole de l’Association canadienne des snowbirds, estime que l’annonce de la Maison-Blanche n’est pas en avance pour les Canadiens qui espèrent passer l’hiver dans le sud des États-Unis. «Certains snowbirds avaient déjà organisé l’expédition de leur véhicule là-bas», dit-il.

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