La présence de déchets en milieu naturel continue de déranger dans la région des îles Lamèque et Miscou. Au début septembre, un groupe a même réussi à retirer 8200 livres de déchets sur une plage à Miscou, mais le défi persiste.

Il y a quelques semaines, une femme et son conjoint se promènent sur le chemin Miscou Harbour, situé près du pont. Soudainement, elle aperçoit dans un boisé privé, tout près de la route, un amoncellement de déchets de tous les genres, dont plusieurs électroménagers de cuisine, de vieux éviers et matelas et même des bottes de cowboy.

Le dépotoir en question est non seulement visible depuis le chemin, on le voit aussi très clairement dans les images satellites disponibles sur Google.

«Je trouve ça dommage», dit la femme qui ne souhaite pas être identifiée.

Lisa Fauteux, directrice de Verts Rivages, est consciente du problème posé par des dépotoirs du genre.

«Pour moi, la cause de la protection de la biodiversité est importante. Les déchets qui s’accumulent dans nos milieux naturels ont vraiment un impact», dit Mme Fauteux.

Il y a quelques années, l’organisme environnemental qui mène des projets dans la région de Shippagan-Lamèque-Miscou s’est donné pour objectif de retirer 50 tonnes de déchets de la nature. Jusqu’à maintenant, 47 tonnes de déchets ont été ramassées.

«Le déclic s’est fait lorsque j’ai vu des photos prises par des ornithologues sur la côte, à Wilson’s Point. La plage était jonchée de casiers de homard.»

Cet été, Verts Rivages a entrepris le nettoyage d’une plage près du phare de Miscou. L’équipe de bénévoles a ramassé environ 8200 livres de déchets, dont 123 casiers de homard.

«Le gros du tonnage vient des casiers et des déchets qui s’échouent en provenance de la mer. Les gens se rendent rarement jusqu’à la côte pour jeter des déchets domestiques. On va plutôt trouver ce type de déchet dans la forêt.»

Les gens de Miscou souhaitent aussi trouver une solution à ce problème. Selon Mme Fauteux, un comité de citoyens a identifié la présence de déchets sur l’île comme une problématique à régler.

«Ce n’est pas le comportement de la majorité. Là, on cherche à savoir où se trouvaient les dépotoirs légaux auparavant. Le centre de transbordement (à Tracadie) est assez loin, donc parfois, les gens choisissent la voie facile et irresponsable. L’augmentation du camping sauvage est une autre chose que les gens ont identifiée comme problème. Au fil des ans, les gens ont découvert Miscou comme une destination pour le camping sauvage. La communauté aimerait voir ce type de tourisme évoluer, car il y en a beaucoup qui le font de façon irresponsable en ce qui concerne l’environnement.»

Verts Rivages entend poursuivre les nettoyages de lieux publics à l’avenir.

«On s’est donné pour mission de ramasser 50 tonnes. On en est rendu à 47 tonnes. On a organisé plusieurs activités différentes dans les communautés, dans les parcs, près des pistes cyclables et ainsi de suite. Mais pour voir la disparition des déchets dans la nature, ce n’est pas seulement le fait de les ramasser qui est la solution, il y a aussi la responsabilisation des individus et des entreprises.»

Dépotoirs interdits

En ce qui concerne la gestion des questions environnementales dans les DSL des îles Lamèque et Miscou, puisqu’il n’existe aucune administration municipale, la Commission des services régionaux de la Péninsule acadienne se réfère au plan rural qui interdit les dépotoirs établis sans permis, même sur les terrains privés.

«Avec une plainte formelle et une localisation, on peut envoyer un avis au propriétaire», explique Benjamin Kocyla, directeur de la planification et urbaniste à la CSRPA.

Si le propriétaire ne fait rien, la CSRPA a aussi le pouvoir de transmettre le dossier au ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux, qui peut entreprendre des actions devant les tribunaux.

Le DSL, avec le soutien du ministère des Gouvernements locaux, peut aussi entreprendre des démarches pour couvrir les frais du nettoyage.

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