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Le moins qu’on puisse dire, c’est que Judson Cassidy n’a pas froid aux yeux. Peu importe le temps de l’année, l’homme de Grande-Digue ne range jamais son kayak de mer.

Travailleur social à l’extra-mural et président actuel du Vestiaire St-Joseph à Shediac, Judson Cassidy fait du kayak de mer depuis une quinzaine d’années.

«Avant ça, pendant 20 ans, j’ai fait du canot. Je suis instructeur en canotage», raconte-t-il.

«Je me suis toujours dit que je voulais essayer. J’ai bâti mon propre kayak avec du prusse. Ça m’a pris deux ans à le bâtir», explique-t-il.

Judson Cassidy s’est finalement acheté un kayak de mer il y a environ huit ans. Actuellement, il essaie de faire deux à trois sorties par mois, durant toute l’année. Janvier, février et mars aussi, précise-t-il.

«Le kayak d’hiver, c’est un exploit dans le sens qu’il n’y a pas d’autres bateaux autour. Tu es tout seul avec la nature. Dans la baie de Shediac, on y va jusqu’à ce que la glace ne nous permette plus d’y aller, c’est-à-dire jusqu’à la fin décembre et début janvier.»

Par la suite, Judson Cassidy change d’étendue d’eau. Il prend la direction de la baie de Fundy car celle-ci ne gèle jamais.

«On va au Cap-Enragé, n’importe où, pas de différence.»

Au cours des dernières années, tout en pagayant, Judson Cassidy a découvert une nouvelle passion, la photographie. – Gracieuseté

Il faut évidemment s’habiller de circonstance pour l’aventure hivernale. Par exemple, il faut nécessairement porter une combinaison étanche.

«C’est primordial. Pas nécessairement pour la température de l’air, ç’a toujours affaire avec la température de l’eau.»

Ça prend évidemment aussi de bonnes mitaines.

«C’est sûr que c’est dangereux l’hiver. Si tu chavires dans l’eau froide, ça choque. Donc tu te prépares en conséquence afin de savoir comment agir et réagir.»

Il a déjà lui-même chaviré dans la baie de Fundy.

«J’étais avec un autre. C’est toujours important d’aller avec quelqu’un d’autre. Là, il m’a remis sur mon kayak. L’eau était à 12-13 degrés. J’étais confortable et je n’ai pas paniqué.»

L’eau de la baie de Fundy est froide à longueur d’année, frisant des températures de six degrés Celsius l’hiver et 12 degrés l’été.

«Il n’y a pas une grosse différence de variation dans l’eau de la baie de Fundy», affirme Judson Cassidy.

Il a découvert le kayak d’hiver par l’entremise d’amis. Habituellement, les gens arrêtent de faire du kayak en septembre ou octobre. «Nous, on fait du kayak à l’année et on ne range jamais nos kayaks.»

Été comme hiver, Judson Cassidy utilise le même kayak de mer.

En fait, le kayak de mer l’hiver n’est pas recommandé aux débutants.

«C’est important que les gens connaissent la mer, les marées, les vents, les vagues. Ce sont des choses importantes en matière de sécurité», dit l’expert.

Il encourage fortement les personnes intéressées par ce genre d’aventure à suivre des cours de kayak. D’ailleurs, ses sorties en kayak de mer se font avec des instructeurs. Il a aussi une radio VHF qu’il garde avec lui au cas où il aurait besoin d’aide, soit pour lui ou les autres.

Judson Cassidy a visité plusieurs étendues d’eau au Nouveau-Brunswick.

«La semaine passée, on était à Cap-Enragé. On s’est rendu jusqu’à Mary’s Point dans le comté d’Albert. Une autre place où je suis allé cet été, c’est à Deer Island. C’était incroyable! Je ne connaissais pas les marées là alors je suis allé avec quelqu’un qui a beaucoup d’expérience», explique-t-il.

Ils sont restés trois jours dans ce secteur situé dans le sud-ouest de la province.

Ce ne sont pas les destinations qui manquent. Au cours des prochaines semaines, Judson Cassidy aimerait se rendre dans le secteur de Charlo, dans la baie des Chaleurs.

«Il y a aussi des lacs et des rivières où l’on n’a jamais été à Fredericton. Éventuellement, il y a beaucoup d’endroits où je n’ai pas été en Nouvelle-Écosse.»

Son équipe et lui sont allés à l’Île-du-Prince-Édouard au cours de l’été. «Il y a des belles régions pour faire du kayak là-aussi.»

«Pour moi, c’est ma manière d’être en harmonie avec la nature, mentionne-t-il. C’est ma détente.»

En fait, sur son kayak, il oublie tout et profite du moment présent. «Une fois que je suis en kayak, je suis en vacances.»

Pour ceux et celles qui se sentent appelés à l’aventure, il suggère le site Atlantic Kayak Association. Basée à Moncton, cette association a été créée pour favoriser et développer le kayak sous toutes ses formes, dans toute la région.

Au cours des dernières années, tout en pagayant sur son kayak, il a découvert une nouvelle passion, la photographie. Il veut également partager ce qu’il voit avec les gens qui n’ont pas les moyens ou les possibilités de se rendre là où il va.

«Ça fait partie de mon plaisir de découvrir beaucoup de belles choses, ajoute-t-il. Parlant de caméra, «j’en ai déjà perdue une dans la baie de Fundy», dit-il en riant.

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