Plusieurs élèves sont revenus sur les bancs d’école cette semaine à la suite des tests de dépistage fournis par la province.

Ce programme de dépistage s’adresse aux élèves non vaccinés qui ont eu un contact étroit avec une personne de l’école atteinte de la COVID-19. Il vise à limiter les absences scolaires et à éviter que les élèves touchés accumulent du retard en classe.

Pour y prendre part, les parents doivent se procurer une trousse à leur établissement scolaire et tester leur enfant tous les matins durant la période prescrite d’isolement. Si le résultat est négatif à la COVID-19, l’enfant peut prendre la direction de l’école avec ledit test en guise de preuve.

Au ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, on se dit satisfait de la participation des parents au programme depuis son lancement.

«La réponse jusqu’à maintenant est encourageante. Cette initiative vient renforcer les efforts déjà déployés pour réduire et atténuer les risques associés à la COVID-19 et s’efforcer au mieux de garder le plus d’élèves possible en salle de classe dans un milieu stimulant et propice à leurs apprentissages scolaires», a répondu un porte-parole du ministère.

Comment ça se passe concrètement?

Depuis le début du programme, le 12 octobre, 365 élèves du District scolaire francophone Nord-Ouest ont été considérés comme des contacts étroits d’un cas confirmé de COVID-19. De ce nombre, 350 ont adhéré au programme. Ceux-ci pourront – ou ont déjà pu – revenir à l’école.

Avec un taux de retours qui frôle la perfection (96%), le directeur général du DSFNO, Luc Caron, n’a pour l’instant que de bons mots pour l’initiative.

«Même si ce nouveau programme n’est pas parfait et que certains processus doivent être améliorés, jusqu’à présent, je ne peux que l’accueillir positivement. Il offre aux jeunes à risque la possibilité de savoir qu’ils n’ont pas la COVID-19 malgré le fait qu’ils ont été en contact étroit avec le virus, et de continuer leurs vies personnelle et scolaire de la façon la plus normale possible. Il enlève aussi un grand stress à leurs familles», commente ce dernier.

Au DSF-Sud, il est plus difficile pour le moment de quantifier les résultats du programme, le déploiement dans les écoles n’ayant commencé qu’en début de semaine.

«La distribution des premiers tests s’est faite lundi soir à l’école Champlain, tandis que des tests de dépistage ont été distribués mardi à l’école Le Sommet de Moncton», a confirmé la responsable des communications du district, Ghislaine Arsenault, rappelant que le programme nécessite deux tests négatifs effectués sur deux jours différents.

N’empêche, les résultats semblent plutôt prometteurs. À l’école Champlain par exemple, 115 élèves sur un total de 979 avaient reçu la consigne de se mettre en isolement. La très grande majorité des familles touchées a choisi de participer au programme de dépistage plutôt que de faire l’auto-isolement à la maison.

Le taux de participation lundi était de près de 75%, soit 85 élèves sur 115.

«De plus, d’autres parents devaient passer à l’école plus tard pour récupérer leurs trousses de tests», souligne Mme Arsenault, sous-entendant ainsi que le pourcentage est appelé à augmenter.

Les données du DSF-Nord-Est n’étaient pas disponibles au moment d’aller sous presse.

Les districts demandent aux parents de faire preuve de patience, la lutte à la pandémie étant un combat de tous les jours et en perpétuelle évolution.

«Ce n’est pas toujours aussi simple que cela paraît. Pour chaque cas de COVID-19 confirmé dans notre milieu, de nombreuses heures et beaucoup d’énergie sont consacrées par plusieurs membres du personnel de nos écoles et de nos bureaux. Ceux-ci ont réellement à cœur de limiter la propagation du virus, de tenir informées les familles concernées, tout en veillant à ce que les élèves continuent à faire des apprentissages de qualité», ajoute M. Caron.

Des tests valides à l’école…mais pas dans les services de garde

Si le programme de dépistage rapide a réussi à remettre les élèves sur les bancs d’école, il reste toutefois encore du chemin à parcourir afin de remplir une autre partie importante de son objectif: faciliter la vie des parents.

En effet, les services de garderies éducatives ne sont actuellement pas inclus dans le programme de tests de dépistage rapide qui s’adresse aux écoles publiques. Bien que les élèves qui participent au programme aient pu retourner en classe grâce à ces tests, ils n’ont toutefois pu retourner à la halte après l’école.

Au ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, on reste vague sur les motifs de cette décision, sinon que les garderies et haltes sont des entreprises privées et non publiques.

«Nous cherchons cependant des manières d’élargir le plus possible le programme et nous continuerons d’examiner l’évolution de la situation», a confirmé un porte-parole.

Cette décision n’est pas sans conséquence.

Directrice de la Garderie L’Enfant magique de Campbellton, Manon Goulette a dû fermer son établissement à sa clientèle d’âge scolaire la semaine dernière en raison d’élèves ayant été en contact étroit avec un porteur de la COVID-19. Cette situation perdure cette semaine. Pourtant, plusieurs de ses jeunes clients participent au programme de dépistage et ont pu retourner à l’école.

«Pourquoi est-ce qu’on accepte ces tests pour l’école mais qu’ils ne fonctionnent pas pour nous? C’est pourtant la même clientèle, les mêmes jeunes qui fréquentent l’école et la garderie. Pour l’un, les tests sont bons, pour l’autre non. Il n’y a aucune logique là-dedans», déplore-t-elle, ajoutant trouver d’autant plus ironique qu’il s’agisse du même ministère qui gère et les écoles et les garderies.

Selon elle, cette situation a des répercussions négatives sérieuses auprès des parents d’enfants n’étant pas en âge de demeurer seuls à la maison. À moins d’avoir un plan B, ceux-ci doivent revenir à leur domicile plus tôt en journée afin d’accueillir leur progéniture, ce qui signifie souvent quitter le travail en avance ou même carrément devoir prendre congé.

À sa garderie, on parle évidemment d’une perte de revenus.

«Je me verrais très mal facturer les parents alors que je ne suis pas en mesure de leur offrir le service. Ils ont déjà suffisamment de problèmes comme ça à se trouver des solutions de rechange pendant que nous sommes fermés sans en plus leur rajouter un stress financier. Ce n’est pas la faute des parents après tout», indique Mme Goulette.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle