La municipalité d’Eel River Dundee a tenu à souligner, mercredi, le 25e anniversaire de l’une des pires catastrophes survenues sur son territoire, soit l’écrasement d’un petit avion avec, à son bord, huit passagers américains.

Le chef actuel de la brigade des incendies d’Eel River Dundee, Aurèle Aubé, se souvient très bien de cette journée. Il était alors simple pompier au moment de la tragédie et fut l’un des premiers à intervenir sur la scène.

«Je m’en souviens encore comme si c’était hier. Chaque année à cette journée, ça fait toujours remonter plein de souvenirs. Depuis, on a une petite pensée spéciale pour les victimes le 20 octobre», confie ce dernier.

La tragédie s’est produite précisément à 12h13. M. Aubé s’en souvient. C’était un dimanche. La matinée était grise, mais agréable. Il était chez lui quand il a entendu un bruit assourdissant. Pensant qu’un voisin bûchait, il n’a pas fait de lien avec la tragédie, jusqu’à ce qu’il reçoive l’appel d’urgence de sa brigade quelques minutes plus tard.

À quelques kilomètres de chez lui, sur la rue Principale, un appareil de type Piper Chieftain venait de s’écraser dans la cour d’une résidence. L’impact est violent, l’appareil la proie des flammes.

L’avion arrivait de Port-Menier sur l’île d’Anticosti, au Québec, et se dirigeait vers l’aéroport de Bangor, au Maine. Entre les deux, une brève escale à Gaspé afin de faire le plein.

À son bord, huit passagers incluant le pilote, tous des Américains. Ces derniers revenaient d’une partie de chasse aux chevreuils. Leurs prises se trouvaient d’ailleurs dans un second appareil qui transportait également leur matériel.

Vers midi, alors que l’appareil passager survole le Restigouche, le pilote informe les autorités qu’un des moteurs fonctionne de façon irrégulière et qu’il se trouve donc dans l’obligation de détourner sa trajectoire afin d’atterrir à l’aéroport de Charlo. L’avion ne se rendra jamais à destination. Dans sa manoeuvre pour s’aligner avec la piste, il pique vers le sol et s’écrase.

«En arrivant sur place, on savait qu’il y aurait des décès, mais on ne savait pas combien. Notre rôle a consisté à éteindre l’incendie qui s’était déclaré après l’écrasement. Ce n’est que par la suite qu’on a constaté toute l’ampleur et l’horreur de la scène», souligne M. Aubé.

Habitué des accidents, le pompier admet que celui-ci était peu banal et qu’il a laissé des séquelles chez plusieurs de ses confrères.

Selon les conclusions du Bureau de la sécurité des transports, l’écrasement serait dû à une combinaison de facteurs. D’abord une perte de puissance liée à un des moteurs, mais aussi le manque d’expérience du pilote qui a perdu la maîtrise de l’appareil au cours d’un virage à basse altitude. Puis, finalement, l’avion aurait été en situation de surcharge.

Après l’accident, lui et six autres pompiers de la brigade ont eu l’opportunité de se rendre dans la ville de Lowell au Massachusetts afin d’assister à deux funérailles des victimes décédées dans l’écrasement. Il s’agissait de funérailles solennelles puisque du nombre des victimes figuraient quatre policiers.

«On a été reçu là-bas comme des rois. Le drapeau de notre brigade flottait à leur édifice municipal. On sentait vraiment que notre travail – même si on n’a pu sauver personne – était très apprécié. Ce fut une expérience très émouvante», souligne M. Aubé.

À Eel River Dundee, un monument a été érigé à la mémoire des disparus. Une croix blanche a également été installée à l’emplacement même de l’écrasement. C’est d’ailleurs là que le conseil municipal et la brigade de pompiers s’étaient donné rendez-vous, mercredi soir, question de prendre un moment de recueillement.

Outre M. Aubé, un seul autre pompier de la brigade des incendies d’Eel River Dundee ayant pris part à cette intervention est toujours en service aujourd’hui.

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