Dans une lettre datée du 15 juillet, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Hugh J. Flemming, a dit avoir perdu confiance envers le commandant divisionnaire de la GRC au Nouveau-Brunswick, et a demandé son remplacement d’urgence.

Dans sa lettre envoyée à la commissaire de la GRC Brenda Lucki, le ministre reconnaît que le commissaire adjoint et commandant divisionnaire Larry Tremblay a été un policier «exemplaire» au cours de sa longue carrière.

On peut toutefois y lire que le gouvernement Higgs a l’intention de réviser ses priorités pour la GRC de façon à accentuer la lutte contre le crime relié aux drogues illégales.

Le ministre écrit dans la lettre qu’il n’a «aucune confiance que le commandant adjoint Tremblay peut apporter les changements nécessaires».

Le ministre Flemming n’a pas fourni de données portant à croire que le commandant adjoint a été inefficace dans sa façon de gérer le crime relié à la drogue, ni dans la lettre de juillet ni lors d’une conférence zoom avec des journalistes mercredi.

Il a simplement affirmé que le gouvernement voulait «revigorer le leadership» et «aller de l’avant».

Les consultations sur la réforme de la gouvernance locale ont recueilli plusieurs commentaires de gens qui veulent une réduction du crime en région rurale, selon le ministre.

Il n’a pas précisé si des citoyens ou des maires ont identifié un quelconque problème avec le leadership de la GRC au Nouveau-Brunswick, même s’il a dit s’être appuyé sur leur avis pour établir les priorités de son gouvernement en la matière.

Le ministre peut demander le remplacement du commandant selon l’article 7.4 de l’Entente sur le service de police provincial. Il a aussi son mot à dire sur le choix de la personne qui le remplacera.

Angela Chang, directrice des Communications Stratégiques de la GRC du Nouveau-Brunswick, a refusé d’accorder une entrevue avec le commandant Tremblay.

Elle affirme qu’il a pris la décision personnelle de prendre sa retraite de la GRC, après 35 ans de service, et qu’il exercera ses fonctions jusqu’à son départ officiel le 31 octobre.

Sans répondre directement au contenu de la lettre du ministre, Mme Chang a précisé que la GRC est en voie d’atteindre ou de dépasser ses cibles pour 2021-2022 en matière d’arrestations et de saisies dans la réduction de la criminalité reliée aux drogues.

L’Unité provinciale de réduction de la criminalité, qui se charge des opérations à risque élevé ou reliées aux drogues ou aux armes à feu, a réalisé 16 saisies de drogue à risque élevé cette année, dépassant déjà sa cible de 12.

Elle a aussi perturbé 14 organisations criminelles de trafiquants de drogue de niveau intermédiaire dans les deux premiers trimestres de l’année, en voie d’atteindre sa cible de 20.

Le gouvernement provincial a déjà annoncé le financement permanent de cette unité en février dernier, dans le cadre de l’annonce de son plan sur les dépendances et la santé mentale.

Malgré les données fournies par la GRC sur sa performance dans la lutte contre la drogue, le ministre Flemming a répété mercredi que le public et les municipalités ont affirmé au gouvernement que la situation «se détériore constamment».

Pas d’ingérence politique

Le ministre Flemming a écarté la possibilité d’une apparence d’ingérence politique dans le fonctionnement de la police mercredi.

«Je ne pense pas que c’est de l’interférence politique, je pense que c’est le gouvernement qui fait son travail.»

Selon Nicole O’Byrne, professeure de droit à l’Université du Nouveau-Brunswick, l’entente qui lie la province à la GRC permet effectivement au ministre de demander la révocation du commandant de la police fédérale au Nouveau-Brunswick. Par contre, comme on ignore les motifs exacts de la démarche de M. Flemming, cela crée, selon elle, une perception d’ingérence politique dans les affaires policières.

Le député Kevin Arseneau, du Parti vert, est du même avis.

«Il y a une forme d’ingérence. Ce n’est pas parce que t’as le droit de faire quelque chose que t’es obligé de le faire.»

Il affirme que la décision du ministre aurait été défendable en cas d’inconduite ou d’incompétence de la part du commandant, mais que la lettre du ministre ne mentionnait rien de la sorte.

 

  • Avec des extraits de la Presse Canadienne

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