Les maires de plusieurs municipalités du Nouveau-Brunswick accueillent très mal la récente proposition du ministre des Gouvernements locaux et de la Réforme de la gouvernance locale qui leur suggère de diminuer leurs impôts fonciers.

Dans une lettre de trois pages adressée aux municipalités dont l’Acadie Nouvelle a obtenu copie, Daniel Allain indique que le gouvernement et les municipalités doivent travailler de concert afin d’alléger le fardeau fiscal foncier des Néo-Brunswickois.

«Si votre gouvernement local constate une augmentation importante de l’assiette fiscale, nous vous encourageons fortement à envisager de réduire votre taux d’imposition local pour redonner les revenus supplémentaires aux Néo-Brunswickois», peut-on lire dans la lettre qui est également signée par Mary Wilson, la ministre responsable de Service Nouveau-Brunswick.

Les deux ministres estiment que les gouvernements locaux se doivent de prendre des mesures afin d’aider les propriétaires à éviter une forte augmentation de leurs factures d’impôts fonciers à l’heure où une augmentation importantes des évaluations foncières est enregistrée dans plusieurs régions de la province.

L’Acadie Nouvelle a appris que le mémo du 8 octobre a été si mal reçu que plusieurs maires l’ont littéralement déchiré et jeté à la poubelle après avoir pris connaissance du contenu.

«C’est un genre de lettre qui pose problème, qui a une démarche paternaliste et qui passe mal», a affirmé Pascal Reboul, le directeur général de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB).

«C’est une prérogative d’un conseil de déterminer le taux de taxation de sa municipalité afin de pouvoir répondre aux besoins des citoyens.»

Selon lui, les propos émis par les deux ministres signataires remettent en cause les capacités de jugement et de décision des élus.

L’AFMNB est d’avis que les municipalités sont les mieux placées pour juger ce qui est juste et nécessaire pour leur communauté.

«Chaque municipalité a ses propres besoins et une bonne vue sur ses projets en cours. Les décisions doivent donc se prendre aux endroits appropriés», a indiqué le dirigeant de l’AFMNB.

«Une augmentation de l’assiette fiscale de l’ordre de 1% ou 2% ne permet pas à une municipalité d’abaisser son taux de taxation avec les hausses des salaires et des coûts pour l’entretien des routes et des infrastructures municipales», a indiqué Pascal Reboul.

Le maire de Dalhousie, Normand Pelletier, estime lui aussi que les municipalités doivent composer avec des budgets à la hausse qui rendent les baisses des taxes municipales peu envisageables.

«C’est bien beau de baisser les taxes, mais toutes les factures, comme celle de la GRC, de pétrole et des assurances augmentent constamment», rappelle-t-il.

«Les changements dans l’évaluation foncière vont se faire sentir l’année prochaine, tout sera sur la table à ce moment.»

Le sentiment est le même à Bathurst.

«Dans le contexte de notre exercice budgétaire actuel, il va de soi que le conseil municipal est ultimement redevable à ses citoyennes et citoyens. L’adoption d’un budget et d’un taux d’impôt foncier est une démarche sérieuse dont les décisions doivent être prises en tenant compte de l’intérêt public», a souligné la mairesse Kim Chamberlain.

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