Une lueur d’espoir dans le conflit de travail qui oppose quelque 20 000 travailleurs de la fonction publique et le gouvernement provincial. Fredericton a annoncé vendredi en fin de journée un retour à la table des négociations avec l’aide d’un médiateur.

Les membres des sections locales du Syndicat de la fonction publique (SCFP), sans contrat de travail depuis plusieurs années, étaient sur un pied de guerre et s’apprêtaient à débrayer.

D’après Simon Ouellette, porte-parole du syndicat, des équipes s’affairaient déjà à mettre en place les quartiers généraux de grève de chacune de ses sections.

Au cours des derniers jours, une demi-douzaine de sessions d’information ont aussi été organisées afin de préparer les syndiqués pour la suite des choses.

L’annonce de vendredi après-midi sur un retour à la table des négociations dimanche avec l’aide d’un médiateur tombe à point. Tout était prêt pour un débrayage dès la semaine prochaine.

«On a demandé un médiateur et le gouvernement a accepté. Les pourparlers reprendront dès dimanche. On espère que les conversations seront productives et que l’on pourra enfin avoir un contrat», s’est réjoui M. Ouellette.

La perspective d’une grève inquiète

Jeudi, le premier ministre Blaine Higgs a dit être inquiet de la perspective d’un débrayage.

«C’est un exercice d’équilibriste que d’essayer de gérer les enjeux entourant la COVID-19 dans les hôpitaux et la possibilité d’une grève. Ça me paraît inconcevable qu’on fasse face à une potentielle grève, sachant la situation qui prévaut dans les hôpitaux», a-t-il expliqué lors d’un point de presse.

Vendredi, France Desrosiers, PDG du Réseau de santé Vitalité, a elle aussi qualifié la situation de préoccupante.

D’après elle, les membres du SCFP pouvant légalement débrayer représentent 36% de la force ouvrière du réseau francophone. Près de 70% d’entre eux sont toutefois désignés comme étant essentiels, ce qui signifie qu’ils devront tout de même se présenter au travail afin d’effectuer leurs tâches en cas de grève.

Si un débrayage va de l’avant, ajoute Dre Desrosiers, le réseau pourra maintenir le niveau de soins actuel dans ses hôpitaux, déjà rudement éprouvés, pendant environ 10 à 14 jours.

Elle ajoute que de nouveaux secteurs de services, notamment en dépistage et en vaccination, sont apparus en raison de la pandémie. Ceux-ci ne sont toutefois pas désignés comme étant essentiels, ce qui représente un risque encore plus grand.

«Un débrayage aurait un impact très significatif sur le réseau, qui fonctionne déjà en phase d’alerte rouge en raison des réductions de service, la pression constante subit par les exigences de soins qui entourent les unités COVID, les centres de dépistage et les centres de vaccination, a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse. On pourrait difficilement survivre deux à trois jours s’il y avait une grève déclenchée la semaine prochaine.»

Simon Ouellette espère que la reprise des négociations permettra d’éviter un débrayage dont ne veulent pas les travailleurs du SCFP, a-t-il expliqué quelques heures avant l’annonce de la reprise des négociations.

«Le gouvernement ne nous a jamais pris au sérieux. Nous sommes les derniers à vouloir une grève en temps de pandémie. Malheureusement, M. Higgs nous fait la sourde oreille depuis plusieurs années. On lui a donné un ultimatum de 100 jours, le 28 mai, et il n’a pas bougé.»

Blaine Higgs a affirmé jeudi que le gouvernement a fait une offre équitable au SCFP, tant pour ses travailleurs que pour les contribuables.

«Nous avons proposé au SCFP une entente sur les salaires qui cadre avec ce que peut se permettre la province.»

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