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Sylvio Daigle, un résident de Pointe-Sapin, a aperçu une tortue d’environ deux mètres de longueur sur le bord de la mer dans cette communauté côtière.

Le 14 octobre, vers 16h30, Sylvio Daigle s’amusait à pêcher le bar rayé à proximité de l’usine de transformation de homard se trouvant dans la communauté. La tortue était à quelques pieds de la côte lorsqu’il l’a aperçue.

À défaut d’être le seul témoin oculaire, M. Daigle a appris que quelqu’un est allé marcher en direction de Rivière-au-Portage qui se trouve à l’entrée du parc national Kouchibouguac. «Il a marché le long de la côte et il a vu des grosses traces. Il ne savait pas quelle sorte de traces c’était. Il croyait que c’était des traces de tortue», a expliqué M. Daigle.

Il n’a pas été possible de prendre la tortue en photo. Toutefois, selon le ministère des Pêches et des Océans (MPO) et d’après la grandeur décrite par le témoin oculaire, il est fort probable que M. Daigle ait aperçu une tortue luth.

«C’est vraiment le standard de la taille», a fait remarquer Diane Amirault-Langlais, biologiste au MPO.

«Au lieu d’une carapace dure, la tortue luth a une carapace qui ressemble beaucoup à du cuir. C’est une carapace qui est spongieuse. Il y a des réserves de gras qui font qu’elle peut survivre dans notre région par cette couche d’isolement grâce à sa couche de gras», a expliqué Diane Amirault-Langlais.

Il est très commun de retrouver la tortue luth dans les eaux du détroit de Northumberland, d’après la biologiste. Ces reptiles passent au large de la Nouvelle-Écosse dans un corridor de l’océan atlantique pour se rendre dans la région au sud du golfe Saint-Laurent et vont se nourrir de méduses.

«On sait qu’elles sont dans nos régions chaque année, mais c’est vraiment plus en été qu’elles sont plus nombreuses», a indiqué la biologiste.

À cette période-ci de l’année, les tortues luths ont tendance à immigrer vers les eaux du sud.

«Ce qui est intéressant dans l’observation que vous avez reçue, c’est que ce soit si tard dans l’année», explique la représentante du MPO.

La biologiste encourage fortement la population à rapporter les observations. Elle mentionne l’importance de procéder à une bonne gestion des poubelles.

«Étant donné que les tortues mangent les méduses, un sac en plastique dans les eaux ça crée très souvent une confusion pour les tortues qui mangeraient les sacs de plastique en pensant que c’est une méduse», explique Diane Amirault-Langlais.

Elle encourage aussi les pêcheurs à surveiller leurs engins de pêche, car une fois enchevêtrée dans des filets, la tortue peut avoir de la difficulté à nager correctement et à se nourrir, et même être incapable de remonter à la surface pour respirer.

En voie de disparition

Selon l’information fournie par le MPO, la tortue luth est désignée espèce en voie de disparition au Canada.

Elle a perdu près de 70% de sa population en 15 ans. C’est le plus gros reptile de la planète.

«On estime à environ 1000 le nombre de tortues qui fréquentent les eaux du Canada», a mentionné Diane Amirault-Langlais.

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