L’ancien président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick et libraire pendant plus d’un quart de siècle, Robert Melanson, est décédé, mercredi soir, des suites d’un cancer, à l’âge de 61 ans. Son plus grand legs aura été celui d’avoir contribué à l’essor de la littératie dans toute la francophonie de l’Atlantique, estime son ami de longue date, l’éditeur et auteur Serge Patrice Thibodeau.

«Robert s’était donné une mission et ça faisait partie aussi de son engagement politique et social pour l’Acadie que les élèves francophones des quatre provinces atlantiques ne manquent pas de livres en français. Son plus grand legs c’est qu’il a fait lire des milliers d’élèves», a déclaré Serge Patrice Thibodeau qui a fait sa connaissance en 1977 pendant ses études à Edmundston. Il est demeuré un ami loyal jusqu’à la toute fin, note l’éditeur.

Robert Melanson a joué un rôle majeur dans la mise sur pied des salons du livre au Nouveau-Brunswick, dont celui de Dieppe.

Natif de Rogersville, il a étudié au Département d’art dramatique de l’Université de Moncton ainsi qu’à l’École nationale de théâtre du Canada où il est devenu le premier Acadien à être accepté en interprétation.

Outre son travail dans le milieu théâtral, il a été copropriétaire et directeur de la Librairie La Grande Ourse à Moncton pendant plus de 25 ans, où il était responsable de la vente et de la promotion du livre francophone dans les quatre provinces atlantiques.

«C’était un grand communicateur. Il aimait beaucoup les gens et c’était un bon vendeur. Ses parents étaient des commerçants alors lui il aimait ça. On a fait ça quand même longtemps ensemble. Il a mené plusieurs combats, mais il y en a peu qui ont été gagnés. La politique du livre du Nouveau-Brunswick, ça ne nous a pas aidés du tout», a exprimé la propriétaire de la Librairie La Grande Ourse, Annie Bourdages.

Celle-ci ajoute qu’il était un hôte exemplaire avec les auteurs invités dans les événements littéraires. Outre les salons du livre, il a sillonné les routes des provinces atlantiques avec ses boîtes de bouquins afin de présenter des expositions de livres dans des endroits où il n’y avait pas de librairie. Il était fier de faire découvrir la lecture aux jeunes, a mentionné Serge Patrice Thibodeau.

«De ce point de vue là, il était passionné et vraiment infatigable. Quand il parlait de fournir les écoles et les bibliothèques scolaires en livres, il était prêt à tout. Il pouvait passer des nuits blanches à préparer des commandes de livres. Il prenait vraiment ça au sérieux. Il était très apprécié des distributeurs au Québec», a raconté Serge Patrice Thibodeau.

Engagement politique et bénévole

Il s’est engagé aussi bénévolement dans de nombreuses organisations culturelles telles que le Festival Frye, les Éditions Perce-Neige, le FICFA, le Festival Inspire. Patriote acadien de longue date et ancien candidat au Parti acadien, il a été président de la SANB de 2018 à 2020.
«L’Acadie vient d’un perdre un de ses grands défenseurs», a affirmé le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet.

«Ancien candidat du Parti acadien et un grand artiste, Robert était sans aucun doute un grand patriote. Il était un fier défenseur de la langue française et un ambassadeur inimitable au niveau de l’art et de la culture», a-t-il poursuivi.

Il raconte que dès son arrivée dans l’organisme, Robert Melanson l’a pris sous son aile et qu’il était toujours là pour lui, et ce, même jusqu’à tout récemment.

Nicole Arseneau-Sluyter, membre du conseil d’administration de la SANB, qui l’a côtoyé pendant son mandat à la présidence parle d’un homme travaillant, énergique, diplomate, et un communicateur flamboyant. Il a donné tout près de 300 entrevues à des médias pendant sa présidence.

Une grande générosité

Le comédien et militant à la voix retentissante ne passait pas inaperçu.

Sa grande amie Louise Blanchard, qui était à ses côtés au moment de son décès, souligne sa grande générosité et sa créativité. C’était aussi un excellent comédien, un créateur aux multiples talents, un épicurien et un lecteur passionné, doté d’une immense culture historique. Chaque année, il créait des costumes pour le Tintamarre à Caraquet. Même si sa carrière s’est déroulée davantage dans le milieu du livre, il a joué au théâtre et dans quelques films, dont Le Violon d’Arthur de Jean-Pierre Gariépy, en 1991. Récemment, il a joué dans une mise en lecture publique de la pièce La Duchesse de Langeais de Michel Tremblay, dirigée par Philip André Collette et produite par le Théâtre populaire d’Acadie.

La directrice artistique du théâtre l’Escaouette, Marcia Babineau, rappelle qu’il était non seulement comédien, mais aussi un excellent concepteur de costumes. Il aurait pu faire carrière dans ce domaine, estime-t-elle. L’artiste aux multiples talents a déjà travaillé pour la compagnie de théâtre de Moncton comme responsable des communications.

«C’était quelqu’un de très généreux, de très courageux et vraiment quelqu’un d’inspiré et d’inspirant. Il va nous manquer énormément étant donné sa grande imagination, sa générosité et son courage», a-t-elle évoqué.

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