Après la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, c’est au tour de l’Association des juristes d’expression française du Nouveau-Brunswick (AJEFNB) de dénoncer le contenu du rapport annuel de la commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick.

L’organisme, qui est voué à l’avancement de l’exercice du droit dans la langue française au Nouveau-Brunswick, est d’avis que le rapport 2020-2021 manque clairement de profondeur.

La commissaire Shirley MacLean soulignait la semaine dernière lors du dépôt du document de 67 pages que les langues officielles continuent d’être reléguées à l’arrière-plan dans les communications liées à la COVID-19.

«Il manque un peu de mordant et c’est un peu complaisant comme rapport», a lancé d’emblée Alexandre Vienneau, le directeur général de l’AJEFNB.

«Nous aurions aimé voir la commissaire prendre davantage d’initiatives afin de mener des enquêtes plus approfondies visant à jeter la lumière sur les problèmes systémiques qui existent au sein du gouvernement et des ses institutions et à son incapacité de faire respecter la Loi sur les langues officielles», a souligné le dirigeant de l’association.

L’AJEFNB estime que la commissaire MacLean doit retrouver au plus vite son rôle de chien de garde du respect de la Loi sur les langues officielles et de promotion de l’avancement des deux langues officielles dans la province.

«À l’heure actuelle, la commissaire semble surtout s’attarder à la promotion de l’égalité des langues officielles. Nous aimerions voir Mme MacLean un peu plus agressive et montrer des dents quant au premier aspect de son mandat qui consiste à faire respecter les langues officielles et à enquêter et émettre des recommandations à cet effet si nécessaire», a affirmé Alexandre Vienneau en entrevue accordée à l’Acadie Nouvelle.

«Dans le passé, l’ancienne commissaire Katherine d’Entremont nous avait habitués à des critiques un peu plus acérées envers le gouvernement et à mettre en lumière des problèmes systémiques en plus d’émettre des recommandations. On aimerait revoir ça…»

L’AJEFNB a souligné qu’il faut remonter au rapport de l’année 2017-2018 afin de trouver la dernière enquête approfondie menée par le commissariat aux langues officielles.

Elle dénonce également la diminution du nombre d’enquêtes qui ont été terminées par la commissaire au cours des dernières années, nombre qui est jugé par l’AJEFNB comme étant considérable.

«La commissaire actuelle semble plutôt vouloir constater et observer ce qui se passe, sans aller trop trop loin», déplore le directeur général de l’organisme.

L’AJEFNB est d’avis que la portée du travail de la commissaire est somme toute limitée et que ses recommandations ne trouvent pas preneur dans l’appareil gouvernemental.

«Ses pouvoirs ne sont pas assez coercitifs dans la mesure où ses recommandations n’ont pas force d’autorité, il y a lieu d’accentuer ses moyens pour qu’elle puisse bien mener son rôle», estime Alexandre Vienneau.

Profitant de cette sortie en règle envers la commissaire, l’AJEFNB a aussi décoché quelques flèches à l’endroit du premier ministre Blaine Higgs.

Ce dernier est vivement critiqué pour sa conférence de presse tenue samedi dernier au sujet de la grève des employés du secteur public.

Selon l’association de juristes, il n’y avait aucun interprète durant l’événement médiatique, forçant ainsi une journaliste à reprendre ses questions en anglais à un certain moment.

Le gouvernement s’est défendu à ce sujet mardi après-midi, en affirmant qu’il n’y a eu qu’un bref moment où un problème technique a empêché l’interprétation simultanée.

«C’est de revivre l’événement semblable qui s’est déroulé lors d’une conférence de presse COVID en mars 2020 et qui avait mené la Commissaire à rappeler au gouvernement provincial dans son rapport qu’il doit y avoir un porte-parole francophone ou bilingue lors des conférences de presse», déplore le directeur général de l’AJEFNB.

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