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À la suite de la réforme sur la gouvernance locale annoncée jeudi par le ministre Daniel Allain, les districts de services locaux (DSL) de Baie-Sainte-Anne et Escuminac font dorénavant partie d’un district rural composé de 13 DSL, dont 11 ont des noms à consonance anglophone.

En fait, Baie-Sainte-Anne et Escuminac se retrouvent avec les DSL de Black River-Hardwicke, Blackville (10 %), Chatham, Ferry Road-Russellville, Glenelg, Hardwicke, Nelson (67%), Newcastle (77 %), North Esk (30 %), South Esk (5 %) et St. Margarets.

Le président sortant du DSL de Baie-Sainte-Anne, Ligouri Turbide, n’a pas caché sa déception face à la situation. Il a dit être surpris de se retrouver dans ce nouveau district rural. «Vraiment, ils auraient pu penser plus loin qu’ils ont pensé là. Ils auraient pu nous mettre au moins avec des francophones. Ç’a aurait eu plus de sens.»

«Je n’ai rien contre les anglophones», précise M. Turbide, mais il considère maintenant faire partie d’un «gros marché». La population du nouveau district rural est estimée à 6526 personnes. Celle de Baie-Sainte-Anne est de 1319 habitants, alors qu’Escuminac compte environ 166 individus. Aux dernières nouvelles, il n’y avait aucun comité consultatif dans ce DSL.

Le résident de Baie-Sainte-Anne aurait été d’accord pour faire partie du district rural voisin, soit celui composé des DSL de Pointe-Sapin, Cap-de-Richibouctou, Carleton et Harcourt (10%). «Même nous mettre avec une communauté comme Rogersville aurait eu plus de sens aussi», affirme-t-il.

«Le fait de se retrouver avec des gros marchés comme ceux-là, c’est nous autres qui va payer pour», dit le président. Il croit qu’il est trop tard pour changer les choses. «Je crois que les décisions sont pas mal finales.»

La professeure au département de sociologie de l’Université de Moncton et titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les minorités francophones canadiennes et le pouvoir Francophonie canadienne, Michelle Landry, croit qu’il est encore possible d’apporter des changements.

«Est-ce qu’il y aurait moyen de modifier le statut? Je crois que c’est principalement aux acteurs concernés de négocier cette question-là. Peut-être qu’ils peuvent choisir de s’amalgamer à une autre région francophone avec qui ils entretiennent des liens. Je pense que c’est toujours possible de le demander aux acteurs eux-mêmes, donc de cette communauté-là, mais aussi au gouvernement.»

Elle croit toutefois que dans son ensemble la réforme est un pas dans la bonne direction. Elle salue son courage politique. «Le gouvernement semble avoir fait un bon travail au point de vue de respecter les communautés linguistiques. Ce qu’il va falloir surveiller, et c’est très difficile de le faire avec les données publiques actuelles, ce sont les données linguistiques du nouveau recensement qui vont sortir bientôt.»

Selon Michelle Landry, il faudra vérifier concrètement quel sera le portrait avec la nouvelle carte géographique et les nouvelles divisions municipales. «Il faudra voir si certaines municipalités qui fonctionnent en français vont basculer, selon la loi sur les langues officielles, à des municipalités qui devront offrir les services dans les deux langues», dit-elle.

Une municipalité dont la population francophone ou anglophone atteint au moins 20% de la population totale est tenue d’adopter et de publier ses arrêtés dans les deux langues officielles.

SANB

Le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Alexandre Cédric Doucet, dit d’abord accueillir favorablement la présentation du livre blanc sur la réforme de la gouvernance locale. Mais comme il l’a mentionné: «On dit toujours que le diable est dans les détails. Des détails qui restent encore à éclaircir. Donc on va faire des suivis avec nos partenaires qui travaillent de près sur le dossier et le bureau du ministre Allain.»

Deux endroits semblent problématiques pour le président de la SANB, soit celui dans la région de Baie-Sainte-Anne, et l’autre avec un DSL dans les environs de Neguac. «J’ai envoyé des questions ce matin au ministre Allain», a fait savoir le président de la SANB.

«On a quelques préoccupations mais on n’a pas encore été voir les chiffres. C’est ce qu’on va faire. Pour analyser ça en profondeur, ça va prendre plus de temps», dit-il.

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