Le département du Commerce des États-Unis annonce que les droits compensatoires et les tarifs associés aux taux antidumping imposés aux producteurs canadiens de bois d’œuvre allaient pratiquement doubler, passant en moyenne de 8,99% à 17,9%.

Cette décision survient une semaine après la rencontre entre le premier ministre Justin Trudeau et le président américain Joe Biden, rencontre durant laquelle la question du bois d’œuvre a été abordée.

Dans un énoncé, la ministre du Commerce international, Mary Ng, s’est dite très préoccupée par la position américaine dans ce dossier. Il faut dire qu’au Canada, l’industrie du bois d’œuvre a contribué à plus de 25 milliards de dollars au PIB en 2020 et assuré des emplois à près de 185 000 travailleurs.

«Le Canada est extrêmement déçu que les États-Unis aient décidé d’augmenter à 17,9% les droits injustes qu’ils imposent à la plupart des producteurs de bois d’œuvre résineux canadien. Le Canada demande aux États-Unis de mettre fin à l’imposition de ces droits injustifiés sur les produits canadiens de bois d’œuvre», a déclaré la ministre.

Selon elle, «ces droits injustifiés causent du tort aux communautés, aux entreprises et aux travailleurs canadiens».

Ottawa entend du coup continuer à défendre l’industrie canadienne du bois d’œuvre résineux, quitte à devoir plaider à nouveau sa cause devant l’Organisation mondiale du commerce, organisme qui a statué en faveur du Canada à plusieurs reprises par le passé.

Les propos de la ministre ont trouvé écho jusqu’à Fredericton où le premier ministre, Blaine Higgs, n’a pas hésité à décrier le geste.

«Nous sommes très déçus de la décision du gouvernement américain d’augmenter ces droits injustes et injustifiés contre les exportations de bois d’œuvre du Nouveau-Brunswick», a-t-il indiqué, non sans rappeler qu’en septembre 2020, l’OMS s’était positionnée en faveur du Canada et du Nouveau-Brunswick.

«Le secteur forestier est crucial pour notre province, il emploie des milliers de Néo-Brunswickois. Cette décision intervient alors que la priorité des deux pays devrait être de résoudre les problèmes commerciaux en suspens pour se concentrer sur la reprise économique», a ajouté le premier ministre.

Ce dernier a promis de lutter contre ces tarifs injustes par toutes les voies légales disponibles. Cependant, puisque ces processus juridiques sont longs, celui-ci privilégie un retour à la table de négociation entre Ottawa et Washington, question d’éviter d’autres litiges prolongés.

La nouvelle de cette hausse était toutefois prévisible alors que les États-Unis avaient brandi cette possibilité plus tôt durant l’année. La question du bois d’œuvre a souvent été source de conflit entre les deux pays. Les Etats-Unis accusent notamment le Canada de subventionner indirectement cette industrie, rendant la compétition déloyale, ce dont se défend le Canada.

Chez J.D. Irving, principal exportateur de bois d’œuvre de la province, l’impact de cette nouvelle tarification laissera des traces. Si les tarifs diffèrent d’une compagnie à l’autre, certains avancent que ceux de l’industriel néo-brunswickois pourraient grimper jusqu’à 15%. Là aussi, on demande un retour à la table des négociations.

«Nous pensons que l’exemption historique des provinces maritimes des droits de douane américains sur le bois devrait être rétablie. Notre système de droit de coupe libre et équitable justifie l’exemption de l’industrie du Nouveau-Brunswick de tout droit américain. Nous continuons également de croire qu’un règlement négocié entre les gouvernements canadien et américain est la solution appropriée», souligne Jérôme Pelletier, président des Producteurs de bois d’œuvre du Nouveau-Brunswick et vice-président, Scieries pour J.D. Irving.

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