Le chef libéral Roger Melanson accuse le gouvernement Higgs d’avoir manipulé les chiffres de ses mises à jour financières. Il a demandé à la vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick de se pencher sur le dossier.

D’après Roger Melanson, le gouvernement aurait manipulé les chiffres, notamment pour se donner une position plus favorable lors de négociations avec le SCFP, en novembre.

Il accuse aussi le gouvernement de manque de transparence en raison des retards dans la présentation de ses mises à jour financières, alors que le gouvernement Higgs prônait l’importance de la ponctualité de ces mises à jour avant la pandémie.

La semaine dernière, la mise à jour financière du gouvernement a révélé un surplus de 248,2 millions $ pour le deuxième trimestre de l’année fiscale 2021-2022.

Le ministre des Finances, Ernie Steeves, a aussi annoncé que son administration prévoit un surplus de 89,1 millions $ à la fin de l’exercice financier qui se termine en mars, bien loin du déficit de 244,8 millions $ prévu au budget.

En octobre, lors d’une une mise à jour financière du premier trimestre présentée en retard, le gouvernement prévoyait des recettes de 290 millions $. Cinq semaines plus tard, ces recettes ont augmenté à 490 millions $ dans les chiffres du deuxième trimestre, dont la présentation a également été repoussée de quelques jours.

Les recettes de provenance interne ont notamment augmenté de 237,4 millions $ du premier au deuxième trimestre.

La période visée par le deuxième trimestre se terminait pourtant le 30 septembre, bien avant que le gouvernement ne publie sa mise à jour financière du premier trimestre le 13 octobre.

L’économiste Richard Saillant, cité par Roger Melanson pour appuyer son accusation, écrit en chronique dans l’Acadie Nouvelle cette semaine qu’aucun changement à l’économie n’explique cette hausse subite des revenus, sinon que le gouvernement Higgs n’avait plus besoin de «crier famine» suite à la fin de la grève.

Selon le premier ministre Blaine Higgs, les revenus de la TVH, qui font partie des recettes internes, sont difficiles à prévoir pendant la pandémie.

Il défend le travail du ministère des Finances et affirme que l’évaluation des états financiers s’est faite comme d’habitude. Il attribue aussi les retards des mises à jour fiscales à l’imprévisibilité de la pandémie.

«On était surpris de voir un surplus financier, parce qu’on s’attendait à un déficit. a affirmé M. Higgs. Au premier trimestre, on s’est demandé “est-ce qu’on est certains que c’est exact?” Parce que c’était différent de nos prévisions. (…) Alors on a pris plus de temps pour déterminer s’il y avait réellement un surplus.»

Le premier ministre Blaine Higgs se défend aussi d’avoir tenté de cacher la situation fiscale du gouvernement pendant la grève. Il rappelle qu’il a devancé les mises à jour fiscales en parlant de l’état du surplus aux médias, alors même que la grève faisait rage.

Il avait d’abord prévu un surplus de fin d’année fiscale de 200 à 300 millions $ le 3 novembre, puis de 90 millions $ le 12 novembre.

Il dit avoir parlé de ces surplus parce qu’il avait anticipé que l’opposition allait l’accuser d’avoir caché la situation financière du gouvernement pendant la grève.

Il avait également mentionné l’imprévisibilité des revenus de la TVH sans fournir de chiffre spécifique quant à l’augmentation des recettes au deuxième trimestre.

Des dates à respecter

Selon Roger Melanson, le premier ministre n’a pas suivi le processus nécessaire.

«Évidemment, il savait qu’il y avait des chiffres qui lui étaient disponibles et qui auraient dû être dévoilés publiquement lors de la mise à jour du trimestre.»

Le libéral fait valoir que le premier ministre attachait beaucoup d’importance à la ponctualité et à la précision de ces mises à jour lorsqu’il était le ministre des Finances du gouvernement Alward.

«Il devient premier ministre, et c’est jeté à la poubelle.»

Normalement, la vérificatrice générale réalise chaque année un audit des états financiers de l’année précédente.

Roger Melanson croit toutefois qu’un audit devrait exceptionnellement être réalisé au milieu de l’année financière en cours pour redonner une «crédibilité» aux chiffres avancés par le gouvernement.

«Je pense qu’il y avait une influence politique et si les chiffres n’ont pas été manipulés et qu’ils ont simplement été mal présentés, la vérificatrice générale pourra nous donner l’heure juste.»

Il rappelle que le gouvernement est toujours en négociations avec certains travailleurs de la fonction publique, dont les infirmières de la province, qui prévoient un vote de grève.

Par ailleurs, le ministre des Finances, Ernie Steeves, a déclaré mercredi que le budget d’immobilisations 2021-2022 sera publié le 7 décembre.

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