Alors que des citoyens se sont interrogés sur ses réclamations d’indemnités journalières (per diem) depuis quelques années, le maire de Grand-Sault, Marcel Deschênes nie avoir manqué de transparence ou d’avoir touché toute forme de rémunération à laquelle il n’avait pas droit.

Le comité de citoyens concernés de Grand-Sault a récemment laissé savoir, par l’entremise de quelques communiqués de presse, que le total des réclamations du maire Deschênes avait doublé de 2018 à 2020.

Selon des chiffres que le groupe dit avoir obtenus par l’entremise d’une demande d’accès à l’information en vertu de la Loi sur le droit à l’information et la protection de la vie privée, celui-ci a dévoilé que les réclamations de per diem de M. Deschênes étaient passées de 12 600$, en 2018, à plus de 26 000$, en 2020.

Selon les membres du groupe, le maire Deschênes a réclamé un total de 141 jours en per diem en 2019 et de 151 jours en 2020.

«Pour une municipalité de notre grandeur, on trouve cela exagéré», a indiqué le porte-parole du comité de citoyens, Patrick Durepos.

Pour expliquer cette augmentation, Marcel Deschênes a laissé entendre qu’il était un maire très impliqué dans divers dossiers de la ville de Grand-Sault et qu’il l’a été encore plus pendant la pandémie.

«Je suis un maire qui est, dans un sens, un fonctionnaire. Je travaille avec l’équipe administrative, avec l’appui du conseil municipal, pour, par exemple, tous les achats de propriété de la ville. J’ai aussi piloté des dossiers comme les négociations syndicales avec nos policiers.»

«Même pendant la pandémie quand on dit que tout était arrêté, nous, on devait continuer le travail avec nos employés. Dans les deux dernières années, j’ai passé plus de temps à l’hôtel de ville que j’en ai passé avant, mais ça ne change rien, car on a fait plusieurs beaux projets en ville.»

Le maire dit avoir un salaire de base d’environ 23 000$ annuellement, ce qui est loin, selon lui, du barème établi par l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick dans son guide de rémunération des élus publié en 2017.

Selon le guide, un maire d’une municipalité comme Grand-Sault pourrait toucher un salaire d’environ 47 000$ à 57 000$ par an.

Selon les chiffres obtenus par le comité de citoyens, le salaire de base, combiné au prélèvement des per diem et des frais de voyage, ont permis au maire, de 2018 à 2020 du moins, d’avoir une rémunération équivalente à ce qui est indiqué dans le guide.

Marcel Deschênes a ajouté qu’il fait, en moyenne, de 30 à 60 sorties par mois en tant que maire.

«Quand on parle de l’allocation de 175$, je n’ai besoin, avec mon travail, qu’une couple d’heures pour aller chercher mon 175$. Quand je dois aller à Fredericton, par exemple, le reste de ma journée, je l’ai donné.»

Pièces justificatives

De son côté, le comité de citoyens a indiqué que la Ville de Grand-Sault n’a pas pu ou n’a pas voulu fournir plus d’informations concernant les pièces justificatives du maire Deschênes. M. Durepos a ajouté qu’une plainte au commissaire à l’intégrité a été déposée à cet égard.

Patrick Durepos a aussi dit souhaiter que le maire fasse preuve de transparence dans ce dossier en fournissant des pièces justificatives pour ses réclamations.

«On ne remet pas en question le travail accompli par le maire Deschênes et son conseil municipal. Toutefois, il est normal dans une démocratie que les élus municipaux soient en mesure de justifier leurs réclamations personnelles ainsi que les dépenses de la municipalité en général. Ce n’est pas ce que l’on voit actuellement. S’il a fait tant choses, il devrait être en mesure de justifier tout ça.»

Selon lui, un fort pourcentage des per diem réclamés par le maire Deschênes en 2019 et 2020 ne sont pas accompagnés de pièces justificatives.

«Je connais bien des maisons d’affaires et des organisations où ce genre de choses ne seraient pas acceptées.»

M. Deschênes a mentionné que, bien qu’il ait été mis au courant qu’une demande avait été faite par les membres du comité afin d’obtenir des informations par rapport à son compte de dépenses, il n’a jamais été impliqué dans le choix de documents qui ont été soumis au groupe par la suite.

«Comme l’information demandée visait le maire et le directeur général, le dossier a été envoyé au greffier et à l’aide-greffier qui ont pris la demande et qui l’ont envoyé aux gens concernés.»

«S’ils disent qu’ils n’ont pas eu la bonne information, ils peuvent s’informer auprès de la Ville pour savoir pourquoi, mais ce n’est pas moi qui peut la soumettre, car je ne l’ai pas. (…) Ça va à l’administration municipale qui traite les demandes comme à tous les mois.»

Selon M. Deschênes, toutes les informations sont documentées.

«Ça fait 25 ans que je suis en politique municipale et on m’a toujours dit qu’il fallait tout documenter. (…) Il n’y a pas une once d’information qu’ils peuvent alléguer qu’elle n’est pas documentée. Qu’est-ce qui peut être dévoilé, ça, c’est une autre paire de manches. Ce n’est pas moi qui décide.»

De son côté, M. Durepos a exprimé le souhait que le travail réalisé par le comité de citoyens stimule l’intérêt des gens à se présenter aux élections municipales qui, en raison du projet de regroupement du ministère des Gouvernement locaux et de la Réforme de la gouvernance locale, devraient se produire dans un avenir proche.

«C’est à force de poser des questions que l’on aura des réponses et du changement.»

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