Après avoir suffoqué pendant près d’une année et demie, l’industrie du voyage reprend tranquillement son souffle grâce à la baisse des restrictions entourant les voyages internationaux.

On ne se bouscule toutefois pas encore pour prendre l’avion. Cela dit, l’appétit des clients pour les destinations soleil est bel et bien présent.

C’est du moins le constat de Nadie Foulem, de la succursale de Caraquet de l’agence Voyage Maritime.

Elle ne s’en cache pas, la dernière année a été un véritable désastre pour l’industrie alors que la saison automne-hiver a pratiquement été annulée en raison de la pandémie. Replié sur lui-même par crainte de la COVID-19, le Canada a rendu ses règles de voyages tellement strictes que sortir du pays – et surtout y rentrer – constituait un véritable tour de force.

«Notre industrie est pratiquement sur pause depuis 18 mois. C’est dur pour nous, car c’est notre métier, mais aussi pour les gens qui sont habitués à voyager. Certains s’envolent chaque année, d’autres même à plus d’une reprise. La majorité d’entre eux n’ont pas voyagé hors du pays depuis le début de la pandémie», souligne-t-elle.

Elle-même a hâte de recommencer à voyager. Cela fait maintenant deux ans qu’elle attend.

«Quand on a la piqûre des voyages, c’est un peu comme une drogue. Je n’ai pas eu l’occasion de voyager encore, mais j’ai hâte de pouvoir en profiter», souligne-t-elle.

La compagnie recommence à peine à offrir des destinations vers le sud à sa clientèle. Les succursales de Voyage Maritime ont rouvert graduellement dans la province. Pour Nadie, cette réouverture s’est faite en début novembre. Et l’appétit des clients est là, surtout depuis que le gouvernement fédéral a retiré sa mise en garde relative à ce type de voyages.

«Il ne se passe pas une journée où je ne vends pas un forfait avion ou croisière», dit-elle.

L’appétit des Néo-Brunswkois envers les voyages dans le sud est à nouveau de retour. Caroline Boudreau de Balmoral est l’une de celle qui s’est laissée tenter. Elle a visité coup sur coup Cancún et Riviera Maya (photo). – Gracieuseté C. Boudreau

Car oui, les croisières reviennent tranquillement à la charge. On se rappellera qu’au début de la pandémie, ce secteur bien particulier du domaine des voyages avait été l’un des premiers frappés par le virus.

Incertitude

Signe de la fragilité de cette reprise des activités, les vols sont moins nombreux, toutes les destinations ne sont pas au menu et la saison de certains transporteurs a même été raccourcie de quelques semaines. Qu’à cela ne tienne, les principales destinations soleil – comme le Mexique, la République dominicaine ou Cuba par exemple – demeurent accessibles.

La vigueur de la reprise des voyages tout-inclus va par vagues, un peu comme la COVID-19. En septembre par exemple, les voyagistes ont connu un creux alors qu’émergeait la quatrième vague du virus. Aujourd’hui, l’hésitation des voyageurs refait surface en raison du variant omicron.

Ce dernier pourrait d’ailleurs perturber une reprise en force du marché des voyages vers les pays chauds.

«Ç’a créé de l’incertitude, c’est certain. J’ai justement une de mes clientes qui vient de m’indiquer qu’elle préfère attendre un peu avant de recommencer à voyager en raison de ce nouveau variant. C’est un peu comme ça que ça se passe dans l’industrie du voyage en ce moment. À chaque fois que ça semble se replacer, quelque chose arrive et ça ralentit à nouveau», dit-elle.

La reprise des voyages dans les destinations sud signifient également la reprise des mariages. En voici un croqué sur le vif par Caroline Boudreau lors de son récent voyage à Cancún. – Gracieuseté C. Boudreau

Règles strictes

Chaque jour, Mme Foulem consulte les plus récentes mises à jour du gouvernement canadien en lien avec la question des frontières et des restrictions de la Santé publique.

«Ça bouge très souvent, il faut constamment être aux aguets. Ma phrase clé que je répète à tous mes clients est: «Au moment où l’on se parle… ». Car les choses évoluent tellement rapidement et les règles sont constamment modifiées», souligne-t-elle.

En fait, selon la dernière mise à jour du gouvernement fédéral, il faut non seulement démontrer la preuve d’un test PCR (négatif) effectué 72h avant le retour au pays, mais un second test de dépistage est désormais obligatoire à l’arrivée à l’aéroport. Tout cela, bien entendu, en plus de la vaccination.

«L’obligation de passer des tests n’est pas très appréciée des voyageurs, mais ceux qui veulent vraiment voyager s’y plient. C’est ça ou rien», souligne-t-elle.

Déjà deux voyages dans le Sud

Caroline Boudreau de Balmoral n’en pouvait plus d’attendre.

Agente de développement communautaire à la Mosaïque du Nord de Balmoral, celle-ci est également agente-conseil dans ses temps libres (Caroline Boudreau TravelOnly). Pandémie ou non, elle a décidé de partir en voyage cette année…et deux fois plutôt qu’une.

«Et ça fait vraiment du bien», s’exclame-t-elle.

Caroline Boudreau de Balmoral s’est déjà envolée à deux occasions au Mexique depuis le mois d’août. On la voit ici lors de son voyage à Cancún. – Gracieuseté

En août, elle a pris la direction de Cancún au Mexique puis, en octobre, ce fut pour Riviera Maya. Et elle n’a pas été dépaysée par la COVID-19.

«Il y a un peu plus de paperasses à remplir et des tests à passer. Sur place on constate également qu’il y a des bouteilles de désinfectant, que le personnel nettoie davantage et porte le masque. Certains touristes portent également un masque par moment. Mais dans l’ensemble, c’est la même ambiance et la même expérience qu’avant la pandémie. On se sent en vacances et non en pandémie. Les gens sont contents d’être là et les opérateurs, eux, sont heureux de revoir enfin les touristes», raconte-t-elle.

Pour ce qui est du coût des forfaits, la pandémie ne semble pas jusqu’à présent avoir contribué à faire exploser les prix aux dires de Mme Boudreau.

«Les prix sont très raisonnables compte tenu des circonstances. Ça se compare sensiblement à ce que c’était avant la pandémie», mentionne-t-elle, notant par contre que les voyageurs devront prévoir un montant supplémentaire pour défrayer le coût des tests PCR dispensés à leur hôtel, tests essentiels pour le retour au pays.

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