«Quand on est étudiant, ce n’est pas toujours facile du côté financier. Ce n’est pas tout le monde qui roule sur l’or.»

Étudiante en Techniques d’intervention en éducation spécialisée et autisme, Rachel Béland-Gagné fait partie du groupe qui a organisé le Grenier de l’amitié, soit la toute première friperie du campus de Campbellton du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick.

L’objectif, permettre à la population étudiante dans le besoin de se procurer des vêtements et objets divers de seconde main pour quelques dollars.

Les dons provenaient en majeure partie des étudiants et du personnel du CCNB-Campbellton. Une fois sur les tables, les morceaux étaient mis en vente pour la modique somme de 1$, voire même offerts gratuitement pour ceux qui n’en avaient pas les moyens.

«Il arrive toujours des situations difficiles, des moments dans nos vies, où l’on doit passer au travers d’étapes plus difficiles que d’autres. Il peut donc arriver qu’on doive faire des choix, qu’on n’ait pas l’argent nécessaire pour aller s’acheter un manteau d’hiver ou même des vêtements pour ses enfants. Avec cette initiative, on a voulu aider ces personnes», raconte Mme Béland-Gagné.

Ces situations difficiles auxquelles elle fait référence peuvent survenir à toutes les étapes de la vie, et plusieurs les rencontrent d’ailleurs dès le début des études postsecondaires.

Enseignante au campus de Campbellton, Schae Williamson-Maheu confirme que cette réalité est présente au sein de sa population étudiante.

«Il y en a, et plus qu’on le pense», souligne-t-elle.

«On a des étudiants qui arrivent à peine à boucler leurs fins de mois, qui sont partis aux études avec peu d’argent en poche, qui arrivent de l’étranger sans vêtements d’hiver. On a également des mères qui reviennent sur les bancs d’école et qui ont leur famille à nourrir. Bref, les raisons sont nombreuses, mais la réalité est la même, soit qu’ils ont besoin d’un coup de main», note-t-elle, ajoutant que la situation n’est pas unique au campus de Campbellton, qu’elle est la même dans les autres campus.

Pour cette dernière, l’initiative de ses élèves a énormément de mérite.

«Quand on connaît des difficultés financières, on ne le crie pas sur les toits. Une activité comme celle-ci, c’est l’occasion d’aider sans toutefois que les bénéficiaires se sentent visés. Ça fait partie de l’objectif, valoriser la personne», poursuit l’enseignante.

Celle-ci aimerait d’ailleurs voir cette activité devenir annuelle et, pourquoi pas, être reprise par les autres campus du CCNB.

«C’est quelque chose de tellement positif, car non seulement ça aide des personnes concrètement, mais ça permet aux étudiants qui donnent de prendre conscience de cette réalité. Et, en cette difficile période de pandémie, ça a fait du bien à tout le monde. Ça nous ferait certainement grand plaisir de partager notre expérience avec les autres campus», mentionne Mme Williamson-Maheu.

L’activité ne s’arrêtait toutefois pas qu’à la population étudiante. Bien que la communauté ne pouvait accéder au campus en raison des contraintes liées à la COVID-19, des étudiants ont pris soin de magasiner quelques items pour des citoyens du Restigouche dont la situation financière est précaire.

En tout, 210$ ont été récoltés grâce à cette activité. L’argent servira à parrainer des enfants dans le besoin du Restigouche (campagne Un ange pour Noël).

«On a même recueilli deux bicyclettes que nous pourrons redonner à des jeunes dont les familles n’ont pas les moyens de se permettre une telle dépense», souligne Mme Williamson-Maheu.

À noter que les morceaux qui n’ont pas trouvé preneur lors des deux jours de l’activité ont été redistribués à des individus ou à des organismes communautaires de la région.

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