Un nouveau rapport présente 27 initiatives destinées à s’attaquer aux problèmes entourant l’itinérance, la criminalité et la toxicomanie qui animent les rencontres du conseil municipal de Moncton depuis de nombreux mois.

Un groupe de travail sur l’itinérance et la sécurité au centre-ville a été créé plus tôt cette année sous l’impulsion de la Chambre de commerce du Grand Moncton. De multiples rencontres auprès de ministères et d’intervenants communautaires, un forum public et cinq mois de labeur ont débouché sur le document présenté lundi soir aux élus municipaux.

Le président du groupe de travail, John Wishart, est convaincu que les 27 interventions identifiées dans le rapport mettront Moncton sur la bonne voie pour atteindre l’objectif «itinérance chronique zéro fonctionnelle» d’ici deux ans.

Parmi les appels à l’action figure la création d’un tribunal sur la santé mentale qui prévoit des plans de libération clairs pour les personnes en cause et contribue à briser le cycle de l’itinérance par la réinsertion.

On souhaite également obtenir du gouvernement provincial la mise sur pied d’un programme pilote de traitement pour la méthamphétamine en cristaux, mais aussi davantage de services dans le domaine de la santé mentale et de la toxicomanie dans les refuges.

Autre proposition: la mise en oeuvre d’«arrêtés de zonage inclusifs» destinés à favoriser la construction et l’aménagement de logements abordables dans le cadre de projets résidentiels. Cette piste figure justement dans le nouveau livre blanc sur la réforme de la gouvernance locale.

«Il faudrait que ce soit un arrêté adopté par les trois municipalités (Moncton, Riverview et Dieppe) pour éviter qu’un promoteur décide de s’installer ailleurs», précise John Wishart.

Le Comité directeur des sans-abris du Grand Moncton, l’organisme Marée montante et le Service régional de Codiac de la GRC ont pris part à l’exercice et auront leur rôle à jouer pour mettre le plan à exécution.

«Les problèmes de santé mentale et de toxicomanie, le manque de logements abordables, la criminalité ainsi que le vagabondage et la mendicité au centre-ville sont des problèmes que l’on ne peut résoudre que grâce à un effort collectif», souligne M. Wishart.

Le service Codiac de la GRC s’est notamment engagé à renforcer les effectifs de la Section de la police communautaire et prévoit une patrouille pédestre, 24 heures sur 24, dans la zone du centre-ville dès l’an prochain. Le détachement compte également intégrer davantage de travailleurs sociaux à son unité de crise mobile, confier à un inspecteur dédié toutes les unités spécialisées qui s’occupent de l’itinérance, ou encore travailler de concert avec les procureurs de la Couronne pour réduire le délai écoulé entre l’arrestation et la condamnation.

De son côté, la Ville de Moncton augmentera le nombre d’agents d’exécution des arrêtés.

L’embauche d’un directeur général, prévue avant la fin de l’année, sera également déterminante pour coordonner le tout. Le groupe de travail a déjà obtenu une subvention du gouvernement fédéral de 50 000$ pour s’attaquer aux premières étapes. M. Wishart indique qu’une mise à jour sera présentée à la communauté tous les deux mois.

Il note que des progrès ont été accomplis récemment dans ce dossier – notamment l’ouverture d’un centre de consommation supervisée par Ensemble Moncton et la création des premières unités de logements abordables par l’organisation Marée Montante – et souhaite «profiter de cette dynamique».

«Nous devrons faire appel à tous les paliers de gouvernement pour réunir l’aide et les ressources qui nous permettront de produire des résultats immédiats et à long terme», dit-il.

Une rencontre avec les ministres Bruce Fitch, Ernie Steeves et Daniel Allain est d’ailleurs prévue la semaine prochaine. L’objectif: convaincre le gouvernement provincial d’imiter la Ville de Moncton qui a mis de côté 200 000$ dans son budget 2022 pour financer un «projet pilote sur les besoins complexes» qui verra le jour au début de l’année prochaine.

«L’idée est de diriger 1% des dépenses consacrées aux services sociaux vers 20 individus ayant de grands besoins pour leurs offrir un logement, du soutien en santé mentale et les aider à quitter la rue rapidement», détaille John Wishart.

Son intervention a été saluée par la mairesse de Moncton, Dawn Arnold.

«L’effort communautaire sera la seule voie à suivre», a-t-elle lancé. Elle dit déplore toutefois que le financement de services de santé mentale et de traitements des dépendances par le gouvernement provincial «semble être le principal obstacle pour le moment».

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