Si elle n’obtient pas plus d’aide des gouvernements, la SPCA La Vallée craint de devoir cesser ses activités dans un avenir proche.

Selon Suzanne Poirier, présidente de l’organisme voué à la protection des animaux de la région de Grand-Sault, une fermeture d’ici deux ans n’est pas impossible si la situation se poursuit.

«On se donne deux ans maximum. Notre compte en banque diminue tout le temps.»

L’organisme a tout de même diminué de beaucoup son déficit par rapport à l’année précédente. Alors qu’il était de plus de 52 000$ en 2020, il est passé à un peu plus de 4600$ en 2021.

Mme Poirier a admis que des coupures ont dû être réalisées afin d’en arriver à de tels résultats. Un poste à temps plein a été aboli. Les heures de travail pour les employés à temps partiel ont de plus été réduites. Le nombre d’animaux que peut accueillir le refuge a aussi été révisé à la baisse. Certains emplois ont été réorganisés afin de faire place à des étudiants dans le cadre de programmes subventionnés par le gouvernement.

«On a dû faire des choix difficiles. Ç’a aidé, mais on a perdu des employés qui avaient de l’expérience.»

«On ne peut pas couper encore plus que ce que l’on a fait, car il faut quand même que l’on remplisse notre mission qui est de sauver des animaux. Si on fait des pertes toutes les années, on ne pourra pas continuer comme ça.»

Selon la présidente, une aide extérieure, que ce soit des gouvernements ou autres, sera nécessaire afin d’assurer le fonctionnement de la SPCA à long terme.

«On fait déjà beaucoup de collectes de fonds. Nous sommes dans une petite communauté alors on est limité dans ce que l’on peut aller chercher de la population.»

Selon Mme Poirier, des demandes ont été faites aux communautés environnantes. Celles-ci n’ont pas apporté les résultats escomptés jusqu’à maintenant.

Rappelons qu’en 2017, l’organisme avait réussi à récolter 300 000$ en raison du succès de sa loterie Chasse à l’as. Toutefois, ce montant n’a pas assuré pour autant le fonctionnement du refuge pour animaux à long terme.

«Ça peut paraître beaucoup d’un coup, mais ça part vite. Avec l’argent, on a payé le bâtiment et fait des rénovations et ça nous a donné un peu de “lousse” pendant deux ans. On a aussi des employés à payer (…) On est loin de rouler sur l’or», a mentionné Suzanne Poirier.

«On ne le réalise peut-être pas, mais pour opérer un refuge comme le nôtre, ça nous coûte de 200 000$ à 300 000$ par année.»

La COVID-19 a ajouté un fardeau supplémentaire sur les épaules des dirigeants de l’organisme. La pandémie a notamment forcé l’annulation de l’une des activités les plus lucratives de la SPCA La Vallée, soit la loterie Voyage de rêve.

Cette activité de collecte de fonds permettait d’amasser 50 000$ annuellement.

«C’était pour remporter un voyage. Évidemment, quand la COVID est arrivée, les gens ne pouvaient plus voyager alors on a dû l’annuler (…) Je ne sais pas si l’on pourra redémarrer ça», a raconté Suzanne Poirier.

L’annonce de l’augmentation du salaire minimum au Nouveau-Brunswick représente aussi un défi supplémentaire, a-t-elle ajouté.

«Une hausse de 2$ de l’heure comme ça, je ne sais pas où nous allons pouvoir prendre cet argent. On ne dit pas que les gens ne le méritent pas et ça me fait plaisir qu’ils l’aient, mais il va falloir que des programmes d’aide accompagnent tout ça.»

Pour le moment, le refuge doit se débrouiller avec deux employés à temps plein et quelques-uns à temps partiel.

«On s’occupe tout de même d’être vivants, alors on ne peut pas fermer n’importe quand. Ça prend des employés sur place sur une base régulière.»

Le refuge accueille une quarantaine d’animaux, en majorité des chats.

«On pouvait en prendre un peu plus avant, mais vu la situation, on a décidé de se limiter à ça. On essaie aussi de privilégier les animaux qui sont en situation plus urgente. La demande est toutefois plus forte que ce que l’on est capable de prendre», a ajouté Suzanne Poirier.

Malgré la bonne volonté des bénévoles dans l’organisation des diverses activités de collecte de dons, la présidente de la SPCA La Vallée craint que ce ne soit pas suffisant pour permettre à l’organisme de garder la tête hors de l’eau bien longtemps.

«Il y a un nombre limité de mois dans une année pour organiser des choses. C’est certain que l’on continue à chercher des bénévoles pour nous aider avec ça.»

«On va souhaiter que la fusion des communautés de la région nous aidera. On n’aura maintenant qu’à cogner à une seule porte.»

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