Des entrepreneurs et des groupes d’affaires redoutent l’impact des restrictions au cours des deux prochaines semaines, alors que la période après les Fêtes est déjà difficile pour bien des entreprises.

Les restrictions de la phase 3 sont un nouveau coup dur pour plusieurs entrepreneurs, mais ce confinement-ci, ainsi que la vague du variant Omicron, survient au pire moment de l’année.

Louis-Philippe Gauthier, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, explique que bien des entreprises profitent des Fêtes pour remplir leurs coffres afin de passer au travers des «mois maigres» de janvier et février.

Toutefois, la période des fêtes de cette année n’a pas été fructueuse pour bien d’entre eux, et ils n’ont pas pu amasser des fonds comme d’habitude, selon lui.

«On ne peut pas continuer à fermer des PME comme cela, ce n’est pas soutenable. Pour bien des entreprises, il n’aurait pas pu y avoir de pire moment dans l’année pour que ça arrive», dit le directeur des affaires provinciales du FCEI pour le N.-B.

Les restrictions annoncées jeudi fermeront les portes des gyms, des centres de divertissement tels que les cinémas, les spas et les salons de coiffure. Les restaurants pourront continuer à fournir des commandes à emporter et de la livraison.

Les commerces de détail pourront demeurer ouverts à 50% de leur capacité habituelle, avec des mesures de distanciation en place.

M. Gauthier affirme que les commerces qui demeurent ouverts font aussi face au variant Omicron, et à la possibilité que certains de leurs employés attrapent le virus.

«Les entreprises font déjà face à une réalité où des employés tombent malades et doivent s’isoler. Des employés qui sortent de la force ouvrière, ça va être un défi majeur. Avec l’impact des autres mesures du gouvernement, ça ne va vraiment pas être facile à la fin du mois de janvier.»

John Wishart, PDG de la Chambre de commerce du grand Moncton, affirme que bien des entrepreneurs sont exaspérés de la situation.

«C’est une nouvelle bien difficile à apprendre pour les entreprises qui doivent fermer, et je pense qu’il y a une frustration grandissante de ces entrepreneurs envers la façon dont ces décisions sont prises.»

Le gouvernement a fermé certains commerces, comme les gyms et les salons, en raison du risque de transmission du virus par contact étroit dans ces commerces. Le variant Omicron est beaucoup plus contagieux que les variants précédents.

Selon John Wishart, certains des entrepreneurs qui doivent fermer leurs portes prenaient toutefois beaucoup de précautions pour limiter la transmission.

«Ils voient que les centres d’achat et les magasins de grande surface continuent d’être ouverts, et ils se demandent comment ces décisions sont prises», dit-il.

Kevin Wood, propriétaire de Crossfit Moncton, est exaspéré, en effet. Si son centre de conditionnement physique tient le coup pour le moment, bien d’autres n’ont pas eu la même chance.

«Depuis mars 2020, il y a eu quatre gyms à Moncton qui ont fermé de façon permanente. Ils ne reviendront pas. Si on a des restrictions comme cela à chaque six mois, on va mourir à petit feu.»

Aide financière: un optimisme prudent

L’aide financière prolongée par le gouvernement du Nouveau-Brunswick est prometteuse, d’après Louis-Philippe Gauthier.

Il souligne qu’à première vue, la somme de 10 000$ par entreprise annoncée jeudi est la plus élevée des quatre provinces de l’Atlantique.

Il souligne toutefois que bien des entrepreneurs n’ont pas pu recevoir de l’aide financière lors des versions précédentes de ce programme. Le gouvernement a promis de le rendre plus facilement accessible, selon lui.

John Wishart a le même espoir.

«La dernière fois, il y a des entreprises qui ont simplement abandonné l’idée parce que l’ancien programme était trop complexe», dit le PDG de la CCGM.

Le fait que le gouvernement offre aussi de débourser 300$ pour des services comptables laisse présager que le processus d’application risque encore d’être quelque peu complexe, selon lui.

«Pour plusieurs programmes fédéraux, on n’a pas besoin d’analyse comptable. On a seulement besoin de prouver qu’on a perdu un montant X, et l’argent arrive. Je pense que ce genre de programme aurait été mieux.»

Chad Steeves, propriétaire de restaurants et de salles de spectacle à Moncton, affirme qu’il a pu recevoir de l’aide du gouvernement provincial lors de la version précédente de ce programme.

«Ça ne couvre pas beaucoup, ça coûte énormément d’argent pour gérer un restaurant», dit-il toutefois.

Le propriétaire du Tide and Boar affirme qu’il ne peut pas garder tous ses employés au travail s’il ne peut plus accueillir de gens dans son restaurant. Il estime que le gouvernement provincial devrait également venir en aide aux employés qui perdront leur emploi pendant cette période, et non seulement aux entreprises.

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