Les Néo-Brunswickois ont désormais accès à un nouvel outil pour anticiper les risques d’inondations provoquées par les tempêtes et les crues printanières.

La province a rendu publique une cartographie représentant l’étendue des zones inondées par des crues de récurrence de 20 ans et de 100 ans, exprimées par leur probabilité annuelle de dépassement.

Cet outil interactif ouvert à tous offre ainsi un aperçu de possibles désastres à venir. Sérieusement touchés par les inondations printanières en 2018, les alentours de Fredericton, Oromocto et Gagetown comme la plupart des localités situées dans la vallée inférieure de la rivière Saint-Jean sont particulièrement vulnérables.

Dans le cas d’une crue à récurrence de 100 ans, le rond-point de la route 15 à Moncton et plusieurs autres quartiers se retrouveront sous l’eau. De nombreuses zones résidentielles de Shediac, la majorité du territoire de Lamèque ou encore l’Isthme de Chignecto qui sépare le Nouveau-Brunswick de la Nouvelle-Écosse sont également menacés.

La projection d’une inondation à récurrence de 100 ans qui se produirait aujourd’hui dans la région de Lamèque. – GNB

Ces projections tiennent compte des effets des changements climatiques tels que la hausse du niveau des océans, explique Anne-Marie Laroche, professeure agrégée du Département de génie civil de l’Université de Moncton.

Depuis 2015, elle travaille à actualiser la cartographie des risques dans les terres intérieures du Nouveau-Brunswick. Il faut dire que certaines cartes dataient de 1973.

«Ce qu’on a voulu faire, c’est de fournir une méthodologie pour mettre à jour régulièrement, plutôt que 30 ou 40 ans, parce que le territoire change, on continue le développement et on se retrouve avec des situations dramatiques.»

Ces informations sont donc essentielles pour guider l’aménagement et les réglementations, note l’universitaire spécialisée dans la modélisation hydrologique. «Ces données peuvent bénéficier à tout le monde: un citoyen qui veut acheter une résidence peut se renseigner sur le risque de la zone, les municipalités qui mettent à jour leur plan d’aménagement, un développeur ou un constructeur peuvent aussi se servir de ces informations.»

Ces modèles sont notamment basés sur des relevés hydrographiques Lidar (détection et estimation de la distance par laser), financés par le Programme national d’atténuation des catastrophes de Sécurité publique Canada et le Fonds en fiducie pour l’environnement du Nouveau-Brunswick.

Mme Laroche mentionne que les événements climatiques extrêmes, des pluies abondantes aux ondes de tempête seront susceptibles de se produire plus souvent que prévu. Les inondations 2018 et 2019 ont frappé l’imaginaire, et accéléré la prise de conscience, ajoute-t-elle. L’heure est à l’adaptation collective.

«Je suis heureuse que ces informations soient rendues publiques, on n’échappera pas aux changements climatiques, notre province est bordée par l’océan et comporte de nombreuses rivières, souligne-t-elle. C’est aussi un outil de sensibilisation et d’éducation. C’est ce qui peut nous arriver. C’est le pire cas de figure, peut être pas ce qui va se produire. Voyez ce qui est arrivé en Colombie-Britannique cet automne… personne n’a une boule de cristal.»

La projection d’une inondation à récurrence de 100 ans qui se produirait aujourd’hui dans la région de Shediac. – GNB

Reste qu’à l’heure actuelle, il n’existe pas de réglementation provinciale unifiée pour délimiter ou encadrer la construction en zone inondable.

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