Après avoir digéré le plan de réforme de la gouvernance locale déposé en novembre par le ministre Daniel Allain et un arrêt des activités durant le temps des Fêtes, le travail a repris au cours des derniers jours dans les différentes administrations municipales à travers le Nouveau-Brunswick.

Chez plusieurs élus, l’heure est au questionnement à moins d’un an de la tenue d’élections municipales et de la constitution de gouvernements locaux et de districts ruraux nouvellement restructurés.

Un tour d’horizon mené par l’Acadie Nouvelle auprès de quelques municipalités permet de constater que les activités de celles-ci ne se dérouleront pas à un rythme d’enfer au cours des prochains mois.

«Il devait y avoir beaucoup réunions en 2022 portant sur des sujets comme l’eau et les égouts, des modifications à apporter à quelques règlements municipaux et certains grands projets, mais tout ça ne sert absolument plus à rien puisque toutes ces questions vont bientôt tomber entre les mains d’une seule ville», a raconté Charles Doucet, le maire de Nigadoo.

Ce village acadien, situé tout près de Bathurst, sera bientôt un quartier de la municipalité issue d’un regroupement avec les municipalités de Beresford, Petit-Rocher, Pointe-Verte et de quelques DSL.

«L’énergie n’est plus la même à la table du conseil et au sein des comités du village, c’est difficile de bouger pour réaliser de beaux projets pour les années à venir», a confié le maire Doucet.

Ce dernier dit également s’inquiéter un peu de la disparition de plusieurs postes de conseillers qui est à prévoir une fois que la nouvelle municipalité sera constituée.

Toujours selon lui, la présence de plusieurs syndicats avec différentes conventions collectives dans les communautés risque également de poser problème. Même chose pour les employés-cadres qui effectuent des tâches similaires.

Dans certaines municipalités, comme à Beresford, quelques comités formés d’élus et de citoyens qui s’affairent dans différents secteurs de la vie municipale et communautaire ont tout simplement cessé leurs activités, faute de mandats à réaliser.

«Il y a quand même du travail à faire et une municipalité à gérer, mais il faut s’ajuster et prendre des décisions prudentes en considérant le fait qu’il y aura bientôt fusion entre les municipalités», a pour sa part affirmé France Roussel, le maire de Drummond.

L’administration du village, qui se joindra aux communautés voisines de Grand-Sault et Saint-André, a ainsi renoncé à l’achat d’un camion à benne qui était prévu et qui représentait une importante dépense.

À l’instar de son homologue de Nigadoo, le maire Roussel est d’avis que le temps presse plus que jamais, alors que la réforme de la gouvernance locale prévoit que la constitution des nouveaux gouvernements locaux et des districts ruraux doit être chose faite le 1er janvier prochain.

«Il n’y a pas eu encore de rencontre dans notre région avec le facilitateur afin d’enclencher le processus de transition», a souligné le maire de Drummond.

À cet effet, le Livre blanc sur la réforme de la gouvernance locale précise que les facilitateurs de la transition travailleront avec les représentants des communautés qui composeront les nouveaux gouvernements locaux afin de déterminer leur type d’entité et leur nom légal d’ici le 1er juillet 2022.

À Saint-André, le maire de l’endroit a indiqué avoir reçu du gouvernement la directive d’éviter les projets d’importance et les grandes dépenses.

«Le conseil poursuit son travail afin de continuer à faire grandir la Communauté rurale de Saint-André, rien ne change ici», a affirmé Marcel Levesque.

«Les élus municipaux se posent actuellement beaucoup de questions… Une fois le travail des facilitateurs en place et que l’on pourra avoir une meilleure vision de leur mandat après les premières rencontres, ça permettra peut-être de répondre à certaines questions», a souligné Pascal Reboul, le directeur général de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB).

Ce dernier admet que certains projets municipaux sont actuellement sur la glace et que des municipalités refusent de s’engager financièrement dans ceux-ci ne sachant trop ce que deviendra leur communauté un an plus tard.

«C’est à la fois dommage et compréhensible. Ça risque d’être une année calme en ce sens et où ne verra pas beaucoup de grands projets», a ajouté le représentant de l’AFMNB.

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