Le récent retour en force de la COVID-19 et de son variant Omicron met une pression énorme sur les établissements de santé du Nouveau-Brunswick. Dans certains cas, c’est la qualité des soins qui en souffre.

C’est du moins ce que déplore Chantal Malenfant. Sa mère, qui est en fin de vie, a été admise aux soins palliatifs de l’Hôpital régional d’Edmundston le 20 décembre dernier.

Les récents changements en milieu hospitalier, à la suite de la hausse exponentielle de cas de COVID-19 et d’hospitalisations dans la province, a eu des effets néfastes sur l’état déjà précaire de Diane Malenfant, qui combat un cancer depuis plus de sept ans.

Chantal Malenfant, qui essaie de se rendre aussi souvent que possible au chevet de sa mère pour l’accompagner dans cette épreuve, a récemment appris qu’elle avait été retirée de l’unité de soins palliatifs pour être transportée dans un endroit qui est, selon elle, mal adapté à ses besoins..

«Je ne trouve pas qu’elle reçoit les soins qu’une personne à l’unité des soins palliatifs doit recevoir. Quand j’y suis allée, ils n’avaient pas l’équipement pour l’aider à aller à la salle de bain par exemple. On a oublié ses doses de morphine. Ils ne semblaient pas préparés pour ça du tout. Ça s’est fait très vite.»

Mme Malenfant dit avoir constaté des changements drastiques chez sa mère depuis ce déménagement.

«Depuis le 11 janvier au soir, le moment où ils l’ont changé de chambre, je pense qu’elle commence à s’en aller. Elle a arrêté de manger et dort plus. Tu vois vraiment un gros changement. J’ai l’impression que ça va la faire mourir plus vite. Ça commence à être “rough”», raconte-t-elle.

«Ce n’est pas facile de la voir mourir dans ces circonstances-là. Elle ne mérite pas ça. C’est une femme qui a toujours eu le sourire et qui a pris soin de tout le monde. Je ne trouve pas ça juste qu’elle doive mourir dans des conditions comme ça.»

De son côté, le Réseau de santé Vitalité reconnaît que la gestion des lits en temps de pandémie représente un défi important.

«Selon les plans de contingence en place, suite à l’augmentation du nombre de patients hospitalisés atteints de la COVID-19, il est parfois nécessaire de réaménager la configuration d’un certain nombre de lits, ce qui entraîne de devoir déplacer des patients au sein d’un hôpital», a répondu, par courriel, le conseiller régional en relations médiatiques chez Vitalité, Thomas Lizotte.

Cependant, en raison des lois de protection de la confidentialité et des renseignements personnels des patients, Vitalité ne commentera pas de cas particuliers comme celui de Diane Malenfant.

La PDG de Vitalité, Dre France Desrosiers, a toutefois laissé entendre, lors du point de presse sur la COVID-19 du 13 janvier, que les établissements du réseau sont sur le point de passer à la phase d’urgence, le deuxième de trois niveaux d’intervention.

«Ce que cela signifie est que l’on a déjà commencé à redéployer des employés d’un secteur à l’autre, d’un hôpital à un autre. On a commencé à faire entrer des travailleurs de façon précoce, soit cinq jours après un diagnostic de COVID-19, pour maintenir nos services essentiels.»

Il y a 53 personnes hospitalisées dans les hôpitaux du Réseau de santé Vitalité en date du 14 janvier, dont quatre aux soins intensifs. Plus de la moitié des hospitalisations se trouvent à Edmundston (30). Le taux d’occupation des lits dans l’hôpital se situe à 89%, alors que d’autres établissements du réseau affiche des taux de plus de 100%.

Pour le moment, 154 membres du personnel de Vitalité infectés par la COVID-19 sont en congé, sans compter les employés retirés du travail en raison de contacts étroits avec une personne atteinte du virus. On en dénombre 30 à Edmundston.

Par ailleurs, M. Lizotte a indiqué que le Réseau Vitalité encourage les patients et les familles qui ont des préoccupations ou des plaintes à formuler de communiquer directement avec un de leurs membres.

Mme Malenfant soutient toutefois qu’elle n’a toujours pas obtenu de réponses claires à ses questions.

«Je sais qu’ils ont des décisions difficiles à prendre, mais je ne trouve pas que c’est respectueux de déménager des mourants partout dans l’hôpital.»

La seule lueur positive est que la jeune femme est toujours en mesure d’aller voir sa mère pour le moment.

«On ne m’a pas dit que je ne pourrais pas y retourner, mais j’ai hâte de voir. Je m’attends à me faire revirer de bord un moment donné, mais j’espère que non.»

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