Alors que la province s’apprête à renouveler son plan d’action sur les changements climatiques, l’heure est venue de dresser un bilan. Et celui-ci n’est pas aussi désastreux qu’on aurait pu le penser.

Depuis jeudi, une série d’intervenants défilent devant le Comité permanent des changements climatiques et de l’intendance de l’environnement qui se penche sur le renouvellement du plan de transition du Nouveau-Brunswick de 2016. Jeff Hoyt, directeur général Secrétariat des changements climatiques du N.-B., a profité de son passage face au le comité multipartite pour vanter les progrès réalisés par la province.

En faisant passer ses émissions de gaz à effet de serre de 22 mégatonnes d’équivalent CO2 en 2005 à 12,4 mégatonnes en 2019 (-38%), le Nouveau-Brunswick est en tête sur le plan national.

«Nous avons beaucoup de travail à faire, mais il est bon de reconnaître nos succès», s’est félicité Jeff Hoyt.

Cette diminution s’explique d’abord par une baisse de la production d’électricité à partir de charbon et de pétrole, ainsi que la fermeture d’usines alimentées au charbon à Grand Lake et à Dalhousie.

Malgré cela, les émissions de CO2 par habitant de la province (15,96 tonnes per capita) demeurent plus élevées que dans presque tout le monde développé: elle sont par exemple bien supérieures à celles de la Chine (7,72), de la France (5,1) ou de l’Inde (1,83).

En faire beaucoup plus

Pas de quoi faire sauter au plafond le chef du Parti vert, David Coon, qui appelle l’équipe au pouvoir à en faire beaucoup plus.

«La science nous dit qu’au cours de cette décennie, nous devons opérer la plus profonde des transformations de nos logements, de nos transports et de nos approvisionnements en énergie que le monde n’ait jamais connues», insiste-t-il.

Il y aura fort à faire pour atteindre l’objectif de la neutralité carbone en 2050 fixé par le gouvernement fédéral.

L’industrie constitue encore 31% des émissions, juste devant les transports (29%). À ce sujet, Jeff Hoyt note que la taxe carbone, qui continuera d’augmenter pour atteindre 170$ la tonne en 2030, et l’obligation de vendre des voitures et des camions légers à passagers zéro émission à partir de 2035 contribueront à la transformation des pratiques.

«D’ici là, le fait que nous soyons une province rurale continue de présenter des défis considérables», reconnait le fonctionnaire.

La production d’électricité représente quant à elle 22% des émissions. Dans ce secteur, le développement de réacteurs nucléaires modulaires, le remplacement de la centrale à charbon de Belledune avant 2030 ou le projet de la Boucle atlantique qui permettrait à l’Est canadien de recevoir les surplus hydroélectriques du Québec et du Labrador seront déterminants.

Le gouvernement Higgs indique que 89 des 118 mesures figurant dans son plan de transition seront réalisées d’ici l’échéance, en mars 2022.

Parmi les réalisations, Jeff Hoyt cite l’élimination progressive du charbon d’ici 2030, la création d’une infrastructure de recharge pour les véhicules et le lancement d’un programme d’incitatifs, les projets de capture de gaz d’enfouissement menés par six centres de tri, les projets d’adaptation aux changements climatiques élaborés par la moitié des municipalités ou la mise en place d’un système de tarification pour les grands émetteurs.

Par la suite, Sabine Dietz, directrice de CLIMAtlantic Inc., a pressé les décideurs de consacrer davantage de financement aux mesures d’adaptation aux événements climatiques extrêmes.

«L’adaptation n’est pas aussi sexy que les voitures électriques, pas aussi sexy que les panneaux solaires, a-t-elle exprimé. Il n’y a pas de victoire claire, où nous pouvons dire que nous avons réduit les émissions de tant de tonnes. C’est donc une chose difficile à mesurer mais nous savons que l’impact peut être grave.»

De son côté, Marion Tétégan Simon, directrice de la recherche à l’Institut Valors, a souligné le besoin d’accompagnement financier des districts de services locaux dans des projets d’adaptation dans les DSL, de sensibilisation de la jeunesse à l’environnement et d’une réglementation encadrant davantage le développement dans les zones à risque.

Cette prochaine, regroupements d’entreprises, représentants d’agriculteurs, groupes environnementaux ou des employés d’Énergie Nouveau-Brunswick se succéderont devant les députés.

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