Le mouvement d'opposition aux mesures sanitaires serait-il moins grand si les gouvernements étaient plus transparents face à leurs prises de décisions? - Archives
Taxer les non vaccinés serait mal avisé, selon la société médicale
Le docteur Mark MacMillan, président de la Société médicale du N.-B., appuie l’idée d’imposer davantage de restrictions aux personnes qui n’ont pas encore été vaccinées contre la COVID-19, mais estime qu’une «taxe» comme celle que prévoit le Québec serait mal avisée.
Le gouvernement provincial songe à mettre en place davantage de restrictions pour rendre la vie de plus en plus difficile pour les personnes qui peuvent être vaccinées sur le plan médical, mais qui choisissent de ne pas l’être.
Le premier ministre Blaine Higgs a affirmé la semaine dernière que toutes les restrictions possibles devaient être évaluées, y compris la «contribution santé» annoncée au Québec, qui a l’intention de facturer les personnes non-vaccinées pour les coûts encourus par le système de santé s’ils sont hospitalisés.
M. Higgs a toutefois laissé entendre que ce genre de «taxe» contre les non vaccinés pourrait poser des problèmes et mener à des dérapages.
Le Dr Mark MacMillan, président de la Société médicale du N.-B., explique que ce genre de mesure serait probablement difficile à digérer pour une bonne partie de la population.
«Je dirais que je ne crois pas qu’une taxe-santé comme au Québec serait une bonne option, ou une option appétissante. Le système de santé universel est extrêmement important au pays, c’est enchâssé dans la Loi canadienne sur la santé, et je pense qu’une taxe ne serait probablement pas la bonne voie à prendre», dit-il.
Le docteur MacMillan affirme toutefois que d’autres mesures, telles que l’accès restreint à davantage de commerces et de services, semble avoir porté fruit au Québec.
«On a vu une augmentation des rendez-vous pour des premières doses quand le Québec a décidé de restreindre davantage de choses dans cette province, que ce soit les ventes d’alcool ou de cannabis», dit le docteur.
Depuis début janvier, il est nécessaire d’avoir un passeport vaccinal pour avoir accès aux succursales de la Société des alcools du Québec et de la Société québécoise du cannabis.
Dr Mark MacMillan ne précise toutefois pas quel genre de restrictions seraient préférables pour la société médicale, et s’en remet à la décision du gouvernement provincial.
La semaine dernière, le chef de l’opposition libérale, Roger Melanson, a affirmé qu’il appuyait l’idée de restreindre l’accès des personnes non-vaccinées à davantage de services.
«Je pense qu’il doit y avoir des mandats de vaccination et des preuves de vaccination dans des services non-essentiels comme Alcool NB, Cannabis NB et Service NB à la limite.»
David Coon, chef du Parti vert, s’est opposé à l’idée de facturer les non-vaccinés. Il croit que le gouvernement devrait augmenter le taux de vaccination par d’autres moyens.
«Ça doit être une priorité du gouvernement d’augmenter le taux de vaccination des enfants, et ce serait important d’avoir des cliniques de vaccination dans les écoles, et aussi d’augmenter les doses de rappel.»
Mardi, à peine un enfant âgé de moins de 12 ans sur deux (52,2%) avait reçu une première dose de vaccin. Un Néo-Brunswickois sur trois (32,7%) avait de son côté reçu une dose de rappel.
La Dre Jennifer Russell, médecin-hygiéniste en chef, a affirmé mardi soir qu’une équipe de la Santé publique s’affaire à trouver le moyen d’augmenter la proportion de personnes vaccinées dans tous les groupes d’âge.
Cette équipe se penche également sur de possibles restrictions visant les personnes non-vaccinées, mais la Dre Russell a dit n’avoir aucun détail sur les recommandations que ce groupe a l’intention de formuler au gouvernement à ce sujet.


