«On veut travailler!» Le message était clair de la part des coiffeuses, esthéticiennes et autres travailleurs autonomes du Madawaska qui ont manifesté, dimanche, afin de revendiquer leur droit d’ouvrir leur commerce de nouveau.

Une quarantaine de personnes ont pris part à cette manifestation qui a eu lieu à Edmundston le 23 janvier.

Selon Lisa Cyr, coiffeuse et organisatrice de l’événement, l’objectif d’une telle prise de position est d’assurer, dans les plus brefs délais, le retour de plusieurs travailleurs et travailleuses de commerces jugés comme étant non-essentiels par le gouvernement du Nouveau-Brunswick. Mais c’est aussi de convaincre le gouvernement Higgs de ne plus fermer leurs entreprises à l’avenir même si la province se trouve en phase 3 du plan COVID-19.

«On veut que le gouvernement nous traite de façon égale. C’est sûr que ce serait le “fun” de retourner travailler la semaine prochaine, mais on veut surtout recommencer et ne plus devoir arrêter. C’est assez!»

Selon Mme Cyr, la réouverture des salons de coiffure, d’esthétique, et même d’autres commerces comme les centres de conditionnement physique, les restaurants et les salles de cinéma, ne contribuent pas plus à la propagation de la COVID-19 qu’une autre entreprise.

De son côté, Lucie Rossignol, esthéticienne, est tout simplement épuisée du manque d’équité du gouvernement à l’endroit des travailleuses de son milieu.

«On suit les normes de la Santé publique. On a fait tout ce qu’ils nous ont demandé et on est encore pris pour fermer quand même.»

«On va avoir un gros travail de rattrapage à faire au retour. Je ne sais pas si c’est plus sécuritaire de voir une centaine de personnes dans une semaine pour rattraper le temps perdu que de juste avoir continué à travailler comme d’habitude.»

Le gouvernement a annoncé, la semaine dernière, qu’il accorderait une aide financière de 2000$ aux travailleurs autonomes qui ont été affectés par les fermetures. Cependant, certains critères, comme l’obligation d’avoir récolté un revenu brut de plus de 30 000$, en ont écarté plusieurs de cette forme de compensation.

Une aide pouvant aller jusqu’à 10 000$ a aussi été accordée aux entreprises qui ont de 2 à 99 employés et qui ont perdu des revenus. Encore là, elle ne s’applique pas à tout le monde.

Gaye Cail, la présidente de l’Association de cosmétologie du Nouveau-Brunswick, a mentionné, la semaine dernière, que cette aide est un pas dans la bonne direction, mais elle ne venait pas directement en aide aux travailleurs qui en avaient le plus besoin.

Pour Lisa Cyr, le retour au travail est une question de survie.

«Même avec l’aide du fédéral qui est de 200 quelques dollars, on n’aura pas ça tout de suite, alors qu’est-ce qu’on aura fait dans nos deux semaines? Est-ce que ça va se poursuivre? On ne peut plus se permettre ça.»

Au Nord-Ouest, le poids des fermetures se fait d’ailleurs encore plus lourd. Il s’agit de la quatrième fois que les entreprises du coin doivent fermer boutique pour une certaine période de temps.

«On comprend que la COVID-19, c’est dangereux, mais rendu à ce point-ci, ce n’est pas la COVID-19 qui va nous emmener, mais la peur de tout perdre nos affaires», a ajouté Lisa Cyr.

Notons qu’une manifestation du genre a aussi eu lieu à Moncton la semaine dernière.

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