Craignant pour leur santé, des étudiants demandent à la direction de l’Université de Moncton de leur permettre de terminer leur semestre en mode virtuel.

L’Université de Moncton a annoncé cette semaine le retour en présentiel à compter du lundi 7 février. Cette décision est toutefois loin de faire l’unanimité.

Plusieurs étudiants estiment en effet que l’université est trop prompte à rouvrir ses classes alors que la pandémie est encore virulente dans plusieurs parties de la province.

«Le nombre de cas et de décès augmente de jour en jour au Nouveau-Brunswick. Il y aura des étudiantes ou étudiants qui peuvent être malades et ne vont rien signaler à la Santé publique ou au service de santé de l’université. On sera plus exposé à la maladie en retournant en classe. De ce fait, nous voulons continuer en ligne pour le bien de notre santé physique et morale», peut-on lire dans la note explicative de la pétition.

Les étudiants qui adhèrent à cette philosophie disent avoir commencé la session d’hiver en ligne et s’y être habitués. Annabelle Leclair est l’une d’elles.

Étudiante en Éducation primaire, elle préférerait de loin poursuivre ses études à distance le temps que la pandémie se résorbe, ou à tout le moins se calme. Survivante d’un cancer, elle dit craindre pour sa santé si elle doit remettre les pieds en classe.

Selon elle, beaucoup d’étudiants ne suivent pas les règles de la Santé publique. Ils ne portent pas leur masque convenablement, ne se lavent pas les mains ou ne respectent pas la distanciation sociale. Dans les classes, c’est bondé.

«On a commencé le semestre en ligne parce que la Santé publique jugeait cela plus sécuritaire. On s’apprête maintenant à revenir en phase 2 et tout à coup, tout est beau, on nous remet en présentiel. Mais qu’est-ce qui a changé de janvier à février? Rien», exprime-t-elle, avouant ne pas comprendre la logique derrière cette décision.

Pour l’étudiante, l’apprentissage en ligne fonctionne plutôt bien.

«On est tous habitués maintenant, ce n’est plus nouveau. Il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas continuer ainsi jusqu’à ce que ça se calme. On apprend parfaitement bien ainsi», dit-elle.

Annabelle n’est toutefois pas contre le retour en présentiel pour ceux qui le désirent. Cela dit, elle aimerait que l’option de l’apprentissage virtuel soit mise à la disposition des étudiants qui préfèrent ne pas courir de risque en période de pandémie.

Vendredi soir, la pétition lancée jeudi avait déjà récolté plus de 1200 signatures.

FÉÉCUM

À la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton, on dit être conscient qu’une grande partie de la population étudiante vit un malaise avec le retour en présentiel et qu’une pétition court à ce sujet.

«Nous avons effectué un sondage auprès de nos membres la semaine dernière et il démontre clairement une forte division sur la question au sein de la masse étudiante. Précisément, 62% des répondants disent préférer que l’apprentissage se poursuive en ligne», souligne Mathilde Thériault, présidente de la FÉÉCUM.

À la lumière de cette division, celle-ci n’est donc pas surprise outre mesure de voir surgir une pétition.

«Ça démontre qu’à la source, il y a encore beaucoup de craintes ressenties par nos étudiants et on est attentif à ces inquiétudes. Notre souci c’est d’abord et avant tout leur sécurité», ajoute Mme Thériault, précisant par contre que son organisation n’a pas pris position dans le dossier.

La FÉECUM n’est donc ni en faveur ni contre le retour en présentiel. L’organisme s’est plutôt limité à relayer les craintes des étudiants à la direction de l’université.

«On est sensible aux arguments des deux-points de vue. On essaye de parvenir à des solutions idéales qui pourraient rassurer tout le monde», ajoute Mme Thériault.

L’UdeM rassure

De son côté, la direction de l’UdeM se fait rassurante. On souligne notamment que la décision du retour en présentiel a été prise en tenant compte des décisions du gouvernement provincial, des avis reçus sur la santé mentale de la population et de l’importance de briser l’isolement.

«Nous comprenons l’anxiété que peuvent ressentir certaines personnes face au retour en classe, mais nous avons confiance dans nos mesures en place. Nous faisons également des rappels auprès de l’ensemble de la communauté universitaire pour renforcer le respect des mesures sanitaires», écrit Denis Prud’homme, recteur et vice-chancelier de l’UdeM.

Il note que des mesures sanitaires sont en place partout sur les campus, tels que le port du masque dans les espaces communs, la distanciation, la réduction de la capacité des locaux de 50%, ainsi que l’installation de station de lavage de mains. Les étudiantes et étudiants auront des places assignées dans leurs cours et devront occuper la même place à chaque séance afin de réduire le risque de transmission.

Selon la direction, près de 97% des étudiants et du personnel de l’UdeM ont reçu au moins deux doses de vaccin.

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