Un projet de loi permettrait à des entrepreneurs disposant de permis de vendre du cannabis au N.-B. afin de faire compétition au marché noir. L’opposition se demande toutefois ce que le gouvernement compte faire au sujet des commerces de cannabis des Premières Nations.

Les magasins de cannabis en territoire autochtone représentent une zone grise de la loi, et le gouvernement risque de se mettre les pieds dans les plats s’il ne consulte pas les communautés concernées, d’après le député libéral de Moncton-Centre, Rob McKee.

Selon le ministre des Finances, Ernie Steeves, il existe 113 magasins illégaux de cannabis au Nouveau-Brunswick, dont environ la moitié se trouvent dans des communautés autochtones.

Une fois adopté, le projet de loi du ministre sur la vente au détail de cannabis permettrait à des entrepreneurs de gérer des petits magasins de pot moyennant l’obtention d’un permis.

Toutefois, la province ne prévoit accorder qu’une douzaine de permis au départ pour créer de mini-succursales de Cannabis NB dans des régions rurales.

«C’est quelque chose qui devrait être réglé avec une consultation avec les peuples autochtones pour éviter de voir la question devant les tribunaux», estime Rob McKee.

Lors d’une réunion du Comité permanent sur la politique économique, le député libéral a tout de même voté en faveur d’une motion pour renvoyer le projet de loi à l’Assemblée, pour qu’il soit éventuellement adopté.

«En général, je suis plus ou moins en accord avec le projet de loi. Je pense que c’est une bonne nouvelle d’élargir la vente de cannabis de façon réglementée pour réduire le marché noir et avoir un marché plus accessible», affirme-t-il.

Le chef de la People’s Alliance, Kris Austin, a également interrogé le ministre au sujet de l’impact du projet de loi sur les communautés autochtones.

Lorsque les députés ont demandé au ministre ce qui arriverait aux magasins situés sur des territoires autochtones une fois le projet de loi adopté, le ministre n’a pas fourni de réponse claire.

«Nous sommes ouverts à discuter de ces opportunités avec les communautés des Premières Nations, c’est sûr. Celles qui sont intéressées à vendre des produits réglementés de cannabis, nous examinerions cela le moment venu», a dit le ministre lors d’une réunion du comité.

Ernie Steeves a affirmé que le projet de loi a pour objectif de fournir du cannabis réglementé à des prix compétitifs dans un plus grand nombre de localités.

Kris Austin a rétorqué qu’il ne comprenait pas comment une douzaine de magasins en région rurale permettrait de réduire les activités d’une cinquantaine de commerces illégaux de cannabis situés en territoire autochtone.

Tout cela manque également de clarté pour le député libéral.

«C’était pas clair. On avait demandé si (ces commerces) étaient de la juridiction de la province sur les réserves, et il a dit que oui. Selon lui ces commerces sont illégaux, mais ils ne font rien pour appliquer la loi», dit Rob McKee.

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