À quelques semaines du dépôt du budget, une quarantaine d’organisations joignent leur voix pour réclamer la bonification des prestations d’aide du gouvernement provincial.

Février est le mois des consultations budgétaires. Le Front commun pour la justice souhaite profiter de cette période pour obtenir des avancées en faveur des plus démunis. Il demande au gouvernement Higgs de revoir à la hausse les taux de base de l’aide à l’occasion du budget qui sera présenté en mars à Fredericton.

Sa proposition: augmenter les prestations de 100$ par mois jusqu’à ce que le revenu annuel total atteigne le seuil de pauvreté. Coût estimé de la mesure: 21,8 millions $ pour l’année 2022-2023.

Le Front commun a fait parvenir au ministre du Développement social, Bruce Fitch, une lettre ouverte appuyant sa demande. Celle-ci a été signée par une quarantaine d’organisations, dont l’Association des travailleuses et des travailleurs sociaux du N.-B., l’Association francophone des ainées et ainés du N.-B., le Syndicat des infirmières et infirmiers du N.-B., la Société de l’Acadie du N.-B. ou encore l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du N.-B..

Avec un peu moins de 571$ par mois dans le cas d’une personne employable et célibataire, plusieurs bénéficiaires de l’aide sociale ne peuvent se sortir la tête de l’eau, plaide Robert Mackay, coprésident du Front Commun pour la justice sociale.

«Tout le monde mérite d’avoir assez pour s’en sortir, et l’augmentation des taux est une mesure importante que notre province peut prendre pour améliorer la qualité de vie de milliers de personnes, et sera un pas vers l’élimination de la pauvreté.»

Entre 2014 et 2021, les prestations n’ont pas suivi l’inflation, rappelle M. Mackay. Selon les catégories, la perte de pouvoir d’achat varie entre 966,07$ et 1,790,05$ sur cette période de 7 ans.

Plusieurs progrès sont toutefois à noter. Depuis avril 2021, tous les taux d’aide sociale sont indexés annuellement au taux d’inflation, c’est à dire que l’argent reçu augmente chaque année en fonction de l’indice des prix à la consommation.

Autre signe encourageant, le nombre de bénéficiaires n’a jamais été aussi bas au cours des 20 dernières années. En janvier 2022, 28 264 Néo-Brunswickois bénéficiaient de l’aide sociale. Ils étaient environ 34 000 au début de l’année 2020 et plus de 36 000 au début de 2018.

Depuis le 1er octobre 2021, le gouvernement provincial permet aux prestataires de l’aide sociale qui travaillent de garder 500$ de leurs prestations, plus 50 cents pour chaque dollar supplémentaire gagné par la suite. Auparavant, un travailleur ne pouvait conserver que 150$ par mois et 30 cents pour chaque dollar gagné, ou 200$ par mois pour les ménages de deux personnes ou plus.

Les prestations d’aide sociale sont désormais plus réduites pour les personnes qui reçoivent également des pensions alimentaires pour enfants, des montants compensatoires liés à des blessures corporelles, ou de l’aide pour payer leur loyer en vertu de l’Allocation Canada-Nouveau-Brunswick pour le logement.

Le gouvernement a également éliminé des mesures qui réduisaient les prestations d’aide sociale des personnes qui vivent avec leurs parents ou qui consacrent moins de 25% de leur paiement mensuel d’aide sociale à leur logement.

En 2019, 70 000 personnes au Nouveau-Brunswick vivaient dans la pauvreté en 2019 selon la mesure du panier de consommation, devenu le seuil officiel de la pauvreté au Canada en 2018.

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