Alors que de nouvelles données semblent confirmer la nécessité pour les adultes de recevoir une dose de rappel afin d’être adéquatement protégé contre la COVID-19, des chiffres de la Santé publique laissent croire que les Néo-Brunswickois sont moins emballés à l’idée de se retrousser les manches une troisième fois.

Si la réponse à la campagne de vaccination avait été plutôt bonne jusqu’à présent, le tableau de bord de la COVID-19 au Nouveau-Brunswick semble aujourd’hui indiquer que les Néo-Brunswickois sont moins enclins à recevoir la dose de rappel.

Jusqu’à présent, l’administration de la troisième dose a été moins importante que les deux premières, et ce dans toutes les catégories d’âge.

Par exemple, la proportion de Néo-Brunswickois âgés de plus de 70 ans ayant obtenu leur deuxième dose de vaccin oscille entre 99% et 100%. Pour ce qui est de la dose de rappel, les taux se situent entre 82% et 89%.

Comme pour les deux premières doses de vaccins, c’est chez les plus jeunes où il semble y avoir le plus d’hésitation pour la vaccination.

Il n’y a que 8% des Néo-Brunswickois âgés de 12 à 19 ans qui ont reçu une troisième dose de vaccin.

Chez les personnes âgées de 20 ans à 29 ans, on parle d’une proportion de 24,8%. Pour les 30 ans à 39 ans, on atteint un niveau de 32,2%, alors qu’il est de 43% chez les 40 à 49 ans. Chez les 50 ans à 59 ans, les 60 ans à 64 ans et les 65 ans à 69 ans, on atteint une proportion de 57,1%, 69% et 77,7%.

Mardi, c’était 46,6% des citoyens éligibles à la vaccination qui avaient reçu leur dose de rappel. La proportion des Néo-Brunswickois ayant reçu leur première et deuxième dose de vaccin s’élève pourtant à 92,4% et 85,5%, respectivement.

Le ministère de la Santé croit toutefois que l’administration de la troisième dose va en s’accélérant depuis le 10 janvier, date à laquelle elle a été offerte à tous les Néo-Brunswickois de plus de 18 ans chez qui il s’est écoulé plus de cinq mois depuis l’obtention de leur deuxième injection.

«Plusieurs personnes seront admissibles au cours des prochaines semaines», a indiqué un porte-parole du ministère dans un courriel.

Une situation inquiétante

Ces chiffres, qui sont semblables à ceux observés dans d’autres provinces canadiennes, inquiètent toutefois Dawn Bowdish, professeur d’immunologie au département de médecine de l’Université McMaster, en Ontario.

«Je suis très inquiète par la vitesse à laquelle les gens reçoivent leur troisième dose, dit Mme Bowdish. Une dose d’un vaccin c’est suffisant pour stimuler nos défenses immunitaires, mais ça offre une protection de courte durée. Notre système immunitaire a parfois tendance à oublier certaines choses puisqu’il entre quotidiennement en contact avec des agents pathogènes dans l’air ou dans la nourriture.»

L’obtention d’une deuxième dose améliore quelque peu les choses, notamment en augmentant la production d’anticorps, ajoute-t-elle.

«Trois, c’est souvent le chiffre magique. C’est la troisième dose qui consolide la mémoire immunitaire et augmente considérablement la production d’anticorps.»

Des travaux récemment menés par la professeure Bowdish et ses collègues montrent d’ailleurs que chez des résidents d’établissements de soins de longue durée en Ontario, la protection offerte par la deuxième dose de vaccin avait diminué de manière considérable dans les 4 à 6 mois suivants l’injection. L’étude, qui n’a pas encore été révisée par des pairs, indique néanmoins que la présence d’anticorps contre le virus augmente rapidement à la suite d’une troisième dose.

«Sans doute que les citoyens dans les foyers de soins et les personnes immunodéprimées auront besoin d’une dose de rappel annuelle, voire deux, parce que leur système immunitaire fonctionne beaucoup moins bien que celui de population générale», analyse Mme Bowdish.

D’autres travaux menés Jeff Kwong, un épidémiologiste de l’Université de Toronto, indiquent quant à eux que l’efficacité vaccinale contre les complications graves dues à Omicron est restée très élevée au sein de la population générale en Ontario.

Selon des données couvrant la période du 6 décembre au 26 décembre, l’efficacité vaccinale contre les complications graves causées par Omicron était de 82% à 86% après la deuxième dose alors qu’elle était de 95% avec une troisième dose.

L’étude de M. Kwong a aussi montré que l’efficacité vaccinale après deux doses contre une infection symptomatique causée par Omicron est beaucoup plus faible que celle causée par Delta. L’efficacité vaccinale contre une infection par Omicron augmente toutefois à 61% à la suite d’une dose de rappel.

D’après Mme Bowdish, ces nouvelles données devraient faire réfléchir ceux qui hésitent encore à se faire vacciner.

«Lorsque l’on dit qu’il va falloir apprendre à vivre avec la COVID, plusieurs pensent, à tort, que la vie redeviendra comme elle l’était avant la pandémie. Vivre avec la COVID-19 implique de changer notre mode de vie et prendre certaines précautions, comme la vaccination, qui pourrait par exemple devenir annuelle. Je crois que ça pourrait être ainsi pendant des décennies, prédit-elle. Nous avons beaucoup de personnes vulnérables dans notre société et ça me paraît très injuste que ces gens, qui sont immunodéprimés sans que ce soit de leur faute, vont devoir faire beaucoup plus de sacrifices que le reste de la société si certains décident de ne pas se faire vacciner.»

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