Avec la vague d’Omicron qui a déferlé sur le Canada et fait exploser le nombre de cas de COVID-19, les personnes non vaccinées ayant été infectées par le virus bénéficient-elles aujourd’hui d’une immunité «naturelle» suffisante afin d’être protégées par les formes les plus sévères de la maladie? Pas vraiment, répondent de nombreux experts. L’immunisation demeure le meilleur moyen de se protéger contre les séquelles que peut causer le virus.

En raison de sa forte contagiosité, le variant Omicron a fait déferler une cinquième vague de COVID-19 d’un océan à l’autre au Canada.

Le Nouveau-Brunswick a lui aussi connu un nombre d’hospitalisations et d’infections sans précédent sur son territoire.

Alors que la province rapporte avoir décelé plus de 55 000 cas de COVID-19 depuis le début de la pandémie, est-il raisonnable de penser que les Néo-Brunswickois non vaccinés – ils seraient environ 56 000 d’après la Santé publique – ayant contracté le virus sont maintenant protégés contre le virus?

Pas vraiment, d’après plusieurs experts consultés par l’Acadie Nouvelle.

La dernière vague de la pandémie, reconnaît Benoît Barbeau, professeur au Département des sciences biologiques à l’Université du Québec à Montréal, a infecté de nombreux Canadiens, vaccinés ou non. Dans un cas comme dans l’autre, ces infections déclenchent une réponse immunitaire et mènent à la production d’anticorps, leur donnant une certaine protection contre le variant Omicron.

«Les vaccins sont à l’image du virus d’origine, dit M. Barbeau. Face à Omicron, les vaccins étaient un peu moins efficaces, mais il reste que les personnes immunisées étaient mieux protégées contre les formes les plus graves de la COVID-19», explique le virologue.

En d’autres mots, si les personnes non vaccinées qui ont été infectées par Omicron peuvent aujourd’hui avoir une protection «naturelle» contre la COVID-19, face à une personne avec trois doses de vaccin qui a aussi été infectée par Omicron, il s’agit d’une protection négligeable. De plus, une seule exposition au virus n’offre pas une protection adéquate.

Dawn Bowdish, professeure d’immunologie au Département de médecine de l’Université McMaster, en Ontario, note par exemple que la réponse immunitaire induite à la suite de la vaccination est plus forte et offre, par conséquent, une meilleure protection.

«Malheureusement, le variant Omicron n’induit pas une réponse immunitaire très forte et elle n’est pas durable dans le temps, dit-elle. C’était aussi le cas pour les variants précédents. Avoir été infecté par l’un d’eux n’offre pas une protection optimale contre Omicron et il semble clair qu’il est possible de le contracter plus d’une fois.»

«Une personne qui a eu la COVID-19 bénéficie d’une certaine protection contre le virus, mais on ne sait pas quelle est la durée de cette immunité, et il est possible d’être ré-infecté. La Santé publique recommande quand même aux personnes ayant eu la COVID-19 de se faire vacciner», renchérit la médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Jennifer Russell.

Des données récemment publiées par le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC) confirment d’ailleurs le phénomène. Au 30 novembre 2021, 4,7% des Canadiens possédaient encore des anticorps détectables découlant d’une infection antérieure à la COVID-19 alors que ce taux était de 7,8% le mois précédent.

Notre corps finit par «oublier» ce à quoi ressemble le virus et devient, au fil du temps, de moins en moins capable de le combattre.

«Le déclin naturel des anticorps réduit l’immunité contre l’infection, ce qui renforce l’importance de la vaccination», peut-on lire dans l’analyse du GTIC.

«Même si les non-vaccinées peuvent avoir une protection après une infection, ça ne veut pas pour autant dire que c’était une bonne stratégie, il a été démontré que les personnes vaccinées ont moins de risques de souffrir des séquelles découlant de la COVID-19», ajoute Benoît Barbeau.

Mme Bowdish ajoute qu’un jeune en santé sans vaccins pourrait, à la suite d’infections à répétition tout au long de sa vie, avoir une immunité suffisante une fois vieux. Il s’agit toutefois d’un pari risqué.

«Ils prennent un risque énorme, dit Mme Bowdish. Les jeunes en santé sont les plus susceptibles d’avoir la COVID longue. On s’attend donc que les non-vaccinés vont coûter plus cher au système de santé et qu’ils devront plus souvent consulter des médecins et recevoir les soins de spécialistes afin de traiter les conséquences négatives de leur infection.»

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