CyberNB ferme par manque de fonds. Ses employés et son conseil d’administration ont découvert que l’organisme sans but lucratif était incapable d’assumer ses obligations financières après le départ précipité de son ancien directeur, Tyson Johnson, en décembre.

«Officiellement, nous ne sommes pas en faillite, indique le directeur actuel de CyberNB, Jeremy Depow. Cependant, nous ne sommes plus en activité depuis le 18 février. Nos employés cherchent un nouveau travail.»

Ces 13 salariés ont vécu une fin de mandat difficile. Ils ont appris la fin de CyberNB soudainement lors de discussions internes et ont travaillé quelques jours sans salaire.

M. Depow regrette que l’agence gouvernementale Opportunités Nouveau-Brunswick (ONB) ait refusé d’accorder la dernière partie des subventions qu’elle avait prévu accorder à l’organisme. Ce 200 000$ aurait permis un traitement juste de son équipe, selon lui.

Le directeur pense toutefois qu’ONB a voulu éviter de dépenser l’argent du contribuable dans une association en mauvaise posture.

L’agence gouvernementale a fondé CyberNB en 2016, sous un gouvernement libéral, avant de rendre l’organisme autonome en 2019, sous le gouvernement de Blaine Higgs. Elle a versé 1,3 million $ à CyberNB au cours des deux dernières années pour l’aider à s’affranchir du gouvernement.

Dépendance aux subventions

«L’entente signée par ONB indique clairement que la viabilité financière de l’organisation doit être prise en considération avant le déboursement de fonds, indique la relationniste de l’agence gouvernementale, Abigail McCarthy. L’organisation n’a pas atteint les étapes clés de son cheminement vers l’autosuffisance.»

L’agence gouvernementale semble toutefois avoir mis longtemps à s’apercevoir des dysfonctionnements de CyberNB. Son ancien directeur, Tyson Johnson, est resté silencieux aux demandes d’entrevue du journal, lundi.

Questions sur l’avenir

Le porte-parole libéral en matière de Finances, Rob McKee, pense que l’association disparaît à cause de la rigueur budgétaire du gouvernement de Blaine Higgs.

«Il est déplorable que CyberNB ferme ses portes après seulement quelques années et ce, en raison du refus du gouvernement Higgs d’investir dans le développement économique, a déclaré l’élu. L’industrie cybernétique est en pleine croissance à l’échelle mondiale et le Nouveau-Brunswick avait l’occasion d’être à l’avant-garde.»

«C’est une tournure d’événement malheureuse, mais j’ai confiance dans le fait que le pôle de compétitivité créé par CyberNB continuera à exister et à avoir du succès», avance M. Depow.

Mme McCarthy fait d’ailleurs valoir l’annonce récente du consortium national de cybersécurité cofondé par l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB), qui reçoit près de 80 millions $ en financement fédéral.

«L’écosystème de la cybersécurité a connu une croissance exponentielle au Nouveau-Brunswick et continue de prospérer, affirme la relationniste d’ONB. CyberNB a joué un rôle prépondérant dans les premiers jours de l’établissement de cet écosystème dans la province.»

Pôle de compétitivité

Le gouvernement de Brian Gallant a créé CyberNB pour assumer le rôle de chef de file en sécurité informatique.

En juillet, l’ancien directeur de l’organisme a estimé l’objectif atteint. M. Johnson a précisé que son association a participé à la création de plus de 500 postes au Nouveau-Brunswick en attirant des entreprises avec ONB.

CyberNB a aussi mis en lien une quarantaine d’entreprises, d’universités et de collèges, dont une vingtaine se trouvent dans la province.

En décembre, M. Johnson a également célébré le déménagement de son équipe dans des bureaux de 12 000 pieds carrés, à l’intérieur d’un complexe flambant neuf à Fredericton, le Cyber Centre. Ce bâtiment de 142 000 pieds carrés et de 37 millions $ est destiné aux employés d’entreprises du secteur numérique.

M. Johnson a décrit cette infrastructure sécurisée, propriété de l’agence de développement économique Ignite Fredericton, comme un élément clé pour le pôle de compétitivité qu’a créé CyberNB, selon le média en ligne Huddle.

Les investisseurs auront-ils la confiance suffisante pour continuer d’investir dans cet écosystème?

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