Le dépôt du budget en dit souvent long sur les priorités du gouvernement en place et sur les dossiers à suivre en politique provinciale. Voici quelques éléments à surveiller dans le discours du budget du 22 mars, ainsi que l’avis de chefs de l’opposition sur certains de ces enjeux.

Le surplus

Lors de sa dernière mise à jour financière, le gouvernement de Blaine Higgs prévoyait terminer l’année financière avec un surplus de 488 millions $ et affirmait ne pas être en mesure de dépenser cet argent avant la fin de l’année.

Sans avoir présenté ses résultats du quatrième trimestre, Blaine Higgs a tout de même affirmé en entrevue la semaine dernière qu’il y aura effectivement un surplus de fin d’année, même s’il s’attend à ce qu’il soit moins élevé que lors de la dernière mise à jour.

Il affirme que le budget contiendra d’importants investissements dans «des secteurs qui importent aux Néo-Brunswickois».

Le gouvernement s’est attiré des critiques de la part de l’opposition et d’économistes en raison de l’écart prononcé entre ses prévisions budgétaires et sa situation financière réelle.

Le chef de l’opposition officielle libérale, Roger Melanson, rappelle que le gouvernement prévoyait un déficit de 245 millions $, ce qui représente un écart de 733 millions $ par rapport à la dernière estimation du surplus.

Il croit que le gouvernement sous-estime ses revenus afin de justifier des réductions de ses dépenses.

«Nous devons remettre en question la crédibilité du budget qui sera déposé», dit le chef libéral.

La santé

La santé est la plus grosse source de dépense des fonds publics et la tendance ne risque pas de se renverser cette année.

Outre les complications liées à la pandémie de COVID-19, la pénurie de personnel du système de santé est un problème qui continue de faire les manchettes. Plusieurs hôpitaux ont vécu des interruptions temporaires de certains services au cours de la dernière année. Le manque de fournisseurs de soins primaires se fait également sentir.

La ministre de la Santé, Dorothy Shephard, a dévoilé à l’automne des changements au système de santé qui, selon elle, permettront à davantage de citoyens d’avoir accès à un fournisseur de soins primaires. Ils pourront notamment avoir un rendez-vous rapide en ligne ou en personne. Elle n’a toutefois pas révélé les coûts associés à la plupart de ces changements, même si elle a déjà indiqué qu’il y aura effectivement une augmentation des dépenses en santé.

David Coon, chef du Parti vert, croit que le gouvernement devrait s’activer dans ce dossier.

«Nous avons vu cette semaine que 50 000 personnes attendent d’avoir un médecin de famille», déplore-t-il.

Il estime que le gouvernement devrait recruter des employés spécialisés dans les réseaux de santé pour libérer les médecins de famille qui doivent passer du temps de travail dans les hôpitaux.

«Actuellement, les médecins de famille doivent passer une partie de leur temps dans les hôpitaux, et ce n’est pas acceptable. Beaucoup de médecins m’ont dit que c’est un obstacle majeur au recrutement.»

Le député libéral Rob McKee affirme que la province doit recruter beaucoup plus agressivement pour faire compétition à la Nouvelle-Écosse et au Québec, qui tentent aussi d’attirer des infirmières.

L’aide sociale et le logement abordable

La crise du logement et l’augmentation du coût de la vie attirent beaucoup d’attention.

Le ministre du Développement social, Bruce Fitch, a déjà laissé entendre que de nouveaux changements à l’aide sociale seront présents dans le budget de mardi.

Les gouvernements fédéral et provincial ont récemment donné un coup de pouce aux organismes et entreprises qui visent à construire des logements abordables. La valeur des subventions accordées à ces projets augmentera le 1er mai.

Roger Melanson croit toutefois que la province a tardé à faire usage de ce financement qui a été mis à sa disposition par le gouvernement fédéral «il y a trois ans».

«Je veux voir les détails», dit-il aussi, en affirmant qu’il se peut que le financement soit trop difficile d’accès pour les développeurs.

David Coon, pour sa part, croit que le gouvernement devrait utiliser les outils qui sont à sa disposition, et investir dans le logement par l’entremise de la Société d’habitation du N.-B.

Il affirme qu’il aimerait également que le gouvernement annonce du financement pour le transport en commun.

La double imposition

Le ministre Ernie Steeves a déjà indiqué que le gouvernement a l’intention de réduire la double imposition. Il s’agit de la portion provinciale de l’impôt foncier qui est facturée aux propriétaires de chalets et d’appartements, par exemple.

Le gouvernement n’a toutefois pas précisé s’il y aura un quelconque mécanisme pour assurer que cette réduction de l’impôt soit reflétée sur les loyers des locataires.

Ceux qui appuient ce changement affirment toutefois que cela permettra de favoriser la construction de plus de logements, ce qui augmenterait l’offre et réduirait le coût des loyers.

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