La ministre de la Santé, Dorothy Shephard, affirme qu’elle n’a pas suffisamment de données sur son programme visant à diriger des patients ailleurs qu’aux services d’urgence. Elle n’est donc pas certaine qu’il fonctionne comme prévu.

Actuellement, des ambulances demeurent parfois immobilisées pendant plus de 12 heures aux hôpitaux de Moncton avant de pouvoir confier un patient au service d’urgence en raison des problèmes de main-d’œuvre.

La ministre de la Santé affirme que plusieurs initiatives contenues dans son plan de réforme en santé devraient pouvoir réduire les délais de débarquement des patients aux urgences des hôpitaux de la province.

«Les temps de transfert aux urgences sont inacceptables et c’est une préoccupation dans toute la province, mais dans la région de Moncton et de Saint-Jean, c’est particulièrement inquiétant», dit-elle.

L’une des initiatives lancées en janvier consiste à offrir d’autres options de soins aux personnes qui se présentent aux urgences, comme des rendez-vous virtuels ou en personne avec un médecin ou une infirmière praticienne.

La ministre Shephard affirme toutefois qu’il est difficile de mesurer le succès de cette initiative puisqu’elle ne reçoit pas suffisamment de données sur son fonctionnement.

«Il y a plusieurs semaines, nous avons mis en place le système de détournement des urgences. Mais je ne suis pas certaine que cela fonctionne comme prévu. J’attends toujours des données et je m’attends à les recevoir bientôt.»

Selon des chiffres du ministère fournis à l’Acadie Nouvelle à la mi-février, 584 personnes ayant contacté Télé-soins 811 avaient été dirigées ailleurs qu’aux urgences.

«Plusieurs centaines de personnes ont été détournées des urgences pendant les premières semaines, mais je ne sais pas si cela se poursuit. Je veux que les gens puissent voir un docteur ou une infirmière praticienne en personne. Mais je ne suis pas certaine que cela se produit, et je ne suis pas très contente de cela», dit-elle.

Elle rappelle que ce programme a été mis en place rapidement.

«Je ne dis pas que ça ne fonctionne pas, je dis que ce n’est probablement pas au niveau optimal auquel je m’attends.»

La ministre dit aussi qu’elle ne sait pas si les réseaux de santé et les cliniques communautaires collectent des données sur l’utilisation du système, comme le demande le ministère.

«Tout ceci prend du temps avec les technologies de l’information. (…) Nous travaillons très fort pour régler la situation», dit-elle.

En attendant, elle constate que les délais de débarquement des ambulances ne diminuent pas.

«Les chiffres que j’ai reçus sont bons, cela dit je n’ai pas vu les délais de débarquement des ambulances diminuer. C’est ce qui m’inquiète. Je veux que ces délais diminuent, je veux que nos ambulances retournent dans nos communautés.»

«Ça ne fonctionne pas»

L’opposition officielle libérale s’en est donnée à cœur joie dans son discours de réponse au budget provincial jeudi.

Selon Rob McKee, député de Moncton-Centre, les explications de la ministre sont un aveu que son plan de réforme en santé ne fonctionne pas.

«On a souvent dit que ça ne va pas résoudre le problème. Ils ont tenté de s’attaquer à la question des soins primaires, mais on voit, et maintenant la ministre avoue, que ça ne fonctionne pas.»

Il affirme qu’un «plan de ressources humaines» pour le recrutement et la rétention de travailleurs de la santé résoudrait le problème.

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