Le Nouveau-Brunswick n’impose plus de mesures sanitaires depuis le 14 mars. Si ce retour à la normale ravit bon nombre de citoyens, un sondage Léger mené pour le compte de l’Acadie Nouvelle révèle qu’une grande partie de la population demeure frileuse face à ce grand déconfinement.

Invoquant la nécessité de «vivre avec le virus», le gouvernement Higgs a fait le choix d’une levée complète des restrictions avec notamment la fin du port du masque obligatoire dès le 14 mars, devançant ainsi les provinces voisines du Québec, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard.

D’après un sondage réalisé par la firme Léger auprès de 503 Néo-Brunswickois, 49% des répondants estiment que ces assouplissements arrivent trop rapidement, tandis que 31% des sondés jugent qu’ils arrivent au bon moment et 14% déclarent qu’ils arrivent trop tard.

La réticence semble plus forte parmi les répondants de plus de 55 ans, qui sont 61% à trouver le déconfinement trop hâtif.

«On voit que les gens ne sont pas pressés au Nouveau-Brunswick, ce ne sont pas les mêmes taux en Alberta ou en Ontario, observe le sondeur Jean-Marc Léger. La pression populaire n’est pas aussi élevée qu’ailleurs au Canada.»

En effet, 40% des répondants se disent stressés par le retour à la normale tandis que 56% des sondés ne le sont pas. Au Québec, seuls 29% des personnes interrogées ont répondu par l’affirmative, souligne M. Léger.

«La pandémie a crée du stress mais la sortie de crise crée aussi du stress, constate-t-il. La peur du virus est encore là.»

La différence entre les sexes est notable, alors que 32% des hommes déclarent être stressés contre 47% des femmes.

Cela se reflète d’ailleurs sur la question du port du masque, car 76% des répondants prévoient continuer à le porter (dont 31% la plupart du temps et 45% à l’occasion) même si cela n’est plus obligatoire.

La fin de la pandémie de grippe espagnole de 1918 a été suivie d’une période d’effervensce, de bouillonnement culturel connue sous le nom des «Années folles». Verra-t-on un tel phénomène se reproduire? Le doute est permis si l’on en croit le sondage, car 30% des personnes interrogées prévoient sortir moins qu’avant la pandémie alors que seulement 13% des répondants entendent reprendre leurs sorties à un rythme plus élevé.

Bonne ou mauvaise gestion?

Salué pour sa réactivité au début de la crise, le gouvernement Higgs a dû parfois naviguer en eaux plus agitées par la suite. À la question «Êtes-vous généralement satisfait-e ou insatisfait(e) de la gestion de la pandémie faite par le gouvernement de Blaine Higgs?», 8% des sondés se disent très satisfait, 38% répondent plutôt satisfait, 26% sont plus insatisfaits et 21% se déclarent très insatisfaits.

Pour Éric Normandeau, stratège-conseil de la firme Léger, ces données reflètent un niveau de frustration élevé chez une partie non négligeable de la population.

«Ça veut dire qu’il y a 8% de promoteurs du gouvernement contre 21% de détracteurs. Le déséquilibre est important, quand il y en a un qui soutient, il y en a deux ou trois qui critiquent», mentionne-t-il.

Là aussi, les positions varient nettement selon l’âge et le sexe des répondants, alors que les jeunes et les femmes ont été particulièrement bouleversés par la pandémie. Si 53% des femmes se disent insatisfaites, ce n’est le cas que pour 40% des hommes. Par ailleurs, le taux d’insatisfaction est plus élevé parmi les 18-34 ans (55%) que parmi les plus de 55 ans (39%).

«Les taux de satisfaction étaient très élevés au début de la pandémie, plus on a avancé, plus les gens sont devenus critiques», rappelle Jean-Marc Léger, notant que le soutien est plus fort au Québec ou en Colombie-Britannique mais plus faible en Alberta.

Le sondage a été réalisé sur le web auprès de 503 répondant-e-s du Nouveau-Brunswick âgé-e-s de 18 ou plus. Les données ont été collectées du 15 au 21 mars 2022. Un second coup de sonde portant les effets de la pandémie sur les habitudes de vie des Néo-Brunswickois sera publié la semaine prochaine.

Débat autour du masque à l’école

Vendredi, le député libéral Rob McKee s’est fait le porte-voix des préoccupations quant à la situation sanitaire dans les écoles. L’élu de Moncton-Centre a présenté à l’Assemblée législative une pétition signée par 1400 personnes réclamant le retour du masque au sein des établissements scolaires.

C’est la direction prise par la Nouvelle-Écosse, qui a suivi la recommandation d’un groupe d’experts de l’hôpital pédiatrique IWK de Halifax de maintenir le port du masque à l’école jusqu’à la mi-avril.

«Je pense que les parents commencent à s’inquiéter. Se fier à l’immunité collective, ce n’est pas la bonne approche, a exprimé M. McKee. Je crois de tout cœur que la santé publique et le gouvernement devraient reconsidérer l’assouplissement de toutes les restrictions dans les écoles.»

Questionné par les journalistes, le premier ministre Blaine Higgs a défendu la position du son gouvernement.

«Nous savons que, à la fin de la journée, nous allons tous attraper la COVID d’une façon ou d’une autre», a-t-il déclaré.

«Nous savons qu’il nous faut trouver des façons de vivre avec ça et nous savons qu’il faut nous assurer que nos hôpitaux puissent le gérer.»

Certains pays européens sont aux prises avec une hausse constante des hospitalisations portée par la prédominance du sous-variant d’Omicron BA.2, environ 30% plus contagieux – mais pas plus dangereux – que son prédécesseur, le BA.1. Un mois après le creux de 75 hospitalisations atteint le 25 février, on compte maintenant 129 personnes hospitalisées positives à la COVID-19 au Nouveau-Brunswick.

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