Lorsqu’on se balade sur les sentiers de Sainte-Anne-du-Bocage, à Caraquet, nous sommes peu nombreux à réfléchir aux centaines d’années d’histoire et plus qui se cachent sous le sol. Un chercheur indépendant acadien termine actuellement une étude de potentiel archéologique dans l’espoir d’en apprendre plus sur les nombreux secrets du site patrimonial.

Bien qu’il habite aujourd’hui au Québec, Patrick DeGrâce, diplômé en anthropologie, s’intéresse toujours grandement à l’histoire de sa ville natale. Au fil des ans, il a consacré beaucoup de sa recherche à l’histoire de Sainte-du-Bocage, que l’on connaît aujourd’hui pour la chapelle édifiée vers 1840.

«L’histoire de Sainte-Anne-du-Bocage est très riche et on en connaît seulement une partie», dit-il.

Selon ses recherches, il y aurait eu, en tout, au moins cinq chapelles sur le site, dont la plus ancienne qui aurait été construite au milieu du 18e siècle, ainsi qu’une partie d’une église et un presbytère. Certaines traces de cette vie antérieure sont visibles, dont une partie d’un mur de fondation de l’église dont la construction a été lancée en 1837, mais interrompue en 1853.

Par ailleurs, même s’il n’existe aucune documentation à ce sujet, il y aurait des raisons de croire que le site est fréquenté depuis bien avant l’arrivée des premiers Européens.

«Ce sont des suppositions, mais c’est possible que le site ait été occupé à la préhistoire, car c’est un lieu en hauteur avec une source d’eau naturelle. Une occupation antérieure est plausible.»

Patrick DeGrâce termine actuellement une étude de potentiel archéologique afin de convaincre le diocèse de Bathurst que les archéologues ont de bonnes raisons de croire qu’ils seront en mesure de trouver des vestiges matériels importants. Il souhaite y aller une étape à la fois. Avant même de creuser, il existe des méthodes non invasives, comme l’utilisation de géoradars.

«Les radars permettent de voir s’il y a des murs ou des fondations d’anciens bâtiments. Les documents nous disent des choses, mais où exactement, ce n’est pas toujours clair. Avec le radar, si on voit des formes de fondation, on peut cibler les fouilles. Après, les fouilles n’ont pas besoin d’être grandes. Parfois, il s’agit de creuser quelques carrés pour trouver le coin des bâtiments.»

Dans la Péninsule acadienne, le site de Sainte-Anne-du-Bocage est reconnu comme lieu de pèlerinage, en particulier à la fin juillet lors de la neuvaine, mais aussi comme un important site touristique et un lieu de rassemblement communautaire. Selon Patrick Degrâce, des fouilles permettraient de mieux comprendre l’histoire de la région.

«C’est un site avec une histoire religieuse, mais aussi de la vie quotidienne. On sait que des prêtres y vivaient, car il y avait un presbytère. Les premiers pèlerinages n’étaient pas aussi organisés comme de nos jours, donc on peut supposer que des gens y campaient. Il y a un intérêt à comprendre l’histoire de notre communauté et nos ancêtres. De nos jours, on connaît la chapelle, mais il y avait beaucoup de choses auparavant. Ce qui est intéressant avec l’archéologie c’est qu’on voit les arbres, le gazon et ainsi de suite à la surface, mais en dessous, il y a de l’histoire et on ne la soupçonne pas.»

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