Ils étaient nombreux à s’être rassemblés à l’église Notre-Dame-de-Grâce à Moncton vendredi matin afin de rendre hommage et dire adieu à Claudette Bradshaw, décédée le 26 mars à l’âge de 72 ans. - Acadie Nouvelle : Justin Dupuis
Concert de louanges lors du dernier adieu à Claudette Bradshaw
Ils étaient nombreux à s’être rassemblés à l’église Notre-Dame-de-Grâce à Moncton vendredi matin afin de rendre hommage et dire adieu à Claudette Bradshaw, décédée le 26 mars à l’âge de 72 ans.
Claudette Bradshaw a touché de nombreuses personnes à Moncton au cours des cinq dernières décennies grâce à son travail dans le secteur communautaire et auprès des plus vulnérables de la société.
Pendant son éloge funèbre, l’avocat Robert Basque, un ami de la famille Bradshaw, a tenu à rendre hommage à Claudette, cette force de la nature pourvue d’un humanisme que l’on retrouve chez peu de gens.
En 1974, elle fonde avec son mari Doug le Moncton Headstart. Dans un premier temps, il s’agit d’un programme de service de garde du Club Garçons et Filles de Moncton situé en plein cœur de Parkton, un quartier défavorisé où elle a grandi. Au fil des années, l’organisme a considérablement étendu ses activités pour se spécialiser en éducation à la petite enfance, en alphabétisation, en sécurité alimentaire et en logement.
Ses accomplissements, son leadership, ses valeurs et son souci de tendre la main aux plus vulnérables ont fait de Mme Bradshaw une légende vivante à Moncton.
Tout le monde connaissait Claudette, a raconté Me Basque. Un peu comme les Madonna, Cher ou Bono de ce monde, son prénom était suffisant afin d’évoquer cette femme au grand cœur qui offrait des câlins à quiconque la croisait.
En plus d’avoir œuvré dans le milieu communautaire, Mme Bradshaw a aussi été députée fédérale de la circonscription de Moncton-Riverview-Dieppe de 1997 à 2006.
«En 1997, Claudette a décidé de se lancer en politique. Elle n’avait pas nécessairement envie de gagner, elle voulait surtout une plus grande tribune où elle pourrait parler d’enjeux sociaux. Quand Claudette parlait, les gens l’écoutaient», se souvient Me Basque, qui a aussi participé à l’organisation de la campagne électorale de celle qui occupera notamment le poste de ministre responsable des initiatives pour les Canadiens sans-abri.
«Claudette ne voulait pas savoir qui avait financé ses campagnes, elle ne voulait pas être influencée par les dons. Fidèle à elle-même, elle nous a fait savoir qu’elle allait continuer à traiter tout le monde de manière égale comme elle l’avait fait tout au long de sa vie», raconte-t-il.
Une rassembleuse
À la suite de la cérémonie, le député progressiste-conservateur de la circonscription de Moncton-Est, Daniel Allain, a dit avoir été marqué par la capacité de Mme Bradshaw de rassembler des personnes de différentes allégeances politiques autour de projets visant à améliorer leur communauté.
«C’était une rassembleuse, c’était pas mal spectaculaire. Lorsqu’elle avait un objectif, quelque chose à dire, on ne pouvait pas l’arrêter et on avait de la difficulté à dire non», a-t-il raconté avec un sourire.
La conseillère municipale de la Ville de Moncton, Monique LeBlanc, dit pour sa part avoir perdu une grande sœur et une mentore.
«Son héritage, c’est tout ce qu’elle a fait pour les pauvres, pour les enfants de Parkton, c’est son legs», analyse Mme LeBlanc.
Roger Melanson, chef par intérim du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, croit lui aussi que la disparue aura marqué les esprits grâce à son grand cœur.
«Claudette, on voudrait tous qu’elle soit remplaçable, mais il n’y aura jamais une autre Claudette Bradshaw, a lancé M. Melanson. C’était une humaine extraordinaire, elle a tout donné pour les autres.»


