Le moratoire sur le maquereau et le hareng de printemps dans l’est du pays oblige l’industrie de la pêche à trouver de nouvelles sources d’appât pour le homard et le crabe des neiges. Le gouvernement fédéral permettra-t-il enfin d’utiliser la carpe asiatique, une espèce invasive en Amérique du Nord?

Face au déclin des stocks de hareng et de maquereau, des organismes comme l’Union des pêcheurs des Maritimes tentent depuis quelques années de convaincre le fédéral de permettre l’utilisation de la carpe asiatique. En 2019, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a cependant fermé la porte à cette possibilité à la suite d’une évaluation.

«En réalité, il n’y a pas de risque. C’est une espèce invasive lorsque le poisson est vivant, mais aucun poisson vivant n’est utilisé comme appât. Il n’y a aucun doute que l’utilisation de cette espèce serait bénéfique pour les pêches», dit Martin Mallet, directeur général de l’UPM.

De son côté, Pêches et Océans Canada encourage les pêcheurs à acheter des appâts provenant de sources plus durables. Le Fonds des pêches de l’Atlantique finance des projets dans l’est du pays menés par des entreprises qui cherchent à offrir d’autres options aux pêcheurs.

«Il y a des projets de développement en cours, mais aucun n’est encore prêt à fournir le volume nécessaire à l’ensemble des pêcheurs. On ne peut pas dire du jour au lendemain qu’on ferme l’accès à ces pêches (hareng et maquereau) et à l’intérieur de quelques mois, lancer une production astronomique d’appât alternatif. On s’attend cette année à ce que des fournisseurs commandent de l’appât supplémentaire de l’étranger, mais ça nous ne donne pas beaucoup de temps pour s’organiser. Il nous aurait fallu au moins une année pour pouvoir bien préparer le terrain», ajoute-t-il.

Selon Martin Mallet, l’UPM et d’autres organismes du Québec et de l’Atlantique espèrent convaincre la ministre des Pêches et des Océans, Joyce Murray, de reporter le moratoire d’au moins une année.

«On demande qu’il ait un délai en attendant qu’il ait des discussions avec l’industrie et une révision des différentes options proposées pour minimiser l’impact. Ça nous permettrait de garder une certaine pêche ouverte sans qu’il ait complètement un moratoire.»

L’UPM fait aussi appel à l’aide des députés libéraux du Nouveau-Brunswick, Serge Cormier et Dominic LeBlanc. Vendredi dernier, quelques pêcheurs de hareng et de maquereau se sont rassemblés devant le bureau de Serge Cormier à Caraquet.

Depuis quelques années, ces pêcheurs demandent à l’UPM et au ministère des Pêches et des Océans de leur accorder une partie du contingent de crabe des neiges réservé aux pêcheurs côtiers. Depuis le début des années 2000, l’UPM a droit à 6,2% du total admissible des captures du crabe des neiges dans le sud du golfe du Saint-Laurent et un tirage a lieu pour déterminer qui pourra capturer ce crabe.

«On va continuer de travailler avec ce groupe. On les aide quand même chaque année à participer à la pêche au crabe sous différentes formes et ils ont accès au tirage. Pour le moment, on essaie de renverser la décision de la ministre Murray d’abord. Ensuite, on peut voir ce qu’on peut faire pour aider les pêcheurs qui en ont plus besoin.»

Le milieu des pêches fustige Ottawa

Des pêcheurs du Québec et de l’Atlantique dénoncent la décision annoncée la semaine dernière par la ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Joyce Murray, d’interdire la pêche commerciale dirigée ou à l’appât pour le hareng de printemps du sud du golfe du Saint-Laurent et la fermeture des pêches commerciales et à l’appât du maquereau de l’Atlantique au Canada atlantique et au Québec.

La Coalition des organisations de pêche de l’Atlantique et du Québec s’interroge sur la rapidité de la décision gouvernementale et sur le fait que les pêcheurs commerciaux n’aient pas été consultés.

La semaine dernière, le ministère des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne a expliqué à propos des stocks de hareng de printemps dans le sud du golfe et de maquereau de l’Atlantique qu’une action urgente devait être prise à court terme pour leur donner une chance de se reconstituer et assurer la prospérité à long terme des pêches de la côte Est. Il ajoutait que lorsqu’un stock pêché à des fins commerciales se trouve dans la zone critique, les prélèvements doivent être maintenus aux niveaux les plus bas possibles pour aider les poissons à atteindre l’âge adulte et à se reproduire.

Le directeur général de l’Union des pêcheurs des Maritimes, Martin Mallet, soutient pour sa part que l’évaluation des stocks de 2021 a démontré que le quota permettrait de rebâtir la ressource.

La Coalition soutient que cette fermeture unilatérale de la pêche commerciale aura un impact négatif majeur sur la pêche puisque ces poissons sont une source importante d’appâts pour le homard et le crabe des neiges. Elle ajoute que dans le cas du maquereau, le stock est partagé avec les États-Unis, là où les pêcheurs continuent leurs activités.

La Coalition demande mardi à la ministre Joyce Murray de rencontrer immédiatement les organisations de pêche commerciale. Elle réclame le dévoilement des données scientifiques qui justifient sa décision dite radicale et d’envisager un report de la fermeture.

(Avec des extraits de La Presse canadienne)

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