La chaussée du pont interprovincial de Matapédia est dans un état de dégradation avancée. Par endroit, on peut même apercevoir les tiges de renforcement. - Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert
Un pont important en piètre état
L’état du pont interprovincial de Matapédia, qui relie la route 11 au Nouveau-Brunswick à la route 132 au Québec, inquiète. Non seulement la chaussée est-elle jonchée de nids-de-poule, mais leur profondeur est telle par endroits qu’on peut y apercevoir les tiges de renforcements en acier.
«Le pont de Matapédia, c’est le premier point d’entrée commercial du Nouveau-Brunswick avec la Gaspésie. C’est ça que les gens voient en premier lorsqu’ils arrivent chez nous. Ça fait dur.»
Le député de Restigouche-Ouest, Gilles LePage ne mâche pas ses mots lorsque vient le temps de parler du pont interprovincial de sa circonscription. Il préférerait en effet que les camionneurs et automobilistes puissent admirer la beauté de la prestigieuse rivière Restigouche lorsqu’ils le traversent plutôt que de se concentrer à éviter les trous béants qui s’y trouvent. Comme carte de visite, on repassera!
«Je ne suis pas ingénieur, loin de là. Mais voir des trous tellement profonds qu’on peut apercevoir les tiges en métal, je trouve ça inquiétant, et loin d’être rassurant», mentionne le député.
Ce n’est pas la première fois que l’état de ce pont fait les manchettes. En avril 2018, le piètre état de ce pont interprovincial situé à la hauteur de Flatlands (NB) et Matapédia (Qc) avait été soulevé dans les pages de ce même journal. On mentionnait alors que sa réfection devait être entreprise en 2020. Le projet a visiblement été repoussé. Tout au plus, les nids-de-poule ont été colmatés temporairement chaque année depuis, en attendant un véritable asphaltage.
Si on en croit le dernier plan triennal d’immobilisations en transports du gouvernement du Nouveau-Brunswick, dévoilé le 24 mars, des travaux de réfection sont prévus au programme, mais seulement à compter de l’an prochain.
«Les travaux de conception ont commencé et l’intention est que le projet fasse l’objet d’un appel d’offres à la fin du printemps 2023. Les travaux devraient commencer à l’été 2023 et se terminer à la fin de 2024. Une fois la construction commencée, les travaux concerneront toute la longueur du pont», soutient un porte-parole du ministère du Transport et de l’Infrastructure.
Au ministère, on dit collaborer avec les homologues du Québec afin d’examiner plusieurs options proposées pour la réfection du pont Matapédia. L’infrastructure est la copropriété des deux provinces. À ce moment-ci, on ne sait toutefois pas laquelle des deux administrations sera responsable des travaux.
«De plus amples détails sur le coût et les délais seront disponibles à une date ultérieure. On prévoit que les coûts du projet seront partagés avec la province de Québec. Entre-temps, le ministère surveille de près l’état du pont», ajoute le ministère.
Le document explicatif du projet démontre l’ampleur travaux à effectuer. Même si aucun montant d’argent n’est indiqué, on peut facilement conclure qu’il en coûtera quelques millions. On stipule en effet que la remise en état du pont est prévue pour inclure le remplacement du tablier du pont, des joints de dilatation et des barrières, ainsi que des travaux mineurs sur l’appui et les piliers/culées.
Le député Gilles LePage dit avoir reçu la confirmation du ministère de Transport et de l’Infrastructure que des travaux mineurs d’asphaltage auront lieu au cours des prochaines semaines afin d’atténuer la situation actuelle.
«Les trous seront remplis par de l’asphalte, voire même du ciment pour les plus endommagés où l’on aperçoit les tiges de métal. Ce sera temporaire, afin de garder le pont en meilleur état en attendant de véritables travaux de réparation», soutient M. LePage.

S’il se dit satisfait de voir que le pont figure enfin dans les priorités du gouvernement, le député de Restigouche-Ouest déplore toutefois les nombreux délais qui font en sorte que le pont ait atteint un tel degré de dégradation.
«Nous avions mis ces travaux dans nos priorités lorsque nous formions le gouvernement, et ils devaient être réalisés pour 2020. Depuis, c’est une excuse après l’autre. On tente de blâmer l’autre province. La réalité est que le gouvernement de Blaine Higgs a cessé d’investir dans la réparation et l’entretien des infrastructures partout dans la province afin d’économiser et avoir des surplus budgétaires. Aujourd’hui, on se retrouve avec un rattrapage énorme qui va coûter extrêmement cher et qui va nous suivre longtemps», déplore M. LePage.
Avec le gouvernement québécois qui doit tenir des élections générales à l’automne, le député restigouchois se croise les doigts que le pont demeurera également dans la mire de la Belle province pour 2023.



