L’Association ukrainienne de Moncton a fait l’acquisition d’une ancienne église sur la rue Park, un édifice qui servira notamment à coordonner l’arrivée de réfugiés au cours des prochaines semaines.

Depuis mardi, l’espace sert de centre de collecte pour des dons aux familles ukrainiennes ayant fui la guerre avant de s’installer à Moncton.

Nataliia Haidash, qui siège au conseil d’administration de l’Association ukrainienne de Moncton, explique que le lieu a été mis à la disposition de la communauté la semaine dernière.

«Les propriétaires souhaitent que l’édifice appartienne officiellement à l’Association à l’avenir. En attendant, ils nous ont donné les clés et ils vont faire une partie des travaux de rénovation. Nous pourrons faire ce que nous voulons de l’édifice pour les besoins de la communauté», se réjouit Mme Haidash, qui dit être émue par cet élan de générosité.

L’ancien lieu de culte servira aussi de centre communautaire pour les Ukrainiens de Moncton.

Des travaux sont déjà en cours dans le sous-sol afin d’aménager sept chambres qui pourront accueillir, pendant quelques semaines, des familles ukrainiennes qui viennent de débarquer à Moncton. Une cuisine communautaire y sera aussi aménagée.

Éventuellement, l’association aimerait aussi construire un terrain de jeux pour les enfants à l’arrière de l’édifice. Elle caresse aussi le projet d’y fonder la première église ukrainienne de la province.

Près de 200 Ukrainiens se sont déjà installés à Moncton depuis le début de l’offensive russe en Ukraine en février. Depuis, Nataliia Haidash dit avoir été touchée par l’appui des Néo-Brunswickois.

«Ç’a été extraordinaire, lance-t-elle, visiblement émue. J’ai été époustouflée par l’appui et la générosité dont ont fait preuve les citoyens dès le début du conflit.»

Mme Haidash croit qu’au moins une centaine de ses compatriotes pourraient débarquer, d’un seul coup, dans les prochaines semaines grâce à un vol nolisé qu’ont promis d’organiser les gouvernements provincial et fédéral.

C’est la raison pour laquelle l’Association ukrainienne est notamment à la recherche de meubles, d’électroménagers, de literie, d’aliments non périssables et de vêtements à distribuer aux réfugiés qui s’installeront bientôt dans la ville.

Le défi du logement

Il n’est toutefois pas facile de loger et accueillir autant de gens fuyant la guerre dans une ville qui connaît une pénurie de logements. D’après Nataliia Haidash, les bénévoles de son association ont néanmoins déjà réussi à loger une trentaine de familles dans la région.

Malgré ces défis, les gouvernements provincial et fédéral n’ont pas offert d’appuis financiers aux Ukrainiens qui se sont installés dans la province.

«Nous savons que le logement est un problème dans de nombreuses régions de la province et, à ce titre, nous nous sommes engagés avec nos organismes d’établissement et nos partenaires communautaires sur une base hebdomadaire pour discuter de cette question», a écrit dans un courriel un porte-parole du gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Cette inaction exaspère Nataliia Haidash.

«C’est très frustrant. Ils ne font que parler. Ils font des réunions toutes les semaines, on leur fait part de nos inquiétudes, on leur dit tout le travail que nous faisons afin de trouver des logements pour ceux qui arrivent, mais il n’y a aucun appui financier. Ils parlent, mais l’action ne suit pas.»

Le problème vient notamment du fait que les Ukrainiens qu’accueille le Canada fuyant les hostilités dans leur pays n’ont pas le statut de réfugiés et sont admis en tant que visiteurs avec un permis de travail ouvert. Ils ne peuvent donc pas compter sur les aides habituellement disponibles pour les personnes fuyant un conflit.

La Ville de Moncton est bien au fait du problème et travaille avec de nombreux partenaires, dont plusieurs groupes communautaires, afin de s’assurer que les nouveaux arrivants seront pris en charge.

«Je sais que les gouvernements travaillent là-dessus, mais il va falloir que l’aide arrive très vite. Il y a déjà beaucoup de personnes qui ont déménagé ici et on a des personnes qui arrivent presque chaque jour», dit Angélique Reddy-Kalala, agente de la stratégie d’immigration de la Ville de Moncton.

C’est justement le manque d’appui de la part des gouvernements qui a motivé la Chambre de commerce pour le Grand Moncton (CCGM) à lancer, en avril, une campagne de financement visant à récolter un million de dollars.

L’initiative a déjà permis de récolter l’équivalent de près d’un demi-million de dollars. L’argent servira à financer des organismes chargés de l’accueil des réfugiés.

Grâce à ces fonds, trois Ukrainiens ont été embauchés à l’Association multiculturelle du Grand Moncton. Ces personnes seront chargées de coordonner l’arrivée et l’intégration des nouveaux arrivants, notamment en leur cherchant un logement.

«Certaines personnes nous ont dit qu’ils avaient un appartement qui se libérait bientôt et se sont engagées à ne pas le louer pour l’instant afin de le fournir à l’une des familles ukrainiennes pendant quelques mois, le temps qu’ils s’installent et trouvent un travail», dit John Wishart, directeur général de la CCGM.

Le centre de collecte de dons de l’Association ukrainienne, situé au 90 rue Park à Moncton, sera ouvert les mardis et les jeudis (16h à 20h) et les samedis (10h à 16h).

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