Le Syndicat du Nouveau-Brunswick souhaite que ses membres puissent choisir de travailler quatre jours par semaine, en restant à leur poste le même nombre d’heures hebdomadaire. La majorité de ses syndiqués sont des fonctionnaires du gouvernement provincial.

«C’est une résolution qui a reçu le soutien de nos membres pendant la dernière assemblée du Syndicat du Nouveau-Brunswick (SNB), en octobre 2020», raconte la présidente de l’organisme, Susie Proulx-Daigle.

Elle précise qu’il s’agit seulement d’un vœu exprimé par communiqué de presse, pour l’instant.

«Ça dépendrait du milieu de travail et de nos conventions collectives, mais je crois qu’elles autorisent toutes la semaine de quatre jours, estime Mme Proulx-Daigle. On pourrait trouver une solution si le gouvernement se montrait ouvert.»

Elle fait valoir que ses membres se sentent fatigués à cause de la pandémie de COVID-19. Leur accorder une journée supplémentaire de repos hebdomadaire réduirait leurs congés maladie et augmenterait leur productivité tout en améliorant leur santé mentale, selon son syndicat. Et ce, même avec un nombre d’heures de travail inchangé.

Ces 7900 employés du secteur public occupent des postes dans les ministères provinciaux, le système scolaire, les hôpitaux et les collèges communautaires.

«En mettant ce programme à l’essai, la province [donnerait] aux gens plus de temps pour dépenser leur argent dans leur collectivité, ce qui devrait augmenter les recettes provenant des taxes», avance aussi le SNB.

Il déclare également que la semaine de quatre jours donnerait au gouvernement un avantage pour le recrutement de sa main-d’œuvre.

L’autre organisation représentant beaucoup de fonctionnaires, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), n’a pas d’avis officiel sur la semaine de quatre jours.

«Si améliorer la flexibilité des horaires dans certains postes peut aider à recruter et retenir des salariés, je ne vois pas le mal là-dedans», réagit son conseiller syndical aux communications, Simon Ouellette.

Personnellement, il aimerait toutefois une semaine de travail réduite, mais rémunérée comme une semaine normale, pas simplement comprimée en 4 jours.

Des expériences réussies

Plusieurs entreprises et municipalités mettent déjà en place des semaines de travail réduites au Nouveau-Brunswick.

Les Villes de Quispamsis et de Sackville termineront des projets pilotes à ce sujet l’automne prochain. Les administrations de Moncton et de Saint-Jean pensent à les imiter.

La semaine de quatre jours peut apporter des résultats positifs.

L’entreprise Merritt Press de Grand-Sault a fait ce choix au début de la pandémie de COVID-19. La propriétaire, Rebecca Ellis, affirme que sa décision a provoqué une amélioration de l’ambiance, de la santé mentale et de la motivation de ses employés.

«Ils peuvent faire le même montant de travail en quatre jours, a-t-elle souligné. Je pense que je me suis fait un groupe d’employés loyaux, car ils ne peuvent pas vraiment avoir ça autre part.»

En Nouvelle-Écosse, la Municipalité de Guysborough a rendu permanent un projet pilote de semaine de quatre jours. Elle a constaté des résultats positifs sur le rendement et le bien-être de ses fonctionnaires.

Réorganiser le travail

D’autres exemples à l’étranger montrent les avantages potentiels de la semaine de quatre jours.

Des chercheurs ont conclu que le passage de 40h de travail hebdomadaire en cinq jours à 35h en quatre jours a permis de conserver ou d’améliorer la productivité d’entreprises islandaises, tout en contribuant au bien-être de leurs travailleurs.

Au Japon, l’entreprise Microsoft a observé une augmentation du rendement de ses employés de 40%, une amélioration de la qualité de leur travail et un taux de satisfaction de 92% grâce à la semaine de 4 jours.

«C’est sans compter que la semaine de quatre jours présente également des bienfaits sur le plan environnemental, entraînant une réduction de 20% du nombre de trajets entre le domicile du travailleur et son lieu de travail», ajoute la revue Gestion de HEC Montréal.

Le professeur en gestion des ressources humaines à l’Université de Moncton, Arnaud Scaillerez, note que ce sont les employeurs qui mettent en place une semaine de quatre jours en repensant le travail de leurs employés qui obtiennent de bons résultats.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle