Les activités de décontamination sont loin d’être terminées dans l’ancien camp militaire de Tracadie. Alors qu’une nouvelle série de travaux a été lancée au début mai, le ministère de la Défense nationale prévoit continuer jusqu’en 2027.

Les travaux consistent à réduire les risques associés à la présence de munitions explosives non explosées (UXO) dans divers secteurs de l’ancien champ de tir, utilisé de 1939 à 1994 par les Forces armées canadiennes pour l’instruction militaire. Le terrain de 18 000 hectares (environ 45 000 acres) a été transféré au Nouveau-Brunswick en 1997.

La Défense nationale précise toutefois qu’elle a suspendu pour l’instant les activités qui requièrent l’abattage d’arbres.

D’autres travaux d’investigation d’UXO seront effectués dans la partie nord-ouest du camp militaire à compter du 16 mai.

«L’analyse des données qui découlera des travaux d’investigation permettra ensuite de développer un plan de réduction des risques UXO qui devrait être mis en place dès l’été 2022. Nous prévoyons que les travaux dans ces zones continuent jusqu’en 2024», explique Andrée-Anne Poulin, responsable des communications à la Défense nationale.

Un peu moins de 7 millions $ ont été investis par le gouvernement fédéral dans les travaux de décontamination. On estime à 12 millions $ le montant requis pour les terminer d’ici 2027.

«Cependant, ce plan est sujet à changer selon les trouvailles effectuées, les priorités sur les autres anciens sites, ainsi que les plans de développement de la province pour le site en question.»

Bleuetières

L’été dernier, le gouvernement provincial a fait savoir qu’il avait l’intention de permettre la culture de bleuets sauvages à l’intérieur des limites de l’ancien camp militaire sur une superficie d’environ 5000 acres. Deux demandes de propositions ont été émises par le ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches.

Une première démarche visait à solliciter des propositions portant sur des activités nouvelles ou de transformation à valeur ajoutée ou d’autres investissements commerciaux sur des concessions à bail d’environ 2051 acres pour l’aménagement de bleuetières sur des terres publiques.

Aucun contrat n’a encore été accordé par la province, mais trois entreprises ont présenté des soumissions, soit Acadian Farms Development Parternship, une filiale d’Oxford Frozen Foods de la Nouvelle-Écosse, EDEM Inc, une entreprise de Bathurst et Silver Valley Farms, de Maple Ridge, en Colombie-Britannique.

Une deuxième démarche prévoit de répartir 2738 acres en 28 parcelles pour des producteurs actuels. Pas moins de 48 soumissions ont été envoyées. Aucun contrat n’a encore été accordé.

Opposition

Depuis que le gouvernement provincial a annoncé son intention de permettre l’exploitation de bleuetières dans l’ancien camp militaire, la population de Tracadie et de la Péninsule acadienne s’est mobilisée en grand nombre. Des manifestations ont été organisées et une pétition ayant récolté plusieurs milliers de signatures a circulé. Les opposants demandent un moratoire sur le développement des bleuetières.

Bien que Margaret Johnson, ministre de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick, n’ait jamais laissé entendre qu’elle compte suspendre le projet, elle aurait récemment dit aux opposants qu’aucune décision ne sera prise avant qu’elle visite les lieux, explique Gilles Sonier, vice-président Nord-Est de la Fédération de la faune du NB et un militant qui souhaite préserver le camp militaire.
Cette visite éventuelle de la ministre, on l’accueille avec un optimisme prudent.

«On sait qu’on veut essayer de nous faire avaler la pilule. Avec la population, le projet ne passera pas, mais tant qu’une porte est ouverte, on va en discuter», dit Gilles Sonier.

Margaret Johnson a aussi annoncé il y a quelques mois que 400 000$ seront investis pour réparer des chemins d’accès dans l’ancien camp d’accès et pour en aménager des nouveaux.

«Pour réparer ce qui existe déjà, il n’y a pas de problème, car ça nous a été promis il y a longtemps et ça n’a jamais vraiment été fait. Des nouveaux chemins, on n’est pas en faveur, car on va encore perdre de l’habitat et on sait pourquoi ils veulent les faire…», ajoute Gilles Sonier.

Jeff Rousselle, un autre militant, demeure lui aussi prudent. «Ce n’est pas mauvais le fait qu’elle visite, mais de dire que je crois que ça va changer quelque chose, je ne suis pas certain.»

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