Deux semaines à peine après le début de la saison, plusieurs homardiers de Caraquet ont préféré rester amarrés plutôt que de sortir en mer depuis quelques jours en raison du prix offert pour leurs prises et l’augmentation de leurs dépenses.

Yves Blanchard, un pêcheur de Caraquet, confirme que plusieurs bateaux sont restés sur les quais lundi et mardi. D’autres auraient fait pareil à Shippagan.

La situation s’explique en partie par le prix offert aux pêcheurs pour le homard, qui est passé de 9$ à 6$ la livre au cours des derniers jours, en raison d’une baisse de la demande.

«La moitié des pêcheurs ne sont pas sortis lundi et mardi, dit M. Blanchard. Hier (lundi), la moyenne des prises était autour de 200 livres. Les gars ne peuvent pas arriver, c’est impossible. Ça coûte chaque jour à peu près 600-700$ de bouette et 400-500$ de carburant, plus les hommes de pont.»

L’Union des pêcheurs de Maritimes (UPM) confirme que la situation fait qu’il reste très peu d’argent dans les poches des pêcheurs.

«Ça commence à être très serré par rapport aux marges de profit, dit Luc LeBlanc, conseiller aux pêches de l’UPM. Si on avait les coûts d’opération d’avant la pandémie, le prix d’achat serait raisonnable, mais les dépenses en carburant et en appât ont doublé depuis l’an dernier.»

Pour économiser et compenser les faibles prises, plusieurs pêcheurs choisissent de partir en mer moins souvent.

«C’est pour ça que les gars sortent tous les deux jours, essayer d’en sortir un peu plus, que ça vaille la peine de faire un voyage», dit Yves Blanchard.

Il s’agit habituellement d’une pratique que l’on observe en fin de saison, ajoute M. LeBlanc.

«Ils peuvent laisser leurs cages à l’eau pendant un maximum de 72 heures, précise-t-il. Habituellement, en fin de saison, quand il y a un peu moins de homard, les gars vont sortir tous les deux ou trois jours pour maximiser le rendement.»

M. Blanchard, un pêcheur aguerri, garde espoir que la situation va s’améliorer si la météo se fait plus clémente.

«Ils annoncent du beau temps dans les prochains jours. Il faut que l’eau soit environ à 7 degrés Celsius pour que le homard trappe. L’eau a été à 2 ou 3 degrés, c’est trop froid, le homard ne grouille pas», explique-t-il.

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